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Mendiant…. suite et fin

Ah combien de mélancolie

Combien , combien de solitude !

Et cette âme-là , qu’elle est vide

Que je sens froide et inutile

Tout au fond de mon coeur !

Quelle angoisse désespérée !

Quelle blessure au goût de fin !

Si le navire fut abandonné

Et si l’aveugle est dans la rue tombé….

Laissez-les , car tout est ainsi

Sans tranquillité, sans tranquillité

Aucun moment vraiment à moi….

Ou que ce soit que j’emploie l’âme….

Est mort l’aveugle dans la rue

……………………………..

Et le navire a disparu

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Un chant léger soudain

Du fond de ce sous-bois

Me dit ne sais quel bref

Et désiré secret….

Qu’amour serait encore

S’il eût chanté ainsi !

Heureux celui qui fut

Qui jamais je ne fus…

Je rêve qu’en lui-même Cet air fleuri s’enfouit…

Dans l’ âme la nuit vient

Et ma douleur  prend fin

Flamme tremblante

Sujette au vent

Verse des ombres

Et mets au lit

La pensée nuit

Le regard

Désuet

Peut-être n’est-il qu’un pli qu’on prend dans le coeur , au fil de l’habitude….qu’une routine larvée sur ma peau , un quotidien affligé en mon sein , l’ordinaire de mon intime Le routinier avec la coutumière Peut-être ne suis-je que sa lassitude?  Usure à l’usage Rupture A l’heure de déroger , de décrocher , l’habitude est tenace face à la solitude Peut-être n’est-il qu’un pli qu’on prend dans le coeur…

Vénusté

Quand vos désirs impérieux et virils sont désordre… J’ai un peu de mal avec les caprices fugitifs de la chair , les parties de plaisir bâclées par votre besoin pressant sur une couche qui transpire Quand vous faites le mâle pour le bien , votre corps robuste laisse fâcheusement à désirer !Je savoure davantage lorsque vous savez rester sage pour que le sentiment gourd se pose et que le coeur tienne la pause C’est alors que ma poitrine soupire et que mon âme en émoi aspire votre désir haletant

Sous la contrainte de l’étreinte , votre envie brutale ne troussera jamais ma pudeur heurtée

A mon coeur défendant , je ne m’abandonnerai nullement à corps perdu à la luxure de peur de souiller mon âme en larmes et en pâture

Votre corps puissant est pour  moi une place forte , un territoire étranger qu’il me faut conquérir avant qu’il ne m’investisse Si vous espérez me subjuguer , laissez-moi déguster à petites bouchées votre différence , explorer prudemment et à tâtons votre singularité

Si vous voulez embrasser ma féminité et son éther , permettez-moi de gourmander vos passions masculines et de percer votre mystère Respectez s’il vous plait , mon sentiment lorsqu’il se libérera dans un chaste baiser que je vous prie de ne pas avaler goulûment

Accepter sagement l’offrande de cette becquée sur votre lèvre fébrile ; l’émotion emplira assurément mon coeur conquérant et pour vous j’ouvrirai qui sait, les arcanes de la volupté

Somnolente

Dans la patience de l’aube , les consonnes en sommeil ne trouvent plus les voyelles , les syllabes renoncent à leur rondeur , les maux engourdis baillent encore

Dans la langueur de l’aube , la pensée imminente retarde, le silence sourit au tréfonds

Déjà , dans la patience de l’aube les consonnes bousculent leurs voyelles

Déjà le discours déferle , le souci tiraille Déjà Pourtant l’aube est si lente….Respire en l’instant qui somnole Respire la liberté en suspens L’aube est si lente…..

 

 

 

 

Le regard

Ducasses

Je viens d’un pays ou personne ne vient D’ou personne ne sort non plus Les pauvres ici s’appellent des chômeurs Ce n’est ni gai ni triste Les fêtes sont des ducasses et les hommes promènent sur leurs épaules encordées des géants aux allures extasiées

Les petites filles dévorent des barbes à papa plus grandes que leur sourire sur leurs lèvres cerise Ca fait rire les pères qui gagnent des peluches bleu-rose au stand de la carabine à plomb

Les mères tirent sur des ficelles immenses accrochées à des dauphins outremer ou à des singes plus grands que des labradors

Je viens d’un pays d’ou je ne veux pas sortir et qui , entre en moi comme une salive

Je ne suis pas grand-chose tu sais , à part cet immense soupir Et mes amis ça les fait glousser de voir ma tête de jeune fille quand j’écoute leurs histoires, en bois , en larme et en acier

Serpillières

Je viens d’un pays qui est plus qu’un pays Une seconde peau ,oui, bien sûr, avec du ciel musclé de haies vives , strié de grands et de petits chemins faufilé entre les villes , chuchotant cigarette café ou chocolat dérobés jadis aux beaux douaniers de la frontière belge en pointillé

Je ne viens de rien, de nulle part Ce rien et ce nulle part me font pleurer Je n’ai pas assez de muscles ni de mains pour serrer dans mes bras les petites gens et leurs maisons de pierre , de briques aux tuiles cendrées Parfois j’ai peur de leur marcher dessus  Pas assez de muscles ni de bras pour caresser leurs fenêtres ,leurs seuils bleus usés par les fesses de leurs grands-mères et les frottement e leurs sempiternelles serpillières

Pas assez de doigts pour compter les vaches , leurs yeux d’ange aux longs cils noirs , les  doigts roses de leur pis, agenouillées sous les nuages entre les barbelés comme des saintes aux langues infidèles

Lumière

Pas assez de doigts pour compter les pauvres qui se débrouillent quand même Les rides et les cheveux gris aussi en avance sur la tête des enfants des cités , de chasse Royale à Dutemple et qui n’ont de sacré que la lumière de leur manque Pas assez de souffle , de regard , pas assez d’âme pour contenir cette folie de colza et d’ortie , lui faire un livre d’évangile , tu sais un livre blanc transparent , fragile comme le cristal , tranchant comme le sable , un livre d’herbe coupante blessant les paumes au sang quand on l’arrache Je viens d’un pays qui me  fiche des colères et des frissons dès que je pense à lui

Immaculé

Notre pas feutré s’enfonce dans un Vercors sourd et neigé La trace viole pas à pas la pureté d’un paysage immaculé : tu écrit un bout de chemin inédit que je suis à la lettre Nous marchons du même pas: dans un doux effort , ma raquette , dans la tienne , nos humeurs jumelles , nos rythmes accordés , un même souffle , une seule trace pour deux destins qui s’emmêlent

Dans la solitude de ces étendues vierges , nos âmes en émoi tracent un seul dessein coloré d’espoir

Tempétueux

Nous traçons dans une neige profonde ; la cuisse brûle , la grosse pèse , la poitrine bat son effort , le souffle manque Nous fendons la tourmente de neige qui redouble , concentrés sur l’endurance de notre corps en souffrance

Nous progressons vers l’Est inconnu et tempétueux , en espérant trouver un point de repère dans le gris déroutant Tu t’inquiètes La trace tire au Nord Un bon quart d’heure que nous ne marchons plus à l’Est Tu hésites Un vent de neige souffle sur la trace qui s’entête au Nord et l’Est est bouchée Nous cachons notre angoisse dans l’effort et nous commençons à imaginer la perspective d’une nuit dehors

Doit-on oser l’Est ? Ou céder au pouvoir de la trace ; cette ligne de vie, ce cordon ombilical qui nous lie à un quelqu’un quelque part….L’Est , c’est un plateau ouvert à tous vents, sans nul espoir d’abri L’Est c’est une immense platitude de perdition C’est une traversée en sursis ou le bivouac en pleine tempête est sans merci

Impérieuse

L’incertitude nous fige et la trace nous nargue

La trace ; ces vertiges éphémères d’un passage récent , cette promesse d’un quelque chose au bout d’un ailleurs, cette certitude d’une fin de parcours , une impression de vie humaine qui témoigne sur la neige Quand la confiance manque ; la trace nous aspire et non pas versent dans son pouvoir

L’Est est donc perdu et l’inconnu nous épie au bout de la trace impérieuse . La fatigue étouffe les mots dans nos gorges essoufflées , le regard est bas, résolu dans l’abnégation et rivé sur la marche Le pas est las…..mais accélère à mesure que le jour se meurt

Le vent court sur le Vercors et la trace s’efface dans les parties les plus rares Il nous faut rattraper le vent , scruter en avant , chasser la trace qui se terre Il faut sentir la trace  du bout des yeux Nous nous résignons , piégés dans cette course contre le vent , contre le temps , après la trace , en quête d’une issue et d’un secours

A Marseille,  on n’est plus dans la réflexion stratégique , dans l’horizon 2025 pour relancer le pays

On est brutalement dans le réel, l’ultra-violent , le sanglant La loi de la bande et du règlement de comptes balaye les lois de la République La planète Marseille décroche

Après l’assassinat d’un étudiant à la gare Saint Charles et la mort d’un gamin de 18 ans agressé sur le Vieux-Port, le treizième meurtre de l’année s’est déroulé lundi soir à L’Estaque , loin des huiles sur toile de Paul Cézanne et du brave petit peuple des films de Robert Guédiguian avec Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin La ville est tranquille , clamait en trompe-l’oeil un de ses films en 2000

Hier le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et pas moins de cinq membres de son gouvernement ont débarqué dans la cité phocéenne pour rencontrer le préfet , les acteurs de la sécurité et le personnel de l’hôpital de la Conception ou un infirmier a été poignardé par deux des agresseurs en fuite du Vieux -Port  » Je ne suis pas venu simplement pour faire une visite de compassion mais surtout pour un travail de fond » a prévenu Jean-Marc Ayrault Le jeu de la communication politique ne trompe plus personne…..

Le chef du gouvernement a subi le témoignage du blessé Comme dans La Provence l’infirmier a déversé son désarroi « Notre quotidien c’est celui que vivent les Marseillais , en concentré Quand on voit arriver des papys ou des mamies défigurées parce qu’on a voulu leur arracher le sac, c’est terrible Je ne veux pas m’habituer à ça On n’est pas là comme déversoir de la violence de toute la société  »

Que peuvent L’Etat , les collectivités locales quand les repères de vie en société sont à ce point broyés ? Des moyens supplémentaires à la police judiciaire pour aller au coeur des trafics  » a indiqué Manuel Valls décidément sur tous les fronts en souffrance , lundi à Avion après les émeutes , pour la troisième fois à Marseille depuis fin juillet

Même les élus socialistes qui joueront leur place aux municipales 2014 appellent au secours L’efficacité de la Zone de sécurité prioritaire (ZSP) mise en place l’an passé est en cause 230 policiers et gendarmes supplémentaires depuis décembre Pas de résultats probants L’impatience est à la hauteur de l’urgence  Samia Ghali la sénatrice-maire des sulfureux XIe et XVIe arrondissements , s’insurge L’an passé elle avait réclamé l’intervention de l’armée…..

On n’en est toujours pas là mais Marseille continue à cristalliser tous les errements  de notre société malade On n’est même pas sûr qu’en ajoutant des policiers ( 24 enquêteurs et une compagnie de CRS supplémentaires annoncés ) on parvienne à un résultat salvateur  » La bonne Mère  » n’y peut  rien non plus Marseille se désespère

Bienveillant

Certains construisent des ponts entre les différences quand d’autres élèvent des murs Certains éclairent le chemin de l’humanité , quand d’autres obscurcissent l’horizon , par sombre calcul Certains sont ouverts aux autres, voire se reconnaissent dans les autres, D’autres n’ont qu’eux-mêmes pour patrie……et le reste du monde pour étranger Les premiers sont des êtres bienveillants car ils contribuent à bâtir un monde plus agréable à vivre , plus sympathique Les seconds se servent sans servir ,  s’asservissant au superflu (  » chose très nécessaire  » disait Voltaire ) voire à l’inutile Lorsque je lis et entends les hommages rendus à Pierre Mauroy , je ne doute pas que ce dernier s’inscrivait au nombre des premiers Des terres lointaines de l’absence , puisse-t-il donc insuffler chez les politiques ce désir de bienveillance qui pousse un être humain à regarder au delà de l’aveuglement des certitudes , des appartenances , pour dire du bien d’une idée, d’un homme

Coopérant

Dans une société marquée par un individualisme quelque peu exacerbé , il est doux à l’oreille d’entendre que des hommes et des femmes décident de mettre en commun des moyens pour réussir ensemble ( et non , comme le dit un proverbe *, pour habiller Paul en déshabillant Pierre )  Une relation gagnant -gagnant , comme on dit de nos jours L’idée n’est pas nouvelle ; l’union fait la force

Sur le plan économique , elle a pris son envol au XIXe siècle , sous les noms de coopération et de mutualisme , grâce à la ténacité de l’infréquentable Proudhon ou du respecté Jules Méline (Président du Conseil de 1896 à 1898 ) défenseur du monde agricole On la retrouve dans les fondements de la retraite par répartition ou la mutualisation des dépenses de santé On la retrouve encore dans les chambres professionnelles , les offices de tourisme , la finance

En fin de compte , elle a fait et fait encore la preuve que l’on peut réussir économiquement et humainement , quand on agit ensemble , notamment en période de crise Comme quoi , on peut s’enrichir ….sans perdre de valeurs

Médiacre ?

Le temps d’aller faire un brin de toilette dans la salle de bains, une info chassant l’autre , on manque deux guerres , trois scandales , un fait divers ….Et pour le cas ou nous n’aurions pas tout compris , on nous ressert les mêmes plats sous forme de magazines de société ou de séries télévisés , avec ou sans pop-corn  ( référence aux séries américaines et françaises ) Comme s’il n’y avait que des malheurs à raconter Au nom d’une conception dépressive du réalisme

Serions-nous en train de nous laisse aller à une forme de médiacrité ? Ou pas ?

Moi…version compliquée

Léger !

Soyons légers, c’est l’été !Soyons badins, insouciants et futiles…

Laissons le monde courir frénétiquement à sa perte et fermons les yeux au soleil pour goûter les joies et les plaisirs légitimes d’un été bien mérité La vie, la vraie

Oui mais voilà , le monde va trop vite Le monde va trop fou Les trains déraillent Mince alors !

Comment prendre joyeusement l’apéro après ça? Faut quand même s’en émouvoir

Et pour mieux s’en attrister suffit de regarder la loco se tordre comme dans un cri de douleur au bout du rail Une fois , deux fois , cinq fois, dix fois dans la même édition d’un journal télévisé Pas bien vu? Allez on rembobine !En place pour le bal des morts !

Futile !

Soyons futiles , c’est l’été !Soyons badins, insouciants et légers ……Légers comme un voile Et juste un petit vent bienfaisant pour en lever le coin Lever le rideau

Je me disais l’autre jour , tandis que l’orage grondait quelque part en banlieue et que le festival d’Avignon battait son plein , qu ‘un visage pourrait être à lui seul , une scène de théâtre Une scène ouverte , reflet des émotions

Joie, peine, tristesse, colère, peur , doutes , malice ou tricherie , surprise ou douleur , tous ces sentiments qui font une vie  s’y jouent tour à tour Comme on fabrique du théâtre Quelque chose donné comme ça brutalement en spectacle Visible par tous Tout est là , plus ou moins lisible Il y a ce que je veux, ou peux, montrer Et aussi ce que je veux , ou peux, cacher Tout ce qui devient public et tout ce qui reste intime Secret

Alors je tire le rideau Au propre ou au figuré Le rideau rouge du théâtre Il reste peu de rideaux dans les théâtres d’aujourd’hui

Quand le rideau se lève , commence le spectacle La comédie humaine Quand le rideau retombe , à la fin du spectacle Noir On applaudit

Circulez , y’a rien à voir Juste un peu de cette sueur d’été qui perle sur le front Juste un voile de crème pour le soleil

Insouciant!

Soyons insouciants , c’est l’été !Oui , soyons badins , légers et futiles….Laissons la frénésie du monde aux médias , les tourments du quotidien aux politiques , les orages à la météo , laissons la mousse à la bière , les JMJ au pape , les propos du maire de Cholet au dégoût , la Tunisie à sa révolution Le Caire à l’Egypte , et laissons la Syrie mourir avec plus de 100 000 morts 20011-2013

Laissons au désespoir son énergie , laissons au soleil sa brûlure Laissons l’homme à sa nature …Laissons !

 

 

Rêveuse et voyageuse

Du temps pour soi

Mai 2013 Je suis vos conseils

Après des mots  entièrement consacrés aux autres , je décide de prendre un petit temps pour moi Nous l’appellerons  » retraite »

Au programme , point de trekking , point de rafting , point de folie

Nous la dirons  » spirituelle  »

Me voilà catapultée dans un paradis terrestre ; temples , cocotiers , plats épicés à en pleurer ses yeux Bienvenue en Thaïlande

Des gens tout habillée de blanc , à la mine tellement sereine que c’en est inquiétant , chantent des mantras qui commencent par

 » Aum… »

C’est beau Je prends ma plus belle voix et je les accompagne

C’est faux

Il est 6h , le soleil caresse mon visage

Cherchez l’ erreur

Par un étrange hasard que je n’arrive toujours ps à expliquer , je me retrouve propulsée au milieu de vibrations tribales , de peintures fluo et de visages souriants, toujours aussi sereins , le sang imbibé d’une substance nocive que je n’ai pas l’habitude de consommer ; un cocktail explosif dont la nitroglycérine se transforme en triglycérides

Nous l’appellerons , Coca-Cola

Dans un Full Moon Party , tout le monde s’aime

On s’embrasse, on s’enlace

C’est un peu comme au carnaval sauf que l’hymne à Jean-Bart commence par  » Aum… » et que ¨Côpinard s’est tatoué un « Peace and Love  » sur le front

Il est 6h , le soleil me brûle les yeux

Retour aux sources

Au lendemain de notre bruyante  communion avec notre mère  la lune, le gourou nous initie au « Laya yoga  »

Boules Quiès bien calées au fond des oreilles , concentrez-vous sur la vibration de la conscience cosmétique

Percevez-vous ce lointain sifflement ? Oui , Chez nous , on appelle ça un larsen

Retour aux sources le sifflement est remplacé par le cri des mouettes

Pas moyen de dormir , fichu décalage horaire

Je descends sur la plage , pieds nus dans le sable

Il est 6h le vent fouette mon visage Finalement on en revient toujours au même

Je souris Mauvaise idée J’ai du sable plein les dents

Ha Dunkerque , tu m’avais manqué !

Indocile heureuse

Désastreux

Le lecteur d’un journal ne s’attend certes pas à y trouver d’informations telles que « L’homme politique Untel n’a pas détourné d’argent public à son profit  »  » Une personne âgée n’a pas été agressée  » « M , X, n’a pas assassiné  sa femme  » ou encore  » Le train de 12 h 23 est arrivé à destination….  »

De même , pour la politique internationale, on ne verra pas » Tel pays n’est pas en guerre contre tel autre »..

On peut le regretter , mais les journaux racontent plutôt des faits désastreux , voire sanglants Ils relatent ce qui ne va pas Ce qui révolte , émeut ou peine Et le lecteur , selon son tempérament , s’indigne en rugissant comme un lion furieux ou brait comme un veau polyglotte

De fait, des informations sereines , paisibles  seraient encombrantes ; il y a tant de choses qui vont bien Le quotidien deviendrait aussi volumineux que plusieurs décennies d’annuaires téléphoniques Tout en se montrant aussi  peu passionnant

Révoltés

Pourtant , les journalistes ne sont pas des êtres cruels , raffolant des catastrophes !Il y  en a des bien !Ils sont souvent révoltés comme tout un chacun De plus , il existe une presse spécialisée dans le crime sordide, qui a ses amateurs : on peut la trouver assez peu honorable Les amateurs aussi

Un journal se doit de raconter l’exceptionnel , le terrible , l’odieux Avec objectivité dans la plupart des cas

Sauf quelques brûlots répugnants qui manient l’injure veule , la délation infâme et la diffamation ; la justice veille

Le lecteur hélas , ne sait pas toujours apprécier à sa juste valeur cet étalage de malheurs Du fait même que les journaux ne disent pas ce qui est habituel , il y a de quoi être rassuré Aussi, lorsqu’on  lit un article relatant un crime monstrueux , c’est bon signe Cela signifie que ce genre de choses n’est pas fréquent !Sinon le journal n’en parlerait pas !

Tranquilles

On ne se réjouit certes pas du malheur d’autrui Mais sa rareté est apaisante Nous pouvons donc nous sentir tranquilles et menant une vie opportune dans laquelle on peut se promener sans risques et vivre sans danger Ce qui n’est pas le cas pour un animal dans la nature, toujours aux aguets , toujours dans l’angoisse du prédateur

En d’autres termes, si un jour les quotidiens titrent , à la une , sur cinq colonnes, en caractères gras « Hier , il n’y a pas eu de crime » , il y aurait vraiment , mais vraiment lieu de s’alarmer , de s’inquiéter , d’avoir peur Mon regard est une leçon d’optimisme

Triangulaire

Après le bivouac Vallot , il ne reste que deux heures pour oser le toit de l’Europe Mais, en montagne , il n’y a jamais de dernière ligne droite ; une longue courbe élégante et tourmentée qui s’élance toujours plus haut vers l’azur et des versants solitaires qui glacialement s’ignorent Une arête sinueuse qui serpente fièrement entre l’ombre et la lumière qui suit inéluctablement un cours esthétique et séculaire et finit par se pendre au royaume des cieux Un raidillon de glace , la bosse inférieure , crevasses et ponts de neige , la seconde bosse, et les morsures du vent encore La face nord du mont Blanc est si spectaculaire qu’elle saurait nous faire croire que la terre est triangulaire

 

Glacé

Et si, pour l’alpiniste les confins de notre planète se trouvaient à la pointe de ce gigantesque triangle glacé?Nous ne sommes que de grands enfants naïfs et curieux d’aller explorer encore plus haut ; après le sommet , est-ce le vide , le néant, le chaos ? Chaque pas déchire davantage le paysage, révèle un nouveau sommet, capture un secret du panorama Chaque pas en avant est un voyage bleuté sur un horizon mérité Dans un azur si pur , un sentiment de liberté porte nos efforts et l’émotion cristallise l’instant sacré Toutes les Alpes se mettent soudain à danser à nos pieds tournoient follement et nous enivrent Dans le tourbillon des rais du soleil la rafale redouble Le souffle pleins de larmes….Le coeur à 360….Le sommet

Ventriloque

L’inactivité lourde fatigue mon repos Les heures en gestation , inertes pèsent , suspendues à ton existence prochaine Ventripotente mais bien impuissante , seuls les mots en couches briseront mes chaînes Possédée de toi, je voudrais être ce ventriloque qui écrit ce qui parle en son ventre Je voudrais être ventriloque pour mettre bas la voix qui sourd en moi Mes entrailles saignantes avorteront le premier cri et puis un son plus juste Et, de mes chairs béantes , existera le verbe Tendre nourrisson au langage encore muet , pour que sèchent tes pleurs , je te donnerai les mots à la bouche Et, bien vite , tu me couperas la parole Mon verbe se couchera alors silencieusement , étouffé dans les écrits qui demeurent en secret ….La parole à la main tu grandiras , petit Merlin , et tu me quitteras pour en faire don La parole à la main , car demain est au partage…

Un matin gris sur la ville grise

C’était un matin ordinaire Gris sur la ville grise  Par habitude , elle avait laissé sonner le réveil puis s’était levée , avait avalé un café sans sucre Comme c’était mercredi , elle avait pris son panier et s’en était allée au marché

Voilà longtemps qu’elle ne vivait plus vraiment Elle s’était rétractée , avait durci les frontières et tournait dans le périmètre étroit de sa petite vie

Voilà longtemps qu’elle arpentait la peine et la peur , doutant de toute joie , mâchant sans relâche l’humeur mauvaise Parfois il lui arrivait de secouer toute cette poussière Elle s’arrachait à la somnolence des routines , tentait quelques rencontres ou actions nouvelles Mais l’ennui retombait telle une fatalité

Un parfum de fraise (1)

A présent , elle longeait les étals du marché Autour d’elle, on troquait légumes et fruits contre de la monnaie On s’interpellait gaiement Elle regardait ici et là mais elle n’y était pas ; elle se tenait loin du lieu et du moment

Et voilà qu’un parfum de fraise la surprit L’impact fut si violent qu’elle s’arrêta net et respira longuement Cette odeur, telle une bouffée de joie , lui parut d’abord incongrue Avec elle, s’imposaient la fugacité du vivre et sa saveur…..Inexplicablement , tout se simplifiait ; si rien n’était certain , tout devenait possible

Elle pouvait renaître , réapprendre à croire au commencement

Quand elle sentit la joie venir , elle en eut peur Elle résista un peu;depuis quand une odeur de marché pouvait-elle rivaliser avec la gravité de ses humeurs ? Etait-il possible de la respirer sans trahir? Mais parce que la saveur insistait , ce jour-là elle lui ouvrit un peu de son âme

La grâce fragile du vivre

Autrefois, nous parlions moins du bonheur Il était ou bien il n’était pas Quand il était, c’était une grâce : quand il n’était plus , il fallait bien s’y faire et attendre qu’il revienne Aujourd’hui le bonheur est un droit , un dû, et un devoir Autant dire une idéologie A chacun de fabriquer le sien A chacun pour y parvenir de trouver ses catéchismes , ses grammaires et ses psychologies…… Que l’on m’épargne ce bagne….Que l’on me laisse seulement goûter à la grâce fragile du vivre Que l’on me permette de savourer parfois la simple joie d’un parfum de fraise

Les bruits

A toute heure du jour et de la nuit je reçois des bruits; ils viennent de la nature , de la vie ou de la technologie , ils se bousculent aux portes de mes oreilles ; le vent , le marteau-piqueur ou le grondement rageur d’une moto

Les bruits de la vie m’atteignent en permanence J’ai appris à les accepter mais surtout à les  ignorer pour m’en protéger Il existe même une expression pour les décrire ; ils sont  » bruit de fond »

Certains cependant , lorsque je leur donne du sens deviennent sons; ils peuvent me surprendre , m’alerter , me ravir, m’indisposer , m’effrayer ; ou le plus souvent , me laisser indifférente

Ceux qui me sont habituels sont vite oubliés , ceux qui sont inattendus m’alertent ou me guident Certains vont même jusqu’à provoquer des émotions Il  m’arrive parfois d’en réclamer , par nécessité ou par plaisir

Le silence

C’est une petite colline ; elle domine de sa centaine de mètres une étendue immense , plate et vide La cité la plus proche est à vingt heures de route ou de piste Mais on ne peut passer à côté du mont des Cats sans être tenté de le gravir A  son sommet , j’étais assuré de découvrir le silence, le  plus profond , le plus authentique

La ville est trop loin , la vie sauvage inexistante , l’air immobile , pas un buisson ne bouge et pourtant me parvient un battement sourd et régulier

Il me faut un certain temps pour comprendre que c’est mon propre coeur que j’entends Pourquoi donc la nature n’a-t-elle pas mis de paupières sur mes oreilles ? Si même le mont des Cats ne peut m’offrir le vrai silence, ou donc irais-je le chercher?

Prêter l’oreille

Je peux mettre dans ma bouche les propos les plus brillants , les plus émus ; je reste maître de mes mots Mais mon oreille , ce petit bout de chair improbable qui jaillit en désordre de mon crâne , je peux la prêter Je peux l’offrir à qui veut s’y confier , s’y complaire , s’y ressourcer peut-être , s’y reconstruire parfois…

Le maître de mon oreille c’est l’autre En ces temps de connexions infinies qui inondent nos jours et nos nuits avec le bruit du monde , prêter l’oreille c’est offrir à l’autre mon écoute , mon silence, peut-être le plus utile et le plus fécond des cadeaux

Cette oreille qui reçoit , accueille et comprend , c’est le mont des Cats à ma porte , un mont des Cats  parfait que j’offre à l’autre sans même qu’il ait à faire l’effort de le gravir

Vieillard indigne

Passéiste

Les « jeunes » sont l’objet de critiques acerbes de dévalorisations constantes Chez certains « anciens » elles deviennent obsessionnelles

Répétitives

Cet avachissement moral fait qu’on loue  » l’ancien temps » Ce n’est pas nouveau ; La vie de Saint Alexis , du début du XIIe siècle commence par Bons fu li secles al tens ancïenur soit » le monde était bon autrefois » suivi de la critique de l’époque alors présente Il en est de même aujourd’hui !La lecture des anciens numéros  de  Journal magazine me  détrompe pourtant Ne serait-ce qu’à propos de la délinquance juvénile galopante autrefois Tout est mieux qu’avant ! Sauf la courtoisie des anciens

Agressif

En faisant mes courses , je suis souvent outré d’entendre comment on traite les jeunes Il y a des hurlements de parents injuriant leur progéniture Parfois avant de frapper D’autres aboient en s’adressant aux adolescents L’intonation est inacceptable et le mépris odieux L’impolitesse des anciens est ahurissante ! Cette paresse du coeur , cette trivialité , constante salissent nos journées !Ce qui crée un climat de violence verbale uniquement dû aux adultes !C’est indigne , malfaisant , abject , coupable Répugnant Alors que nous devrions montrer l’exemple Ce qui et loin loin d’être le cas !

Odieux

Un récent film à  » caméra cachée » fait état de la grossièreté des  » séducteurs » envers les femmes Je suis persuadé que si l’on filmait de la même façon l’incroyable bassesse verbale des adultes , ce serait aussi choquant !Le ton des voix est insupportable , les regards sont condescendant hautains et les paroles inadmissibles !Un minimum de considération pour les jeunes est la suite logique de celle qu’on doit aux femmes Il serait bon que les « anciens » balaient leur cour avant de critiquer les autres !On ne peut pas dire qu’ils aient été brillants Nous n’avons pas laissé un monde reluisant à nos descendants !Et l’on s’étonne qu’ils réagissent vertement !Il serait temps qu’on réfléchisse sur le statut de la jeunesse  ou l’inculture des vieilles générations nuit  à l’expression On  » parle mal » avec des intonations odieuses :On ne sait pas parler autrement Et l’on ose exiger des égards !Quelle outrecuidance !La bassesse , la vulgarité , la malveillance de ces prétendus adultes se montre phénoménale !Quand on ne se respecte pas soi-même , qu’on ne respecte pas les autres il serait décent de se taire !Commencez par apprendre la politesse vieux c…!

Equilibriste

Belle équilibriste, habile funambule , elle progresses sur la corde….Toujours plus légère , elle redoubles d’adresse sous les regards époustouflés  Sa vie ne tient qu’à un fil… Mais elle sait merveilleuse désespérée , qu’elle ne pourras jamais marcher parmi la multitude Déjà trop longtemps qu’elle essaie d’apprendre à mettre un pied devant l’autre , parmi eux , dans la foule Mais les chutes répétées ravivent ses blessures profondes Difficile pour elle de reprendre terre Elle trébuche et elle saigne , la belle , reste là-haut sur son fil , en équilibre Bien longtemps qu’elle ne rêve plus de s’envoler

Et le fil ne casse pas, il ne casse jamais Piégée par l’exigence de l’équilibre constant , condamnée  à ne se raccrocher qu’au ciel menaçant ….Le fil ne case pas, il ne casse jamais A moins qu’elle n’ose le grand saut….

Huissière

Petite huissière , elle a trouvé toutes les portes , des plus dérobées aux trappes secrètes , déniché toutes les clés , décelé certains passe-partout Mais elle  sait qu’elle ne grandira pas et qu’elle  ne sera jamais assez haute pour se hisser jusqu’aux trous des serrures Merveilleuse désespérée , elle restera toujours de l’autre côté du miroir , piégée derrière les glaces sans tain , et les portes pour elle resteront closes Elle cognera fort pour qu’on  lui ouvre Elle cognera encore ,mais la foule est sourde..

Il ne lui reste alors qu’à inventer un visage aimé qui la regarde , qui chuchote avec sa solitude , câline sa différence et accompagne son existence ici-bas

Héritier

Tendre héritier , riche de tous les miens , sur les lignes gracieuses de ton portrait , je relis les mémoires des anciens Dans le profond mystère de tes yeux , brille la lumière de nos aïeux Sous tes paupières danse un siècle nuptial , souvenir jovial des amours ancestrales Les victoires de nos mères se devinent sur ton sourire invincible et tes joues enfantines rougissent de leurs plaisirs indicibles Nos pères ont signé sur ton front de leur sang , de leur sueur , les paroles de coeur , les traités d’union pour protéger ton âme de leurs malheurs Des générations en témoigne plaident sur ton visage

Que te berce leur autorité La promesse est dans le lien , tendre héritier riche de tous les miens…

Régulièrement nous sommes biberonnés de vagues de mots qui occupent nos médias , nos cerveaux , nos conversations….

Le ressenti

Il fait beaucoup plus froid qu’on ne croit -disons qu’il ne faut pas se fier au thermomètre -le chiffre affiché est trompeur, c’est le ressenti qui compte On entre dans l’ère du doute Vous pensez manger ce que vous mangez , or détrompez-vous ; ce n’est pas du boeuf -le boeuf s’est fait cheval , la grenouille s’est faite aussi grosse que le cochon Toute vérité repose sur du sable L’étiquette n’est pas fiable -les mots entrent en conflit avec les choses -on savait depuis longtemps qu’ils avaient une vie bien à eux

Le minerai

Le minerai vient de sortir du chapeau de la chaîne alimentaire de transformations Et on découvre dans la bouche d’un industriel que ce mot recouvre un mélange de viande fait de colle , de déchets , de bout d’os , de résidus ….pour faire partie de merveilleuses lasagnes (de cheval!) et ça n’est pas nouveau du tout!

Que ne l’eût-on su avant !Mais pour le savoir , il aurait fallu l’écrire en grand sur les étiquettes des plats cuisinés et là on nous explique (experts à l’appui) que ce n’est pas possible , qu’il n’y a pas assez de place sur les étiquettes , qu’il y aurait beaucoup trop de texte (de cheval)!) à placer….

Donc le minerai vient de sortir de Terre -un nouveau sens bien difficile à digérer ou à reconnaître Car le boeuf n’est pas du boeuf, le cheval c’est du boeuf , le poisson pond des oeufs de poulet et les cochons sont des grenouilles qui veulent se faire aussi grasses qu’une poule Tout est dans tout et réciproquement Vous pourrez dire par ex : » le boeuf que j’ai mangé a un goût de cheval au niveau du ressenti  » !

Et la crise ?

C’est un mot toujours en forme Là , au dire des experts , c’est la triple « cata » !On est dedans jusqu’au cou ….Vite , qu’on mange des chiffres , qu’on avale des bouillons de chiffres , qu’on fasse       des gueuletons de chiffres , qu’on nourrisse les pays affamés avec des chiffres , qu’on s’empiffre de plus-value Non Harpagon n’est pas mort , tu es plus vivant que jamais , tu es le trader fou ( roi du minerai) qui va nous faire manger de la vache enragée , du mouton tremblant, de la bave de chèvre Il y a dans l’air du temps Sénior un cynisme , du calcul qui répand la terreur ….Alors? Alors fillette vigilance , alors intelligence , alors résistance

Rêveuse…

Romanesque

Il  est tant de choses sur lesquelles porter mon regard en ce moment ! Regard vers le péché : le mensonge et regard vers le pardon ; un nouveau pape ..juste équilibre ou de quoi me filer un torticolis monstre en zappant comme une dingue d’une actualité à une autre ? Ainsi s’affrontent les forces du bien et du mal…. romanesque en diable ! Et mieux que la fiction , le mensonge-réalité Décidément on aura tout vu ! Non , dites-moi que tout cela n’est que pur songe….

Disparu Hommage au poète disparu , Wlad est mort Le 5 mars dernier à Marseille , comme Rimbaud Wlad est mord et je ne sais pas si on en a parlé par ici..Pourtant il avait traîné ses rêves quelques années de ce côté Wald était un homme de théâtre comme on dit Wald était surtout poète Un poète des images que j’ai connu autrefois…/ Connivence discrète

Un peu de vodka et des trains qui passent à grand bruit au travers de la scène Wald est mort et certains par ici l’ont connu Wald est mort et c’est de la tristesse Il avait 55 ans Son théâtre c’était le Cosmos Kolej Un joli nom De beaux spectacles qui te filent le frisson dans la pénombre Du bric et du broc qui se mêlent et te donnent à rêver C’était il y a longtemps  on dirait Bien que le monde se mette à devenir malade Wald c’est Wladyslaw Znorko  Né à Roubaix un jour de printemps Quand un poète meurt il semble qu’un peu de liberté fiche le camp Quand un poète meurt on dirait que le monde se referme Salut Wald , tu manques

Romanesque 2

MENSONGE . Le mot était en lettres grasses Il fallait bien alors s’interroger Ecrire de la fiction , est-ce mensonge? Est-ce jouer à mentir? Est-ce jouer ET mentir? Mentir pour jouer , comme des gamins Dire du faux pour du vrai Dire des bobards Du faux sans contrefaçon qui sonne de la vérité Jouer , comme jouer au théâtre Faire du cinoche Du bidon Du faux-semblant Tartuffe de Monsieur Molière , bel exemple de noble menteur !Mystifier. Tromper. L’imposteur guette en coulisse sous la plume de l’auteur L’écrivain se frotte les mains et le lecteur les yeux Frisson , émotion Et le tour est joué Ou donc se trouve la vérité ? La vérité ? Pure fiction mon cher monsieur la vérité n’existe pas La comédie se joue parfois dans la vraie vie Et la vraie vie devient mensonge Tour de passe-passe , grande illusion , imposture au balcon ! Et ce serait péché d’y croire Poisson d’avril Ah ah….Baiser de Judas   J’aime ça !

Mystérieuse

L’existence est mystérieuse comme la disparition de cet Espagnol retrouvé à Lille , mort depuis plusieurs années Dans sa province natale de la « Montana » les paysans restent taiseux , secrets Il ne portait pas le prénom de son acte de naissance lequel n’était pas enregistré dans la commune qu’il indiquait….Affrontant le froid et la grêle de Santander sur la côte Cantabrique , je me suis demandé pourquoi Alberto avait quitté El Sardinero ou les vagues se brisent sur les magnifiques plages de sable Avait-il été traumatisé par le raz-de- marée de 1941 qui inonda les quais et l’incendie qui détruisit des centaines d’immeubles laissant 20 000 sans-logis? Son cousin se souvient qu’il ne supportait plus les violences du franquisme et qu’à l’âge de 21 ans , il choisit la France pour son esprit de liberté

Solidaire

Ce Vieux-Lille ou on le découvrit en octobre dernier dans une maison  du XVIIIè siècle à la façade art-déco Son caractère l’avait replié sur lui-même S’il n’avait pas été introverti , si solitaire , les artisans de son quartier l’auraient accueilli : le luthier-archetier , l’encadreur , le fleuriste, l’ébéniste Il aurait pu déguster les thés du salon Chinois d’en face et surtout converser dans sa langue maternelle avec la plus hispanique des avocates du barreau dont la demeure était mitoyenne

Sont-ils si nombreux les pays démocratiques qui remuent ciel et terre pour résoudre l’énigme d’un squelette considéré comme une personne?

Etonnante

L’amitié entre l’émigré d’au-delà des Pyrénées et cette Lilloise , son ainée de trente ans, qui, sans enfants , lui légua tous ses biens par testament Il venait de loin et elle n’avait eu pour horizon que la triperie familiale fondée en 1893 par son père Leur histoire était si différente Chacun a dû apprécier en l’autre ce que la vie ne lui avait pas encore apporté Ont-ils noué une relation filiale? L’union de deux solitudes? On ne sait pas et c’est bien ainsi ; pas de jugement ni de voyeurisme post-mortem ! Ce passé  leur appartientJe dédie à l’inconnu de la rue Saint-Jacques qui fut enfant de choeur chez les Carmélites , cette méditation de Jean de la Croix , ce Carme espagnol du XVIè siècle : « Ce qui se passera de l’autre côté quand tout pour moi aura basculé dans l’éternité ……Je ne le sais pas ! Je crois , je crois seulement qu’un grand amour m’attend…. »Adieu Alberto !

Faux …Fausse

C’est un bébé en silicone plus vrai que nature , créé par une artiste anglaise Jaime Eaton La tête est cuite au four, avec grimace et froncements de sourcils ad hoc , les cheveux sont de micro implantations de mohair , les petites veines sont peintes à la main et les battements du coeur sont en  option Ces drôles de poupées se négocient sur Internet autour de 1000 e Sur l’écran , le petit clone qui attend d’être adopté dort gentiment dans son couffin ; il ne pleure jamais, il n’a pas besoin qu’on lui change ses couches , ni qu’on lui donne un biberon ….il me fait froid dans le dos

Fausse Vénus

Aujourd’hui , à quoi ressemblerait la déesse de la beauté? L’artiste italienne Anna Utopia Giordano nous donne la réponse Grâce à Photoshop , elle a détourné les Vénus les plus célèbres de l’histoire de l’art en remodelant leurs formes selon les canons actuels Le résultat est surprenant :De Botticelli à Ingres , Vénus a donc fait régime -ventre plat , jambes amincies , hanches plates Remise au goût du jour , elle a un air étrangement maladif , l’harmonie , la plénitude , la sensualité ont disparu

Faux cochon

Dans un livre sorti ces jours-ci , une femme raconte sa liaison avec un homme Jusque là , rien de très ordinaire Il se trouve que l’amant est un homme politique célèbre qui a défrayé la chronique On se dit que ce n’est pas la première ni la dernière fois qu’il y a confusion des genres , que la littérature , la vraie est bien au -dessus de tout ça Puis on apprend que l’auteure a séduit cet homme qu’elle qualifie de « cochon » dans le seul but de nous narrer son expérience dans ce livre sulfureux forcément promis au succès Dans un mail , comme une ado prise en faute , elle s’excuse auprès de son ex-amant , des « gens » l’auraient influencée à monter ce coup tordu Comble de vilenie, des critiques littéraires crient au génie ; cette oeuvre fera date etc

J’en reste pantoise Comme dans l’agroalimentaire , on nous trompe sur la marchandise , et c’est nous , pauvres lecteurs , qui sommes les dindons de cette mauvaise farce Voilà qui est clair, l’ère de la suspicion est arrivée , dorénavant il faudra se méfier des paroles de ceux qui sont prêts à tout pour nous vendre quelque chose Et là presse qui marche dans la combine ne mérite plus ma confiance Plutôt qu’un livre bas et bête , je vais relire Les Liaisons Dangereuses , de Choderlos de Laclos; oui à la cruauté des sentiments , oui aux tourments du sexe , mais avec style !

Une balade…

Epreuve de l’air

Marcher est un flottement . Des bruits de masse et de scie scandent ma route de soupirs de lattes découpées pour s’ajuster à une toiture Je m’éloigne de moi C’est bon d’avancer pour rien Dans l’odeur acide de l’hiver qui monde en silence au-dessus des toitures Derrière la haie, c’est comme un cri en pleine figure Le ciel démasque ses nuages et les recrache un à un Contre les grilles bousculées de hargne et de grognements , les aboiements exaltent la fraîcheur à mon passage Peu à peu, les maisons s’évanouissent dans le bitume des chaussées,nénuphars à la surface d’un étang vaseux J’entends les cris des hommes au fond des villages engloutis et les murmures des femmes qui les apaisent J’avance et le paysage range ses affaires dans un tiroir pour me laisser cet horizon nu, indicible , d’eau et de terre , de mouvements à la surface de l’air sur ma peau

Lèvres des mousses

Puis le chemin s’incurve , se recouvre d’arbres et j’entre dans la lumière d’une forêt J’avance comme quelqu’un qui va déguster une saveur oubliée, lointaine Tant de ciel me dit qu’il faut poursuivre mon abandon , me laisser conduire par cette marche au plus près de moi L’odeur des peupliers fraîchement abattus se couche dans ma bouche pour pleurer , imprégnant de chants d’oiseaux le deuil de leur aubier La forêt sent la chevelure , l’abandon Le miel des sèves fortes Le vert tendre des feuillages Le bois pourri et le poil de chevreuil frotté au bas des écorces L’acidulé des baies sauvages et des soupirs La rosée et les lèvres des mousses Comme une femme endormie Elle sent quelque chose d’inimaginable dont on se souvient

Griffes

De jeunes ronces craquent et se couchent en griffant le tissu de mes jambes Je n’ai plus d’autre corps que cette marche verte ou mon souffle longe sans se cabrer Les repères deviennent flous Ce que j’ai cru reconnaître comme un ancien passage se referme sur mes pas Je piétine des herbes hautes , si hautes que la tête me tourne Je ne reconnais rien Ni mon reflet dans une flaque Ni la chapelle à l’angle du chemin Tout s’engloutit dans le vertige de l’ici Un cabanon en ruine m’oblige à bifurquer tournant les talons au cadavre rouge d’un bidon éventré J’erre enfin sans aucune conscience que celle du feuillage en rempart autour de moi Je m’inonde et chaque pas m’enfonce le paysage dans les veines Je marche Je marche comme si je partais pour toujours

Des hommes qui tombent..

Ils  sont de ceux qui caressent les étoiles Ce  que je sais de leurs vies les range dans un monde à part Un monde ou je ne suis pas , quand je me lève le matin pour aller au travail -ou pour aller chercher du travail -dans le flot de la multitude , en traînant de bêtes angoisses quotidiennes

Ce que je sais de leurs vies s’étale , sans trop de pudeur mais à grand renfort de retouches adroites , dans de dérisoires revues inventées tout exprès Mais un jour, de tout là-haut ou la vie les a posés , ils tombent Sans crier gare , le plus souvent Strauss-Kahn , Armstrong; ces mois derniers , et maintenant Pistorius

Chaque fois , c’est la chute d’un homme Irrémédiable Et alors , il y a cette fascination à contempler une telle chute , à se repaître de la sensation qu’elle ne semble pas devoir s’arrêter Et plus elle s’accélère, cette chute, plus elle est vertigineuse , et que cet homme se cogne encore et encore en tombant , plus je suis fasciné

Pourtant -si c’est effectivement le cas- Oscar Pistorius n’est pas le premier homme à tuer sa compagne en voulant faire croire à un accident Armstrong a le maillot jaune tâché des souillures du dopage depuis bien trop longtemps pour que je sois réellement stupéfaite par les révélations de l’agence américaine

Et maintenant j’ai compris -même si je n’était pas de ceux qui faisaient  la maligne en 2011 , en prétendant que -tout le monde savait ça  » que Dominique Strauss Kahn était bien trop occupé par les affaires du sexe pour prétendre diriger longtemps la finance du monde- et aussi la France

Mais voilà qu’à travers le monde entier, je reste bouche bée devant la révélation des penchants du gentil Pistorius pour les armes, sa batte de cricket tachée de sang , ou ses armoires remplies de seringues et d’anabolisants Comme de partout , j’ai écouté les détails de la  » relation inappropriée  » de DSK au Sofitel de New York On n’a même pas fini de guetter les filles de l’affaire du Carlton racontant encore leurs  » parties fines » à Paris ou ailleurs Et que dois-je penser de cette maîtresse opportune qui le décrit aujourd’hui en « porc magnifique » dans un livre à sensation? … Plus l’homme tombe de haut , plus sa chute est vertigineuse Plus il a montré sa gloire , ou sa puissance plus il s’offre à la déchéance Ceux qui se moquaient de sa gloire se moquent de sa chute Mais les autres la traquent dans ses soubresauts les plus intimes Parfois sans pudeur , toujours sans honte Et méditent à l’occasion , le matin dans la multitude , sur sa part d’ombre et la fragilité des hommes…

La vie es chaude

Ejecter

Ca commence par un tourne-boulé et je me retrouve à l’envers Je me demande ce que fiche le maître-nageur mais ça, c’est une pensée vague Le pire , c’est que je n’ai pas de maillot de bain et qu’au fond , tout au fond , il y a une sorte de trou qui m’aspire Je ne peux plus faire demi-tour ni même me dégager Mon crâne est prisonnier d’un siphon qui se resserre, la pression est forte On ne peut pas dire que j’étouffe ni que je me noie mais mon coeur bat trop vite Le siphon m’avale en ondulant Je dois ressembler à une voleuse qui a glissé sa tête dans un plastique Je ne sais pas ce que j’ai volé mais je suis poursuivi Et c’est vrai qu’en cet instant précis , je n’en mène pas large Puis quelqu’un retire le bouchon d’un coup et je suis éjecté comme un poisson dans l’évier Je me tortille , il fait froid , je hurle

 

 

Voler

On me lave, on me sèche Des ombres entrent et sortent en silence du vestiaire Quand je veux attraper ma figure , mes mains s’agitent comme si je voulais nager C’est débile Pour l’instant , je crie et c’est tout ce que je sais faire Crier et bouger mes mains pour nager Puis une ombre s’approche de moi et m’apprend à voler Elle me glisse du caoutchouc qui coule dans ma bouche

Le temps passe Ou quelque chose comme ça En ce qui concerne le vol, je progresse Non seulement je m’élève entre les bras de l’ombre qui s’occupe de moi mais quand elle me repose je plane en pensée contre la piscine qui ne va pas fort Elle est vidée trop vite paraît-il La piscine est une belle ombre , toute menue , et passe son temps , collée au banc du plafond Je couine pour qu’elle revienne s’allonger à côté de moi , rien à faire , elle est ailleurs

Sursauter

Un matin, je sursaute , les ombres s’agitent La piscine endormie à côté de moi est toujours au plafond Son corps est dans un lit que les ombres bordent en murmurant Une ombre plus âgée tricote à côté en veillant sur elle Puis des chaussures cloutées marchent dans le couloir , ouvrent la porte et entrent , je sens encore le courant d’air mais je ne connais pas cette odeur C’est le maître-nageur qui entre , on se demande pourquoi , c’est trop tard , je ne suis pas noyé Le maître-nageur se penche sur mon lit qu’il balance un peu Puis il serre la piscine dans ses bras , comme une noyée qu’il va embrasser Et tout à coup ça crie : Mon amoureux baigne dans son sang !

Après noir…

Témoignage

L’histoire , c’est regarder en arrière , me dit-il Je vais de l’avant , mais vous!….

C’est une question de « sympathie » avec nos ancêtres , leurs peines , leurs rêves , ai-je précisé

Vous voulez vivre avec eux ?

Surtout pas !Je veux les connaître Appelez ça de la curiosité , un passage de relais …Grâce à l’Histoire , je garde espoir en l’avenir Je m’interroge , découvre , relativise , accepte , refuse Avancer , oui Oublier , non Pour témoigner

Il était d’accord

Alors j’ai pensé à la  « tenture de l’Apocalypse  » admirée cet été, à  Angers, et j’ai souri

Espoir

« La fin du monde  » n’a pas eu lieu Bon , tant mieux Même si on n’y croyait pas Mais cette pensée a uni des milliards d’êtres  humains Allez dire que vous n’y avez pas songé , ne serait-ce que quelques instants? La vitesse de propagation des rumeurs n’a pas changé au cours du temps La peur de l’Apocalypse , non ancêtres du Moyen Age connaissaient La peur de mourir , de souffrir et son antidote , le merveilleux …Nous ne sommes pas si différents L’Apocalypse ne fut pas l’aboutissement d’un siècle de crises, d’appauvrissement , de doute religieux , d’une violence grimpante Le XVe siècle allait ouvrir une nouvelle ère de prospérité , de progrès ….L’aube de la Renaissance La fin  » d’un monde » Espérons-le pour nous

Traditions

Par curiosité , j’ai recherché les 5 février Comme cette trêve de cinq ans , en 1556 conclue entre Charles Quint et le roi Henri IIUne trêve de cinq ans Pourquoi les pays en guerre n’en feraient-ils pas une? Cela nous permettrait de respirer mieux  aux infos du soir , et surtout d’espérer Signe de l’accélération du temps , les trêves sont plutôt passées de cinq ans à cinq jours Oui , les  » fêtes  » achevées , la réalité  nous a rattrapés Mais les traditions perdurent Face au feu de bois, mission accomplie , le père Noël se repose en mangeant les crêpes de la Chandelles allumées , symboles de purification , elle fut la fête du dieu Pan , divinité de la nature C’est un 5 février , que Walt Disney a réalisé son Peter Pan , Pan en hommage à cette figure mythologique Ce dieu fut aussi le dieu de la foule hystérique Allez savoir pourquoi Bon , pas de » panique  » j’arrête là Et toi petit Pan , prends ta flûte et file , c’est carnaval…

Ce matin, une jeune femme , familière des lieux , pleure en silence Ce n’est pas bruyant Une fuite imperceptible , un souffle mouillé La peine , si longtemps gardé , enfin consent à s’épancher Je voudrais m’incurver , contenir cette eau pleurée dont je connais le secret

« Ne me secouez pas , disait l’écrivain Henri Calet , je suis plein de larmes … » Avec le temps j’ai appris qu’il n’est pas toujours bon de brusquer le chagrin Mieux vaut patienter , parfois  même renoncer

Certaines larmes , comme certaines paroles , se tiennent de l’intérieur C’est leur liberté , leur manière de se protéger : partager l’humeur , c’est toujours se rendre vulnérable

Tu aimes pleurer ?

Ce matin là , me revient en mémoire un film de Truffaut ; assise en haut d’un escalier , une fillette pleure Passe un petit garçon , qui lui demande ; » Tu aimes pleurer ?  » Et elle , souriant à travers ses larmes ;  » Oh ,oui ! » Il faut être enfant pour avoir une telle audace de pensée L’adulte , lui prend sa peine plus au sérieux Il se sentirait offensé de s’entendre demander : » Etes-vous vraiment malheureux ou pleurez-vous pour le seul plaisir de pleurer ?  » Certaines personnes sont plus émotives que d’autres Elles aiment fondre en larmes et vous éclaboussent parfois au passage….Peut-être sont-elles nées comme ça ….A moins que , comme la fillette de Truffaut, elles aient trop goûté aux larmes pendant l’enfance et en sont nostalgiques

Mias une larme est-elle vraiment une larme ?

En 1987 ,le psychiatre Marc Gold dit en boutade : » Vous n’auriez pas pu choisir un meilleur moment de l’histoire humaine pour vous sentir malheureux  » A l’époque cette pensée est visionnaire ; si le malheur a toujours été citoyen du monde  , ce qui a changé c’est qu’aujourd’hui , il parle et on  l’écoute La pensée de souffrance est devenue la grande compagne de notre temps Nous avons tous de bonnes raisons de nous sentir blessées et de nous plaindre

Jusqu’à quel point , pourtant être victime ? Il  y a de vrais malheureux , de véritables offensés mais aussi une invitation quasi culturelle à s’approprier , sous quelque motif , une identité d’affligé , d’abusé…Ne serait-il pas bon parfois , s’interroger ;Nous qui avons mal et aimons le dire , avons nous vraiment mal? Nos larmes sont-elles toujours de vraies larmes ?

Le regard

Fumée

Les soirs de feux d’artifice sont à l’image de notre vécu contemporain Ah, ces grappes de fusées pétaradantes ! Voyez-les virevolter , s’épanouir en gerbes multicolores , illuminer un pont, une statue équestre et s’évanouir sous les ah et les oh !

La fin du monde peut attendre Passés les cracs , les boums, la fumée seule subsiste

Telle cette médiation à outrance de notre monde contemporain Après le tapage répété , rabâché , recyclé, que reste-t-il , sinon un fumet de fumée Autant en emporte le vent

Avant que ne survienne -elle ne saurait tarder -la prochaine bourrasque médiatique

Indigestion

C’est raté, je voulais aborder ce regard comme le vin frais d’une année nouvelle , offrir à mes amis un bain de paresse prolongé , de méditation paisible , afin que rien ne paraisse de cette rage sourde Entendez le spectacle honteux de cette  » faim  » du monde Voyez le cynisme éclatant de nos écrans plats farcis de cuisiniers intarissables , à l’heure ou des milliers de gens  » meurent  » de faim Pardonnez cet envol mais on ne distancie pas avec la faim Evidemment , tous ne seront jamais nourris à la même enseigne , mais tant d’indécence frise l’inconscience

L’image bien sûr a besoin de capteurs d’attention Que de sauces faudra -t-il monter pour que la température de l’audience ne vire pas en  » jus de boudin  » !

Recette

Pour cuisiner une bonne année, ne pas accommoder que du fade , couper en rondelles les vastes problèmes , ne pas négliger les faits  » d’hiver  » qui ne réchauffent pas

Ne pas vous rassurer aux seules mamelles du convenable et du lisse Soyez orpailleur de la poussière , il y reste des pépites

Touillez-vous les méninges avec énergie Gardez-vous de l’uniformité aussi déprimante que le carrelage des maisons de retraite

Avec une pincée sans rire, faites déborder votre humeur de la casserole Servez chaud avec de petits mots doux et bien charnus

Soyez nature , aérez les pâtés de maison de verdure plantée à la lune Invitez qui vous voudrez , même les autres

Voilà ! C ‘était la recette de l’humeur par l’humour , plat énergisant s’il en est Bon appétit !

Ludique

Ils ont quittés pour leur grand soulagement leur usine et les fers de leur routine , ils ont bouchonné sur l’autoroute dans leur camisole de tôle et sont venus d’un seul homme pointer dans ces préfabriqués de la glisse , ou ils se veulent en vacances

Divertissements de l’hiver ludique ; les stations de ski sont des fabriques à loisirs Les skieurs sur piste sont autant d’automates silencieux qui s’amusent à la chaîne sur des tapis roulants Les fondeurs , ces métronomes de l’effort , glissent sans surprise dans les rails aménagés Ronflement de la dameuse, martèlement des perches et de toute cette mécanique bruyante qui jalonne les plaisirs édictés

Pourtant , un peu plus profond dans les forêts sombres, dans les sifflements cristallins du vent , souffle une vérité sauvage : dans les silences neigeux , c’est la paix qui bruisse

Vieillard

Au pied du crépuscule , une ombre ramassée , une vie éculée , l’âme avachie , la guenille souillée C’est Vieil’Hère , le seigneur des traîne-misère , que la vie culottée éclabousse sans pitié , que le temps a largué entre chien et loup Existence éteinte, mendicité usée , espoir ridé « Quiii…va là ? « éructe du fin fond de sa gorge criarde Policé le mainate » Quiii …va là?  » Le voici qui rouspète de  plus belle « Tuuu …donnes pas ! »Rébarbatif il trépigne avec balourdise et titube sur les bords d’une écuelle garnie de piécettes jaunes ; un juchoir de fortune , qui lui sera pourtant éternellement provisoire ….Le vieillard est bien trop tremblant pour quémander encore Policé, son mainate , sa pancarte, sa rengaine : » Tuuu…donnes pas ! »

Routards

Les cartes affalées s’endorment sur la table de nuit Jaunies et froissées , elles sont une invitation au voyage , la promesse d’une découverte nouvelle un passeport pour le rêve Examiner la carte d’un massif , caresser ses courbes de niveaux , sentir le dénivelé plonger dans la profondeur de paysages imaginés , anticiper le milieu montagnard en le colorant selon la saison , se projeter dans l’effort , remonter les torrents , parcourir les vallées , traverser les pierriers , chevaucher les arêtes , contourner les barres rocheuses , conquérir les sommets Les projets de lendemain itinérants envahissent alors la pensée obsession fertile de la pérégrination Routards qui courent par voie et par chemin , gens du voyage en constante migration, nomades sans feuille de route qui misent surtout sur la carte blanche puisque de toute façon , ça vaut toujours le voyage…!

Quand l’arme est si familière….

Personne ne peut croire que cet homme de vingt ans qui a tué plusieurs adultes , dont sa mère , et s’est acharné sur des enfants de cinq à dix ans est normal Personne ne pouvait l’imaginer prendre des armes , se diriger vers une école , tirer sur le directeur , un psychologue , sa mère, des enfants , et se suicider Pour prévenir un tel passage à l’acte , il faut le croire possible Comment concevoir qu’un homme puisse tirer sur des enfants , en voyant leurs regards , en entendant leurs cris , en sentant leur panique ? Il faut pourtant que le monde se fasse à cette idée , puisque cette tuerie n’est pas une première mais une séquence d’une longue série Le meurtre de masse, la fusillade aléatoire , l’homicide au coin de la rue , le massacre à l’école , sont devenus des épisodes presque communs de notre époque Moins, on les imagine , et puis ils se répètent Plus ces tragédies tétanisent l’opinion et mieux elles libèrent  la folie de certains

L’équilibre mental de chacun n’étant pas près d’être assuré, il faut protéger le grand nombre de la folie solitaire en limitant son pouvoir de nuisance Les armes et leurs munitions circulent à peu près librement aux Etats-Unis En acceptant ce rapport de complicité entre l’homme et son arme , on banalise son usage

Quand l’arme est si familière qu’elle devient le prolongement du bras, il faut craindre entre le fantasme et le passage à l’acte

La détention et le port d’arme par les citoyens sont protégés par le deuxième amendement de la Constitution américaine Autant dire que cette liberté est sacro-sainte ; on nous répète à chaque fusillade dans une école qu’elle est inscrite au plus profond de la culture américaine , qu’elle remonte à la construction d’un vaste et sauvage pays ou les citoyens préfèrent se défendre eux-mêmes qu’attendre cette protection de l’Etat , et qu’ils sont même prêts à se protéger du pouvoir central

Les élus ne peuvent gouverner sans connaître leur pays, son histoire , et sa géographie , ce qui le constitue profondément ce qui le fait différent des autres, ce qui cimente son peuple

Mais un gouvernement ne peut se contenter de reproduire à travers les époques les mêmes modèles culturels en ignorant leurs dégâts croissants ; il doit faire de la politique et précéder  l’opinion

Barack Obama s’honorerait à proposer une réforme de la législation sur les armes Il ne peut être réélu et n’a , personnellement rien à perdre

Comédienne

Démon du nombril

Cher Monsieur

Nous sommes d’accord et c’est bien ce qui m’ennuie Les gens d’ici sont accueillants oui, ils ont du coeur avec du soleil dedans d’accord , mais on le savait déjà Vous me proposez vos mots pour notre entretien , quoi de neuf? Le Nord n’est plus ce qu’il était Normal ou tant mieux quand la planète perd la boule L’accent se perd , les gens ne tiennent plus en place , c’est un truc durable

On regarde devant soi , on habite son présent En tous points , la culture crée de la valeur et l’on refuse enfin d’en limiter le domaine aux musées et aux vestiges Quelque chose bouge qui n’est pas une conséquence du houblon et de sa consommation raffinée , comme on l’a dit de la betterave à sucre On était éclairés par les mines de Lens , on en vient à s’éclairer soi-même

Ah l’image

Ah , mais j’oubliais , l’image !Notre sujet porteur bien sûr , l’image du Nord Couperet fatal Ce qu’on va penser de nous !Laissez-les dire , Monsieur Non seulement je m’en fiche mais j’enfonce ; il n’y a pas une image mais des images du Nord -Pas-de-Calais Et quand je me pique pour Lille 3000 ou Dunkerque , carnaval et Bateau-Feu , je n’oublie pas Loos-en Gohelle valeur montante

Car; s’il y a bien quelqu’un de coeur et d’action qui ne se perd pas dans les proclamations bravaches , c’est Jean -François Caron maire de Loos Il peut rentrer fier à s’maison ou monter tout in haut de s’terril accrocher le trophée Lumières Je lui ai vu décerner au grand repas de Saint-Nicolas , reconnaissance de son action pour le classement à l’UNESCO Et aussi peut-être pour sa capacité à regarder le présent par le bout de l’avenir , osant avec succès la démocratie participative

Des défauts ?

Voyez , l’idée ne me viendrait pas de parler de nos défauts , l’humour à part , je n’en vois pas Rien que des qualités , avec la modestie de surcroît !Pourtant vous me le faites bien dire ; tout n’est pas rose…..Oui , cherchons bien On a nos démons , il y a pas que le midi !D’abord ce démon du nombril Cette façon de n’aimer que soi chez soi Tous à l’baraque !Cette émotivité tenace qui nous fait dire qu’on est bien comme on est et surtout que rien ne bouge !Fonctionnement casanier comique , le  » caco » serait un peu ce que le cacou est à Marseille et le bobo tout partout Mais c’est comme el cafetière sur l’fu ou comme el goutte ed’jus ; déjà passé…..

Quelle histoire que la gloire qui nous vaut désormais la réputation d’être connu Paraît que ça produit de la richesse Des caresses aussi ? ….

Le regard

Triste

Difficile de rester optimiste en ce mois de décembre 2012: les indices préoccupants du changement climatique et les catastrophes naturelles se multiplient , les guerres  fratricides au Moyen-Orient s’enkystent et les morts s’y comptent par milliers , l’espoir né des printemps arabes s’envole , la crise de l’euro ne se résorbe pas vraiment ….et ce n’est pas la hausse continue et apparemment irrépressible du chômage en France , ni le pitoyable spectacle de discorde que nous donnent la majorité comme l’opposition qui peuvent amérioler l’ambiance

 

Abondance insultante

La période des fêtes approche, mais pour beaucoup le coeur n’y est pas L’abondance des produits de luxe offerts à la convoitise  des chalands est une insulte à tous ceux qui ne peuvent imaginer en profiter , et notamment aux mendiants postés à la porte des commerces de Noël , fête des familles résonne tristement pour tous ceux qui le vivront dans la solitude , ou simplement loin de ceux qu’ils aiment , séparés par la distance ou les discordes familiales

 

Une étoile

Au coeur de la nuit une étoile….Bien avant l’ère chrétienne , le solstice d’hiver était déjà marqué par des fêtes annonçant la renaissance prochaine d’un nouveau printemps A cette époque de l’année , les Romains célébraient les saturnales , en l’honneur de Saturne , le dieu du temps , à qui l’on associe Janus , le dieu aux deux visages qui ferme l’année et ouvre la suivante A la même période de l’année était aussi célébré un culte à Mithra  dieu solaire d’origine mésopotamienne Quand aux Barbares germains , ils célébraient à la même saison les fêtes de Jul, en l’honneur de Thor et d’Odin C’est d’ailleurs d’eux que nous vient la tradition du sapin , ou plutôt de l’épicéa , arbre de l’enfantement dans les mythologies celtiques

On comprend comment ensuite , ces fêtes du solstice furent  » récupérées  » par l’Eglise qui y substitua la fête de la naissance du Christ pour oblitérer les anciens cultes païens

Toutes ces traditions signifient qu’au coeur de la nuit et de l’hiver , subsiste l’espérance ferme que la vie vaincra Les jours vont bientôt s’allonger , le printemps reviendra , la paix sera enfin conclue , les plaies se cicatriseront et les yeux des enfants brilleront à nouveau d’émerveillement Tel est le message de Noêl et du Nouvel An qui transcende toutes les religions Ils seraient vraiment dommage  qu’un anticléricalisme ignare s’oppose aujourd’hui à une célébration collective qui parle au coeur de tout homme Non , il ne faut pas chasser le père Noël et son renne hors des écoles maternelles…..

L’inexprimable

L’horreur est toujours à notre porte , Nos enfants nous disent leur crainte pour leur avenir, dans un monde brutal , ou la part de l’humain est trop souvent laissée de côté , variable d’ajustement , quantité négligeable Le mépris total de la vie d’autrui , sous des prétextes vains et fallacieux Et des âmes faibles, fragiles , vulnérables se laissent subjuguer , faute sans doute de trouver des réponses adaptées dans leur environnement proche La morts d’enfants innocents est inacceptable , le meurtre d’enfant inexprimable , inexpiable Cela n’a rien à voir avec la religion , la civilisation C’est l’inhumain , la part sombre qui sommeille en chacun , qui passe les limites de l’interdit Est-ce défendable? Pardonnable ? On ne peut oublier Ce qui permet peut-être de dépasser l’horreur est le devoir de mémoire

L’imaginable

Les messages délivrés par celles et ceux qui entendent conduire les destinées de dizaines de millions de personnes touchent-ils l’humain? Notre pays , comme bien d’autres , a accumulé les dérives budgétaires , a hypothéqué l’avenir de nos enfants Est-ce qu’il nous appartient aujourd’hui à nous tous , qui avons certes trop longtemps fermé les yeux dans l’insouciance de payer? En réalité , nous devons collectivement nous adapter , et accepter de partager Non pas le temps de travail , ou une quelconque  » ressource  » un incertain  » gâteau » Non Partager , ce pourraient être des gestes simples , des signes forts émanant de celles et ceux qui prétendent guider nos pas, en prenant les rênes de l’Etat , de nos collectivités , dans les entreprises Sans angélisme Plus d’excès

Le possible

Le possible n’est pas le rêve Le rêve est inaccessible, il est la représentation idéalisée d’une action , d’une volonté , d’un désir Mais comment faire rêver par le seul réalisme? Comment prétendre diriger sans faire au moins un peu rêver ? Nos jeunes, ceux de le Y-génération , n’entendent pas se bercer d’illusions Ils veulent partager un projet ambitieux , mais lisible , et rapide C’est aux  » décideurs  » (et celles et ceux qui entendent l’être ) de partager toutes tendances confondues (économiques et politiques ) un vrai contrat d’objectifs et de moyens , une ambition commune , qui soit enthousiasmant  qui ne fasse pas peur, qui ne crée pas de fractures , d’oppositions claniques , sans stigmatiser Allez quoi mince, rêvons un peu C’est possible , ça non?

Un vote blanc qui prend des couleurs

Les votes devraient connaître un nouveau décompte Rien à voir avec la tragi-comédie de l’UMP L’assemblée nationale a adopté jeudi à l’unanimité (des quatre-vingt-dix députés présents) la distinction des votes blancs et des nuls Le texte doit encore être accepté par le Sénat

Il est simple Presque insignifiant Aujourd’hui les résultats d’une élection contiennent une ligne « bulletins blancs ou nuls » Si la disposition est définitivement adoptée , cette catégorie sera divisée en deux Cette modalité ne changera pas la face de la démocratie Elle ne bouleversera pas les élections Mais elle renferme une foule d’espoirs Les  partisans de la reconnaissance du vote blanc estiment en effet que sa prise en considération renforcera la légitimité d’une élection et affaiblira le refuge protestataire des extrêmes Une enveloppe vide n’est pas un vote vide de sens Elle signifie que l’électeur n’est en accord avec aucun des candidats mais apporte sa légitimité au scrutin L’abstention en revanche peut être interprétée comme une indifférence ou une contestation du processus de désignation Le bulletin nul, enfin par une rature , une annotation , un déchirement , adresse une humeur ou un message particulier

Alors que certains candidats font leur lit -et un lit confortable- du dénigrement de la classe politique ,la reconnaissance du -non-choix » rappelle qu’un vote correspond à une adhésion à une personne et à un programme Les centristes de l’UDI ont fait leur premier coup gagnant avec cette proposition de loi Mais ils ne vont pas plus loin Le vote blanc ne sera pris en compte que par ceux qui regarderont les petites lignes préliminaires aux résultats Ils n’entrera pas dans le calcul des pourcentages largement relayés et qui se rapportent aux suffrages « exprimés » François Hollande a ainsi été élu en mai avec 51,64%des voix , dit-on La nouvelle disposition ne modifierait pas ce score Si les votes blancs et nuls avaient été intégrés dans le duel ,le dernier vainqueur n’aurait obtenu que…48,63% Un chiffre moche, non légitime , synonyme de malentendu , voire d’effraction !

L’imaginaire national français a besoin d’un chef de l’Etat issu d’une majorité , un terme qui doit se traduire par au moins50% des bulletins plus un Les deux finalistes ne peuvent alors tolérer d’autres concurrents fût-ce un « blanc  » inéligible Si la réforme n’aura aucune conséquence majeure , elle représente un effort louable au moment ou la politique cherche à renouveler sa crédibilité La petite enveloppe vide prendrait un peu plus de poids Et les urnes avec….

Le regard

La FIAC

L’art d’aujourd’hui , celui qu’on appelle contemporain , me déroute Losqu’une tache rouge sur fond rouge devient  » révolution » une noire sur fond noir devient  » colonialisme » une verte sans fond devient  » écologie » ; lorsque la répétition , l’aliénation , la déformation , la provocation deviennent des démarches artistiques , je ne sais plus guère ou il faut chercher le beau Tout se passe comme si le titre , à lui seul , se portait garant de la qualité de l’oeuvre La puissance limitée du verbe remplace la richesse de la couleur , la quête éperdue de la lumière , l’évocation puissante des formes et des attitudes , la profondeur infinie de la seule beauté Que vaut donc une culture qui renonce à ses origines ; une culture qui ignore et même dénonce des millénaires de traditions , une culture qui prétend inventer à partir de rien et qui n’invente que son  propre malaise , sa propre vacuité A moins que l’on ne me démontre la différence entre une oeuvre de Duchamp et un produit de Jacob Delafon , je propose que l’on invente le crime contre la beauté

Le Louvre-Lens

Heureusement il y a le Louvre-Lens qui met à notre porte mille, peut-être deux mille ans de beauté ; je me réjouis à l’avance de pouvoir bientôt le découvrir Je trouve à ce plaisir d’un bonheur attendu une explication simple , une évidence qui s’impose chaque fois que j’entre dans un musée Ce que  j’y vois a une âme , religieuse ou profane , une âme qui célèbre la nature , l’amour et fait l’exaltation ; mais aussi et c’est là un privilège singulier de notre peinture flamande , le merveilleux , l’imaginaire , le visionnaire Il suffit pour s’en convaincre de se rendre aujourd’hui au Palais des Beaux-Arts ; un Jérôme Bosch à Lille vaut bien un homard gonflable à Versailles

Il peint

Il peint Comme un retraité sur dix et cela n’a donc rien de bien original Les vrais peintres ceux qui sortent des écoles d’art , comme les politiques sortent de l’ENA disent qu’il n’est qu’un amateur , qu’un autodidacte ; ce qu’il fait mérite au mieux l’appellation de loisir créatif , de passe-temps , de bricolage de la couleur , de thérapie du troisième âge ; de moindre mal car il pourrais aussi faire du motocross ou du kitesurf mais cela n’est plus de son âge , il ferais  » déplacé dans le tableau » Sa peinture ne dérange personne : elle est donc tolérée Il n’a pas de message politique ou idéologique ; il n’a rien à prouver Il peint parce qu’il existe au fond de lui un puissant désir de beauté Il peint parce qu’il aime que sa main dise les plaisirs de l’âme..

Déconnecté

C’est ce mot qui m’est venu à l’esprit quand j’ai pensé à ce nouveau  » Regard » Au fond , sur quoi porter un regard particulier? Tant de choses en cet automne mi-figue mi-raisin Je peux écrire aussi mi-figue mi-raison Fuguer Comme une gamine qu’en aurait assez Partir Se faire la malle et basta !Déconnection Eteindre modem et mobile Oublier la misère Déguerpir , fuir le monde de peur d’y être englouti Couper le son Télé , radio et tout le toutim Et ne plus rien entendre de la grande kermesse planétaire Partir , comme Rimbaud  » piéton de la grande-route par les bois nains  » Se taire Fermer les yeux Et se plonger dans l’immense lumière d’un ailleurs inventé Ou se cloîtrer chez soi Volets fermés Oublier le mouvement incertain de la planète

Les temps sont parait-il à la méditation Il convient de donner un sens à sa vie !Recherche intérieure ou pur oubli des autres? Les autres? Oui tous les autres Les milliards d’autres qui arpentent la planète Tu connais ton voisin?

Reconnecté

Forcément La vie d’ermite n’a qu’un temps Et le mouvement du monde reprend le dessus Vite , Vite D’est en ouest et du nord au sud Dans tous les sens Comme une girouette emportée dans la folie du vent Tout semble s’agiter furieusement La grande déglingue Le truc qui foire à droite à gauche A tous les coups Et justement , tous les coups sont permis Le contre sens Partout Reconnecté Plein pot et tu cognes et tu cognes Oui je connais mon voisin ! Bonjour ça va ? Je m’en fiche Je dis ça comme ça Et mince , plus de forfait Et mon modem déconne Comment je vais faire? A la télé on me dit que….on me dit que….et le monde se délite doucement …tranquillement…gentiment

Connecté

Tout simplement connecté ! « Gentiment  » Drôle d’histoire ce  » gentiment  » Comme une bienveillance Regarder le monde  » gentiment  » Avec bienveillance Voire même trouver des excuses à sa folie Et se dire que malgré l’horreur le monde continue sur sa lancée Les rires, la fête , les copains, les voisins, voire même le boulot Le monde bouge , le monde vit Se dire que finalement tout ne va pas si mal Relativiser Oui c’est cela Il faut re-la-ti-vi-ser Ne pas dramatiser Garder l’espoir de jours meilleurs Rester « gentiment » dans le mouvement du monde Quelqu’un m’a dit : » Dis donc ma chère Cécile ça va  en ce moment ? Ben oui ça va Je regarde….Ce ne peut-être que la fin du monde , en avançant  » encore ce vieux Rimb’ !

Le regard

Lui

Pas tout à fait comme les autres ? Même pas sûr et puis même pas mal Un petit gars qui va au rythme du moteur de son fauteuil , et qui traverse sa vie de môme en poussant le joli joystick à tête rouge installé sur le bras du fauteuil Comme dans un jeu vidéo en 3D C’est sûr aussi qu’il y a des limites De celles qui font pleurer parfois

En douce , avec la main devant la figure , pour que les autres ne puissent voir ni la peine , ni la rage Dans les limites , il y a les siennes , toutes les peurs qui restent , tout ce avec quoi il n’ose pas encore se colleter Mais ça viendra et déjà pour ses douze ans, ça roule ! comme dit son père avec , dans l’oeil , de l’eau et du rire Et puis il y a les limites des autres aussi : une bordure un peu haute , une porte un peu étroite , un regard un peu imbécile Mais ça fait rien tout ça Depuis septembre , il va au collège avec ses potes et puis quand les choses se compliquent , elle est là , elle , qui va l’aider , sans poser les mauvaises questions , sans se mêler de ce qui ne la regarde pas , tellement forte , tellement présente

Elle

Elle avait attendu ça pendant des semaines, des mois Parfois soulevée par des espérances démesurée , parfois terrassée par du désespoir sans raison Elle le voulait du plus profond de son ventre Aller au travail Les mômes sont assez grands maintenant Et puis le mari , les jours de chômage partiel est heureux de se rendre utile à la maison

Du plus profond du ventre ; du travail , et du travail pour aider l’autre Peu importe lequel une gamine  , la maison de retraite , une crèche Et puis , voilà six mois comme un petit miracle , une grâce , quelque chose qu’on attend pas et qui arrive Auxiliaire de vie scolaire , que ça s’appelle Juste un gamin dont elle s’occupe Elle a eu le loisir d’y mettre toute son âme Un travail avec de l’argent qui rentre à la maison et surtout, surtout , son petit Schumacher (ça le fait rire le petit ce surnom ) La joie de l’accueillir au portail et de savoir ce qu’il veut avant même qu’il ne le dise La joie finalement de l’aider à avancer tout seul

Et puis rien

Ils se sont assis côte à côte à 8 h 30 , la porte de la classe s’est ouverte sur le visage défait du principal Une décision imbécile est tombée qui devait s’appliquer dans l’immédiat Elle a pris son sac et son manteau , n’a pas osé poser un baiser sur le front du gamin Et puis elle est sortie Leurs vies pour un temps liées et un contrat qui n’était pas renouvelé

Ce soir-là en coup de vent ,elle  s’est jointe à notre groupe On ne l’attendais pas Qui est -elle? La voilà qui virevolte joliment entre les invités Arrivée à ma hauteur elle s’approche  , me tend la nuque puis l’une après l’autre , les deux joues Contact bref , un peu rêche …giclée de cheveux de parfum de rire….

Puis emportée dans son élan , elle s’éloigne , s’adresse à d’autres convives toujours rieuse Ainsi nous sommes-nous  fait la bise Sans nous connaître , sans nous parler , sans nous voir….

L’accolade

Vingt heures , gare de Lille Le train vient de s’immobiliser Je descends , je me laisse porter par le flot des voyageurs Il m’attends Je dois être au bout du quai …Je cherche son visage , les contours de sa silhouette …Un doute me traverse ; serait-il en retard? Aurait-il oublié? Nous nous reconnaissons au même instant Son visage s’illumine De loin je le vois fendre la foule anonyme et avancer dans ma direction Il ouvre les bras et les tend vers moi Cette invitation gestuelle aussitôt me réjouit J’y devine une puissance d’accueil Je me hâte Ainsi nous sommes-nous donné l’accolade Pour le plaisir de l’amitié retrouvée , de l’effusion partagé

La poignée de main

Lorsqu’il est entré chez moi j’ai vu son visage inquiet Il m’a tendu la main et je l’ai saisie Aussitôt j’en ai recueilli le fluide anxieux , la secrète douleur Toutes les poignets de main ne sont pas pourtant pas anxieuses Certaines disent au contraire le plaisir de la rencontre Certaines sont joyeuses quand d’autres sont méfiantes rétives au contact Certaines sont autoritaires , prêtes à vous broyer les phalanges quand d’autres sont timides qui vous filent entre les doigts La main serrée contient d’innombrables humeurs

Il n’y a de véritables poignée de main qu’accompagnées d’un regard  C’est  dans le regard porté que la main se tend C’est dans l’élan de la main que le regard se donne Voilà ce qui confère à cette forme de salut une certaine noblesse Au delà de la convention sociale , il faudrait y voir le fondement même de la rencontre  ; échanger le regard et la main , c’est consentir à ce que quelque chose de nous-mêmes se révèle , à notre insu ; à ce que quelque chose d’autrui  puisse nous être adressé

Voilà pourquoi n’en déplaise à la bise frivole et anonyme n’en déplaise à l’accolade généreuse j’opte pour la poignée de main

Si nous nous rencontrons un jour, voilà comme j’aimerais vous saluer

Une saison en enfance

J’ai grandi dans les jupes de mon père Je me revendique de lui à compter de A et jusqu’à Z…. Mon mimétisme est tel que parfois , j’oublie que je ne suis que moi , et qu’il est lui le seul à être vraiment lui….Les psychanalystes m’envoient des lettres de menace Les coiffeurs idem Michel Onfray des chocolats…

Mais rien à faire , mon totem jamais ne vacille :Papa ist über ales ! – Je suis très religieuse , en ce qui le concerne ; bouffi de dogmes ! A  la messe , comme à la ville !Ma trinité ? Sa voix , Sa Bobine et Ses Bouclettes …Filiforme géant tout habité de muses !Mozart avec Da Ponte en aurait fait un personnage …

Quoi ? Vous ne savez pas ? Grand seigneur ! Il est chanteur , mon géniteur ! A l’opéra , oui  Oh ….. C’est arrivé à d’autres vous savez…

Stereostatos

De nos jours , la coutume veut que tout le monde se construise contre la société , contre le passé , contre le présent , et pour l’avenir , contre le père et la mère…

Quelle mascarade grotesque ! Bientôt : l’impôt sur l’enthousiasme , le délit de bonne gueule Une affaire , si vous voulez mon avis, de crétins culbutés contre leur gré L’inconscient fait de ces ravages…. Je veux rattraper le coup en faisant l’apologie de tous les pour ! Ainsi parlait , grondait , berçait Zarapapa…

Pour la musique , la littérature , la philosophie , les petites femmes ….Et tous les etc, de la Création …Oh bien sûr , ce serait vivre dangereusement ; et toute une armada de ploucs désenchantés de la flûte ne tarderait pas à venir me chercher des querelles M’enfin… Est-ce que l’été , le soleil demande à la lune sa permission pour lui piquer des crépuscules

 

L’arène de la nuit

Les déesses babaches  Il a passé les beaux jours dans des trains , enseveli sous des couches  de filles et de livres de poches….Pas de tabou ; l’amour est divin ! Il retrouvais son père un peu partout C’est Muriel Cerf L’auteure géniale de l ‘Antivoyage qui l’a poussé au crime …Son livre a illuminé une bonne partie des ténèbres ou il était jusque là Il aime quand les livres font et défont le paysage ! Il a vu la nuit claire à Nancy et Stanislas sur un vélo de toc…

Le toit du monde ;Paris et Bruxelles englouties par Bombay , capitale provisoire d’une certaine douleur …Muriel , Jennifer , entre autres indiennes galantes …Ainsi font-elles toutes ! a t-il dit , après s’être fini aux Alpes , en compagnie d’autres fidèles Soeurs, frères …Il est revenu hier tout à fait initié Eslebe Sarasto !

Sans titre

 » Ecoute bûcheron , arrête un peu le bras !…. »

Le vers de Ronsard me revient en mémoire à la vue du déboisement du parc urbain de Villeneuve-d’Ascq Les tronçonneuses vrombissent , les allées sont coupées par des engins de chantier , les billes de bois s’amoncellent sur le sol, , les copeaux jonchent les sous-bois Les horizons dénudés laissent voir les camions qui se suivent sur l’autoroute , l’air résonne de ce ronronnement si spécifique des cohortes de véhicules , et le vent d’ouest apporte l’odeur également si caractéristique des moteurs diesel Un paradis perdu !

« Forêt , haute maison des oiseaux bocagers (…) Plus du soleil d’été ne rompra la lumière  »

La gestion raisonnée des espaces forestiers tel est l’argument développé sur le panneau didactique de l’espace naturel Lille métropole  Les peupliers qui sont actuellement coupés sont trop vieux et deviennent fragiles A la moindre tempête-et des tempêtes , on n’en a pas manqué ces derniers temps -ils deviennent dangereux Effectivement , branches cassées et arbres décapités après chaque épisode venteux témoignent du risque  réel qu’ils représentent La coupe est inévitable , indispensable A la place des peupliers seront replantés des  » espèces à croissance lente  » jugées plus intéressantes sur le plan écologique ; chênes , érables , frênes, etc ..Reste qu’il faudra longtemps et pour cause , avant que l’aspect de ces futures plantations puisse rivaliser avec les frondaisons majestueuses qui sont actuellement mises à bas L’été prochain sera chiche d’ombrage , on peut en être certain Il faudra attendre au moins dix ans avant que les traces de la saignée s’estompent Dix ans , c’est long

« Mes petits enfants  me devront cet ombrage  »

Cette fois , c’est la Fontaine qui revient en mémoire Les peupliers abattus aujourd’hui , je les avais vus tout minces quand je suis arrivée dans la ville nouvelle , en 1980 Ils ont grandi et grossi sans que je m’en rende compte , tandis que la vie s’écoulait Après mes enfants , ce sont mes petits enfants qui rouleront sur des bicyclettes et des trottinettes au pied de ces arbres Les couper pour les remplacer par de jeunes baliveaux , c’est me rappeler que le temps passe irrémédiablement , et que je ne verrai probablement pas mettre à bas ceux que l’on va replanter Je  peux laisser la conclusion au poète ;  » Défendez-vous au sage de se donner des soins pour le plaisir d’autrui ? Cela même est un fruit que je goûte aujourd’hui « Leçon de sagesse mise en pratique par  LMCU !!

Sans titre

Habiter…

Parfois , la disparition des maisons prolonge celle des personnes et la nôtre à venir dans la mesure ou nous habitions ces lieux autant qu’ils nous habitaient

Nous regardons ces maisons et nous voyons des personnes , des images  , des souvenirs qui se lèvent comme des fantômes à l’intérieur de nous

Des habitudes s’étaient prises malgré nous, et c’est malgré nous que nous les éprouvons dés lors qu’elles ne peuvent plus nous entretenir

Fantômes encore ces habitudes que nous portions sans les entendre et qui ne font leur gémissements qu’au moment de nous quitter

Une mémoire …

En cette fin de  de juin , la Saint -Jean délivre ses feux et certains feux paraissent morts , comme s’ils n’avaient plus de force pour éclairer autre chose que leur disparition même

Je voudrais saluer la mémoire d’une maison qui , quoi qu’elle devienne , abandonnera ce qu’elle  avait vécu de vie et de passé et d’histoire avant mon histoire , comme si la mienne dans cette maison n’avait été qu’un temps dont je ne mesurais pas assez qu’il pourrait s’achever car c’est à croire que ce sont ces lieux qui nous abandonnent autant que nous les abandonnons

Peuplée de fantômes …

Et sans doute y a t-il quelque chose de nous qui passe vainement dans ces murs désormais silencieux , comme si nous devenions un fantôme de ce que nous étions , des murs qui n’auront plus d’odeurs puisque nous ne serons plus là pour les sentir , ni de lits humides et frais au creux de l’été puisque nous n’y dormirons plus, ni de ce présent élastique qui faisait qu’on y vivait tout simplement

Quand les êtres disparaissent , on les prolonge en soi, à travers des images ou des conversations que nous tenons avec nous-mêmes et qu’on leur prête, mais une maison , il n’y a a pas conversation possible , c’est comme si elle me séparait de moi-même, un peu comme si on l’avait dans la peau , avec tout l’impossible encombrement qu’on peut imaginer de faire tenir une maison à l’intérieur du corps , corps de la maison , corps de nous-mêmes -séparation de corps , feux brisés , débris , cendres..

Eberlué

Sur mon sein sucré , tu susurres des yeux et le bleu de ton iris éclaire la douce tétée D’oeillade furtive en sourire aux anges , tu joues de ta prunelle ballerine et je n’ai d’yeux que pour toi Tout prés des yeux , tout prés du coeur…

Tu ne vois guère plus loin que le bout de ton nez , et pourtant tous les éclats de la vie savent ravir ton regard naïf Petit éberlué , tu écarquilles , tu guettes sous tes cils qui palpitent les mille feux qui pourront nourrir ta vue affamée Tout est merveille pour le nouvel éveillé Le regard vide, avide des hommes préjuge le monde à travers un prisme vitreux Mais toi , tu n’as pas encore d’oeillères mensongères , ton oeil vierge et sensible colore un univers réinventé Sous tes paupières perlées de chimères , tu esquisses un avenir plein de rires

Doux rêveur, laisse-moi bercer ton regard fragile le temps qu’il se referme sur ton âme en sommeil

Ferrée

Ils ont mis leur terme à ta vie utérine , à ta retraite bien au chaud ; cinq jours hors  bornes , en situation irrégulière , cinq jours de trop Ils ont décidés de te débouter de ton droit d’asile en moi, d’enrayer ta toute première rébellion Ils ont statué , malgré nous, qu’il était l’heure de te reconduire de t’expulser à la frontière d’une nouvelle vie Et c’est alors qu’il ont enclenché leur dispositif qu’ils ont lancé leur machinerie médicale et impatiente Ils ont déclenché ce que la nature couvait avec sagesse Et se sont multipliées leurs intrusions intempestives en mon lieu inviolable La vie sur notre terre commence par un travail primordial , le travail déjà , le travail d’enfant ; un travail forcé , ferrée aux lois de leur mécanique , jusqu’à ce que vie s’en suive..

Drogués

Alors que je suis scotchée au radiateur , les yeux rivés sur le menu placardé au mur , l’ infirmière nourricière sort de son antre secret Elle avance religieusement et nous apporte quelques friandises médicinales sur un plateau Telle une meute de chiens boiteux aux abois , les patients fondent illico sur leur gamelle Tout haletant de sa course et remuant la queue baveuse

L’un folâtre et récalcitrant rechigne et fait la fine gueule ….Un aide-soignant le forcera à plonger sa truffe dans le petit verre et saura lui faire passer la pilule L’autre en a pris plein sa bouche et s’est goinfré de bonbons Sevrée pour un temps , la meute jappe et s’en va dîner…

Le calendrier fécond des « journées internationales  » célèbre aujourd’hui l’amitié Certains pensent à entretenir ce sentiment très « siècle dernier  » qui unit intimement deux êtres D’autres songent à créer une association en la mémoire d’un président de la République fraîchement vaincu Les nouveaux députés , enfin rêvent à un de ces  groupes d’amitié avec un pays lointain dont regorge l’Assemblée et qui offrent quelques voyages aux élus

Mais beaucoup dans le monde perçoivent l’amitié à travers Internet et plus particulièrement Facebook Le réseau social accueille un peu plus de 955 millions de profils La barre du milliard devrait être franchie an août Y aura-t-il bientôt plus d’humains sur Facebook qu’en Inde ou en Chine ?

Les utilisateurs sont reliés les uns aux autres par un même terme : ami Qu’ils soient collègues , parents , élèves-professeurs , vagues connaissances , brèves rencontres , partenaires de jeux ou même de vrais amis , un seul et même lien peut les unir : ami

Cette amitié à la sauce californienne devient alors cette chose étrange qui découle de la logique binaire de l’informatique J’aime ou non

Les photos de vacances d’un tel ami? J’aime ou non Les états d’âme de tel autre ? J’aime ou pas Les Beatles ? Scarlett Johansson? François Hollande ? Si toi aussi tu préfères le McDo au Quick »? Les bonbons au réglisse ? J’aime ou pas Et des petits pouces levés s’agrègent pour dessiner des identités et suggérer des affinités Les  nostalgiques du XX siècle regrettent peut-être ces relations dématérialisées , bien que  le réel et Internet sont souvent la continuité l’un de l’autre

Quoiqu’on en pense Facebook vient de démontrer que l’amitié qu’il propose reste cette valeur inestimable , inaliénable , inéchangeable Cette confirmation a été donnée la semaine passée par la bourse de New York  Le temple de l’argent , ou les seules valeurs sont d’échange et ou les obligations peuvent être revendues ne croient pas en Facebook Le titre a dégringolé une nouvelle fois vendredi L’action est passée de 38 dollars mi-mai à 23 aujourd’hui Le groupe américain perd de l’argent -157 millions de dollars La nouvelle bulle numérique à défaut d’exploser telle la précédente des années 2000 se dégonfle

La nonchalance du jeune milliardaire Mark Zuckerberg ou une stratégie inopérante expliquent l’échec financier du  » troisième pays du monde  » en termes démographiques Mais la difficulté monétisation de l’amitié , même sous son modèle né sur le camus de Harvard reste la raison principale Les utilisateurs de Facebook ne prêtent pas assez le flanc à la publicité Malgré les inlassables chercheurs de profits , il est encore possible de rester amis

« Tu planches sur la « frontière « ? Elles sont d’abord en nous  » me dit un ami , à nous de lever les barrières

Nous avons eu la chance de naître près d’une frontière pacifique et garante de diversités De côtoyer « l’autre Mais parler de « chance » à celui pour lequel la frontière est un mur infranchissable , un mur de honte , de désespoir , d’exclusion?

« Vous n’êtes pas française ? Votre patronyme…étranger ?  »

Et pourtant mes ancêtres n’ont jamais quitté leur terre C’est elle qui a quitté son appartenance Tout est relatif non ? Au Moyen Age , la frontière était aux portes du village Elle protégeait mais créait l’ignorance Ces ancêtres osèrent s’aventurer au loin Les courants d’idées ont fleuri Ils nous ont façonnés Nous leur devons ce que nous sommes

Front -alliée

Que dire des autres frontières crées par l’homme ? Barrières sociales de l’âge..La frontière entre le tu et le vous n’existe pas partout Le Nord de la Belgique , grâce aux racines du néerlandais a tendance à se tutoyer En France si elle marque un respect elle peut aussi créer des hiérarchies blessantes Jean-Jacques Rousseau conseilla le tutoiement en famille Le vouvoiement revint au XIX siècle Aujourd’hui le tutoiement se généralise chez les jeunes comme un ralliement une intimité qui gomme les frontières et fait de « l’autre » un ami Ils ont aboli ces frontières géographiques et de langage frontières de l’exclusion …Ils renouvellent notre regard A nous d’abolir celle de l’âge…Déjà assez désolant non? J’aime les choeurs unissant jeunes et ainés , sans cette frontière absurde et invalidante Ce sont de très jeunes musiciens Mozart , Chopin et les autres..qui ont réuni les peuples toutes générations confondues

La spiritualité , la culture , l’art transcendent les frontières religion signifie  » relier » En son nom,   existent des frontières de haine Mais des êtres exceptionnels ont aussi prôné la paix

Rêveuse

L’homme a besoin de territoire L’imaginaire n’a pas de frontières L’écrivain s’envole vers les frontières de lui-même , emmène ses lecteurs en voyage J’aime les signes , les ponts, pas les murs Les frontières ne devraient exister que pour mieux les enjamber Je repense à cet ami qui ajouta par boutade  » A nous de reconvertir les douaniers en forains … » Avec mes personnages , je jongle sur un fil Je me vois bien funambule dans ce cirque merveilleux…

 

Ahurissant

Toute fin de législature se termine logiquement par un bilan

S’agissant de celle qui vient de se terminer , mon constat est édifiant , consternant et inquiétant : 265 lois votées , soit une tous les 5 jours travaillés….! Loi de circonstances , loi bavardes , lois inutiles , lois bien souvent inappliquées et inapplicables , et bien souvent lois incompréhensibles A tel point que je peux me demander si l’expression normale d’un homme d’Etat en France n’est pas devenue tout simplement la loi

Combien de fois ai-je entendu…./ des députés , des ministres fiers d’avoir attaché leur nom à une loi !Et pourtant, , à y réfléchir de prés , légiférer n’est pas en soi très compliqué Il est certainement plus facile de faire ou de modifier une loi que de changer des habitudes , des comportements, des mentalités ! Mais le pire finalement c’est l’apathie des citoyens qui considèrent cet état de fait  comme une fatalité

 

Edifiant

Un président de la République est parti J’avoue que l’importance des rémunérations allouées aux anciens chefs d’Etat , leur appétence à renouer avec le monde des affaires m’indisposent tout autant que le montant des salaires de certains grands dirigeants

Je ne peux m’empêcher de penser à ces récits merveilleux de nos livres d’histoire sur la vie du consul romain Cincinnatus qui après avoir sauvé trois fois la République s’en retourna paisiblement labourer ses champs ou encore sur Charles Quint maître du monde qui se retira avant sa mort dans un monastère de Yuste dans les terres arides de l’Estrémadure

Mais , n’est pas Cincinnatus ou Charles Quint qui veut!

 

Optimiste

Les élections législatives viennent de s’achever C’est sans doute l’occasion de formuler des voeux

Contrairement à ce que je j’ entends souvent dire, je ne pense pas que les députés soient trop nombreux

Il y a certainement de la place pour les parlementaires qui entendent travailler , formuler des propositions , avoir des idées et des projets Mais, ces derniers seront-ils nombreux ?  » Gloire aux députés qui parlent , honte aux députés qui se taisent  » disait Clemenceau C’est tout le bien que je souhaite aux députés de cette législature

 

Un électeur ordinaire

Les valeurs

Tout au long de ces semaines d’élections un mot a recueilli tous les suffrages ; il était sur toutes les lèvres et de tous les meetings C’est le mot  » valeurs  » Il y a eu celles de la République , celles qui nous viennent de l’histoire , celles que nous avons reçues de nos parents (…) ou que nous avons forgées dans nos combats , celles qui dessinent le futur Il y a celles de la France , celles de l’Europe et celles de l’humanité ;celles de tous les citoyens ou d’une partie d’entre eux Ce flot de valeurs qui nous a submergés pendant quelques mois a t-il bien répondu à nos aspirations les plus légitimes

Le gâteau

Il a su , dés son enfance , qu’un gâteau se partage ; que la part de son frère ne sera pas la sienne

Etrangement le  » gâteau » des valeurs a subi le même phénomène Si un parti , un candidat affiche ce qu’il appelle ses valeurs alors elles ne peuvent plus appartenir à son adversaire  C e serait pour ce dernier de la compromission voire une forme de trahison Il a donc assisté à un curieux partage des valeurs entre partis , candidats militants Si tu es parvenu à t’approprier de haute lutte une part du gâteau  » valeurs  »  tu n’as plus le droit d’y goûter Elle est ton domaine réservé Ta part non partageable du gâteau républicain

La faillite des valeurs

Pour qu’une valeur revendiquée par l’un ne puisse exister chez son adversaire , il faut la dénaturer , l’accabler , lui donner un nom honteux La valeur de l’adversaire devient un vice A observer ce jeu de massacres , il a fini par se convaincre que les valeurs n’existaient plus Ce qu’il frônait comme fondamental était brocardé par son adversaire Ce qui aurait pu lui servir de ligne de conduite devenait la marque d’un déviationnisme honteux Ce en quoi il  avait foi était une leurre La vérité de l’un devenait mensonge dans la bouche de l’autre Il aurait pu y perdre ses références et se sentir perdu mais en regardant de plus près il a compris que ce sont eux qui trichent, ces bateleurs de l’image , du bon mot , du verbe assassin et du chiffre invérifiable Ils ont habillé leur combat avec des armures de papier peint et pour abuser leur monde Ils les ont appelées  » valeurs  » Le vrai débat politique sur les valeurs celui qui nous vient de Platon de Montesquieu ou, plus près de nous de Jaurés , de Maurras, ou du général de Gaulle reste à ouvrir

 

Les candidats aux élections législatives passent aujourd’hui leur concours d’entrée à l’Assemblée nationale Je me gardera en ce jour décisif de tout commentaire

Je préférerais  aider les candidats au baccalauréat qui passeront demain leur épreuve de philo , en leur proposant des sujets sur lesquels ils peuvent faire l’impasse puisque nés de l’esprit futile d’un journaliste et non de l’esprit sérieux d’un professeur de philosophie

« Qu’est-ce qu’être normal?  »

« Le peuple a t-il toujours raison?  »

« Les hommes politiques ont-ils une âme?  »

« Question subsidiaire Si la réponse à la question précédente est oui, peuvent-ils la perdre lors d’une élection ?  »

« De ces deux notions vitesse et précipitation laquelle selon vous gagnera sur Twitter ?  »

 » Pensez-vous que Nietzche aurait utiliser Twitter pour publier ses aphorismes?  »

« Tous les moyens sont -ils permis?  »

1″Pour éviter la défaite lors d’une élection :

2 Pour faire échouer son partenaire quand on a perdu soi-même »

La richesse excuse t-elle tout ?  »

« La pauvreté excuse t-elle tout ?  »

« Est-il plus vertueux d’être libéral quand on est vieux , pauvre et malade , ou d’être social -démocrate quand on est jeune , riche et en bonne santé ? »

Peut-on se faire passer pour un autre afin de faire éclater la vérité ? »

« L’honnêteté absolue est-elle souhaitable ? »

« L’honnêteté absolue est-elle possible?

« Peut-on affamer les peuples lointains pour que le sien continue de manger à sa faim et plus encore ?  »

« Des frontières nationales hermétiques empêchent -elles d’entrer ou de sortir?  »

 » Faut-il aider un peuple qui ne s’aide pas lui-même?  »

« Un peuple peut-il se reposer indéfiniment sur son passé glorieux qu’il soit inventeur de la démocratie et de la philosophie ou bien des Lumières et de la révolution?  »

« Peut-on trahir ses idéaux sans prétendre rester fidèle à ses valeur ?  »

« Une expression populaire dit que le ridicule ne tue pas Un enseignement de l’expérience montre que les mots peuvent tuer Si l’on accepte ces sentences un mot ridiculement vague comme celui de valeurs peut-il ou non tuer ?

« Montrer en quoi l’affichage ostentatoire de la réussite et sa dissimulation ostentatoire sont également insupportable à l’homme ordinaire  »

« Un journaliste parisien en déplacement exceptionnel dans une ville socialement sinistrée de province peut-il comprendre quelque chose à ce qu’il voit pour la première fois? Montrer la différence entre cette immersion fugace et l’engagement durable de Claude Lévi-Strauss auprès des peuples indigènes du Brésil  »

Vous avez  quatre heures

En quelques décennies les confessionnaux se sont vidés et les cabinets de psychothérapeutes multipliés On ne vient certes pas y chercher l’absolution mais on y travaille sur soi-même L’examen de conscience évolue vers l’introspection ; plus question de s’accuser mais d’analyser de comprendre le poids des héritages le choc des traumatismes l’enchaînement des événements L’analyse non seulement éclaire mais elle justifie et, dans certains cas elle excuse

Bricolages de conscience

Il est vrai qu’on ne sait plus très bien aujourd(hui ce qui est mal et ce qui est bien ; ce qui permis d’un côté ne l’est plus de l’autre Ce qui est dit ici se trouve contredit plus loin Ainsi dans le domaine des  moeurs , les lois ne tiennent plus le même langage ne désignant plus les mêmes interdits et ne sanctionnent plus de façon identique…A chacun de poser et et de déplacer ses régles de vie ses repères et ses limites …A chacun de faire au mieux avec lui-même quitte à se bricoler quelques commodités de conscience :  » Oui je sais bien mais quand même … » Parallélement se propage une intolérance grandissante à l’idée de culpabilité Le souci d’épanouissement personnel est tel qu’il se refuse aux états d’âme aux tourments et conflits intérieurs

Mais ou est donc le mal?  »

Aujourd’hui la pensée du mal se pose donc peu et quiconque voudrait la rappeler fait d’emblée figure de rabat-joie :  » Pourquoi en faire toute une histoire ?  » La seule morale qui tienne c’est de s’abstenir de toute morale au risque même de repousser les sens critique ; « Ne portons pas de jugement !  » Juger devient assimilable à préjuger à mal ou à mé-juger et dans l’extrême libéralisme ambiant éveille le soupçon d’intolèrance

Face à ces humeurs du temps il m’arrive de m’interroger très bas : jusqu’ou irons-nous dans cette tentation d’innocence ? Ou est le temps heureux des interdits stimulants ? Y aurait-il encore dans un monde ou tout est permis ou tout est possible quelques transgressions vivifiantes ?

L’autre samedi soir , nous nous présentions à l’entrée d’un gros hypermarché , mon ami Charles et moi animateur de l’Atelier de solidarité avec les Roms sis à Villeneuve-d’Ascq et quelques familles roms et enfants installées sur une friche de la ville Un repas est en vue quelques courses sont nécessaires Quel risque n’avons nous pas pris !Avant même d’entrer dans cet antre des félicités comestibles trois vigiles nous arrêtent Défense d’entrer à plus de deux familles Les Roms auraient disent-ils « les mains sales  » Ce qui traduit en langage hypermarché veut dire mains baladeuses ou frauduleuses Nous arguons que nous allons appeler la police pour dresser un constat en  » discrimination » Le chef du magasin arrive , tout sourire

Eh oui ce sont les ordres du très haut du divin marché Nous réitérons notre détermination et d’appeler en sus , l’avocat des Roms Le petit attroupement des badauds autour de nous la peur de la venue des pandores et de l’avocat fait entendre raison au représentant du très haut Aprés une légère filature dans l’hyper nous évoluons enfin libres mais moi sans entrain dans ce temple de la consommation moderne….

Pour François Hollande il y aura des promesses plus difficiles à tenir que d’autres Sur la revalorisation de l’allocation de rentrée scolaire , il semble qu’un décret puisse suffire Vers le retour à la retraite à  60 ans sous certaines conditions on est peut être sur la bonne voie Mais pour le blocage des loyers , on l’accuse déjà de s’être arrèté à mi-chemin et s’agissant d’un coup de pouce au SMIC je vois bien son embarras dés qu’on lui demande des chiffres…Pour autant François Hollande ne doit pas se sentir obligé d’en faire des tonnes sur certaines promesses déjà tenues Depuis le jour ou il s’ était annoncé en président « normal » on avait compris qu’il userait le sujet jusqu ‘ à la corde mais il est permis aujourd’hui de se demander si on ne frôle pas l’exagération C’est bien d’être normal Simple modeste sans ostentation Cela n’empéche pas d être un chef d’Etat à la mesure de la tâche On peut même afficher une sorte de gaucherie sympathique comme lorsqu’il suivait Barack Obama col ouvert et veste fermée quand le président américain était en bras de chemise au soleil de ses jardins

Après tout on a bien vu l’accordéon de Valéry Giscard d’Estaing ou Jacques Chirac en bermuda , chaussettes et chaussures de ville

C’est plutôt bien aussi d’avoir baissé le traitement du président et celui de ses ministres Puis d’avoir demandé à ces derniers de se tenir à l’abri du luxe affiché et de préférer le train à l’avion pour leurs déplacements quand c’est possible

Mais en ce domaine le zèle passe au-dessus de la gaucherie On approcherait même le ridicule si on n’y faisait attention

Laurent Fabius est une nouvelle fois le premier de la classe , ici On se souvient l’avoir vu  acheter sa baguette en charentaises à une autre époque , ou arrivant à l’Elysée à Solex Et les moqueries d’alors ne lui ont pas servi de leçon ; le voilà qui se rend maintenant à Berlin en vol low-cost et s’excuse devant les journalistes de ne pouvoir répondre à leurs questions comme l’avait fait son homologue allemand ; c’est que l’avion n’attend pas n’est ce pas …

A t-il compris qu’il s’expose ? Les mauvais esprits pourraient y voir une forme de promotion sociale et railler ; » Encore un effort et tu voyages comme un cadre moyen , Laurent ..

Non tout cela ne fait pas sérieux François Hollande lui-même a t-il raison de se rendre à Caen en voiture ? Et pourquoi pas en prenant le volant aussi? Quand on connait ses références …..on imagine difficilement François Mitterrand tendant son ticket à la dame du péage

Et puis autre promesse le nouveau président a également répété qu’il rendrait sa solennité à la fonction…

Il est amusant de voir comment une date prend du sens et entre dans l’histoire au point que l’on n’est plus obligé de donner l’année pour savoir de quoi l’on parle Le 10 mai 1981, il y a 31 ans François Mitterrand était élu président de la République avec , ironie de l’histoire sans doute , un score en pourcentage presque identique à celui obtenu   par François Hollande Certains , alors avaient évoqué l’arrivée prochaine des chars de l’URSS à Paris …on a tellement attendu que finalement c’est l’URSS qui s’est dissoute !

 

 

Un spectacle

De tuile à la Bastille , les télévisions , sans cesse plus nombreuses et plus intrusives ont contribué à faire entrer l’élection dans l’histoire En  » m’amusant » à comparer les campagnes via le site Internet de l’INA , j’ai pu mesurer combien le développement des médias et leur  diversification ( Facebook , Twitter…) avaient profondément transformé les manières de faire des candidats Ceux-ci sont de plus en plus manifestement des acteurs qui jouent une partition tantôt assumée , tantôt subie , les  » coups » et les « échanges » de coups  » sont permanents au risque de lasser le spectateur-citoyen La scène politique est finalement un spectacle en soi dans lequel la distance avec les citoyens est largement abaissée , voire niée  Pas sûr que la Politique ( avec un grand P ) en sorte grandie et renforcée

L’explosion médiatique a au moins eu la vertu de nous faire redécouvrir les médias belges et suisses et de constater qu’il était tout à fait possible de faire oeuvre d’information sans tomber dans la pièce du café du commerce

Une incertitude

On se souvient finalement plus volontiers de ce qui est mis en scène et donné à voir , volontairement ou non , que de ce qui se « joue » réellement Le moment magique de l’annonce à 20 h est désormais dépassé par l’accés aux médias étrangers qui  » tue » le suspense La mise en exergue de la photo de l’élu ne surprend plus grand monde et sonne comme la fin d’un cycle politico-médiatique Pourtant elle symbolise aussi le début d’une période largement incertaine ; on sait ce qui se termine on peine à voir ce qui va se dessiner C’est heureux car ainsi l’histoire ne se répète pas trop , c’est aussi sans doute un peu crispant car la période est tellement difficile et incertaine pour de nombreux Français que l’on aimerait justement savoir un peu plus ce qui nous attend

 

Voici donc un tract aux couleurs blanche et verte de l’Algérie , frappé d’une photo soigneusement choisi de Jean-Luc Mélenchon et sans doute retouchée de manière à paraître inconsciemment inquiète

Il attire l’oeil , c’est sûr D’autant qu’une citation en gros caractères du candidat du Front de gauche est imprimée en évidence : » Il n’y a pas d’avenir en France sans les arabes et les  Berbères du Maghreb  »

Pour couronner le tout, une mention figure au bas de cet incomparable document ;  » Votons Mélenchon  » ! Suivi d’une phrase écrite en arabe et censée dire la même chose, sauf qu’elle est imprimée ..à l’envers

Je ne saurais dire pourquoi mais j’aurais trouvé toute seule , comme une grande l’origine d’une initiative aussi fine Les militants du Front de gauche eux, ont pris les fautifs en flagrant délit de distribution de ce faux grossier à deux pas d’Hénin – Beaumont ; comme on l’aurait deviné , ce sont des proches du Front national « Des proches  » a reconnu Bruno Bilde le directeur de campagne de Marine le Pen comme pour souligner que ce n’était pas le FN directement ..avant de se  » féliciter  » de tant de subtilité

Quand à Steeve Briois , suppléant de la candidate , il s’est également fendu d’un de ces communiqués qu’il conclut régulièrement en parlant de lui à la troisième personne ; » Steeve Briois se félicite de la diffusion massive de ce document »

Il n’y a pourtant pas de quoi être fier Ce  que Jean-Luc Mélenchon a estimé illico…à sa manière , également toute en délicatesse  » Les communistes ont réussi à coincer trois fripouilles qui distribuaient anonymement les crétins , en plein jour un tract avec ma photo »

Et c’est lui qui dépose plainte Pas pour injure ou diffamation non mais pour des faits d’infraction au code pénal qu’il espère assimilables à de la fausse propagande  Du coup il n’y  va toujours pas par quatre chemins : » Cela peut coûter l’inéligibilité à Madame le Pen dans tous ses mandats »

Ca c’est la justice qui le dira mais il va peut être un peu vite M , Mélenchon  J’avais la vague impression  que la bataille  d’Hénin – Beaumont ne se déroulerait pas d’un bout à l’autre dans la plus parfaite courtoisie Je ne m’était pas trompé

Certes la lutte pour les idées , les enjeux sociaux et humains entraînent presque à coup sûr une forme de rudesse qui va de pair avec les convictions Je peux comprendre les éclats de voix , les emballements Mais on est ici dans le domaine des coups bas Des malhonnêtetés Et je n’arrive décidément pas à m’habituer

Je lis sur la Toile que  » sleon une édtue de l’Uvinertisé de Cmabrigde , l’odrre des Ltteers dans un  mtos n’a pas d’ipmrotncae La suele coshe ipmrotnate est que la pmeirère et la drenèire soient à la bnnoe pclae Le rsete peut êrte dans un dséorde ttoal…C’est prace que le creaveu hmauin ne lit pas chuage ltetre ell-mmêe , mias le mot comme un tuot  » Alors à quoi sert l’orthographe? Me revient en mémoire l’un de mes premiers Regards inspiré par le panneau du pont de la N 41 à l’endroit ou elle rejoint l’A25  Il indique la direction du centre  » commercial » avec trois m , sans que cela ne pose problème Endommagé par un poids lourd , le pont a été reconstruit , mais le panneau a survécu tel quel, pas même corrigé par  » cetrne comeccimral  » Faute d’orthographe ou de moyens ?

Compter

A deux pas  de Lille dans une école d’ingénieur ..J’écoute de jeunes étudiants chinois , indiens et sud-américains raconter leur arrivée en France Ils évoquent leurs premières difficultés à communiquer , ne parlant à l’époque que quelques mots de français Comment survivre dans un pays dont on ne connait pas la langue ? Quels premiers mots connaitre? Force est de constater qu’il s’agit plutôt de chiffres ! En effet , pour subvenir à ses besoins , il faut d’abord savoir compter et tout particulièrement dans la monnaie  Cela est vrai, même dans son propre pays ! On souligne souvent les méfaits de l’illettrisme mais on oublie l’innumérisme Tout le monde n’a pas la bosse des maths c’est sûr Aussi combien s’enlisent dans d’incroyables difficultés parce qu’ils ne savent pas….ou tout simplement n’aiment pas compter ?

Conjuguer

Pour la énième fois , il corrige son nom en y ajoutant le deuxième i celui dont il conçois qu’il ne sert à rien Il paraît que les noms propres n’ont pas d’orthographe Soit, mais cela ne veut pas dire qu’on peut les écrire n’importe comment !

Aussi , comme il est déplaisant de voir son patronyme écorché il faut que je trouve un moyen afin qu’il cesse de le faire souffrir en l’ amputant de cette petite voyelle à laquelle je me suis attaché Enfin , j’y suis Il suffisait d’y penser Prenez le verbe du premier groupe synonyme de figer, geler, coaguler , présurer ou grumeler, Vous y êtes ?   Conjuguez-le à la deuxième personne du pluriel de l’imparfait de l’indicatif ou du présent du subjonctif …C’ ‘est comme vous préférez ! ! Voilà , vous avez  réussi? C e n’était pas si compliqué Il suffisait pour cela de conjuguer vos efforts

Do you speak franglais? Please , ne me dites pas non, toutes nos conversations étant truffées d’anglicisme Vous doutez? Think about it… Notre job n’est-il pas rythmé par les termes coaching , rétroplanning , brainstorming, débriefing, feed-back , conference call, challenge, dead line , management , co-branding et autres to-do-list? Idem pour notre vie quotidienne avec les envahissants zappings , lowcost, prime time, private joke , relooking , cocooning , fooding , casting, people, it bag , blog , bug, break; chat, hype …

Certaines expressions franglish tombent dans l’oubli avec dans le best of du has been: cool , drink, kid, smart, too much et buzz A zapper d’urgence donc, Mais des petits nouveaux débarquent régulièrement provoquant chaque fois des nervous break down parmi les membres de l’Académie française , gardiens du temple de notre jolie langue Celui qui m’ agace le plus en ce moment ? Le mot djeust (juste prononcé à l’anglaise) « J’ai eu mon train pour Londres , mais c’était djeust » Une seule quiche pour dix , ça va faire djeust … » Nombreux sont les animateurs radio et télé qui raffolent de ce néologisme Le prix à payer pour faire djeuns ? Pas sûr By the way comment dit-on ringard en anglais ?

Provocateur

Qu’hoax c’est? Il arrive dans votre messagerie électronique avec casseroles , trompettes et tous autres décors et costumes pour attirer votre attention

Ah ! C’est quoi ? fait-on surpris

Généralement l’hoax vous est envoyé par quelqu’un qui vous connaît , quelqu’un que vous connaîssait quelqu’un qui vous a dans son carnet d’adresses Votre vigilance est émoussée Clic …message ouvert

Dés les premières lignes vous en prenez plein la figure ,vous êtes agressé , heurté , choqué L’émotion vous déborde , la vigilance disparaît

Mais …ils ont raison

Et vous déroulez votre colère ou votre peur au fil de la lecture vous associant au message

Parmi les plus récents , l’annonce de la fin du monde pour le 21 décembre 2012… les Mayas ont arrêté leur calendrier à cette date

Manipulateur

Que fait l’hoax? Il vous manipule parce que vous avez baissé la garde de votre vigilance parce que ces informations ne vous permettent pas de faire la part du vrai et du faux , du possible et de l’impossible Dans cet état de fragilité intellectuelle -car même les plus forts peuvent s’y laisser prendre -, vous tolèrez , vous accepter et vous transmettez le message à une partie de vos relations , celles qui sont dans votre propre carnet d’adresses électroniques Quelques clics plus tard la  » gangrène du thoax  » s’estencore répandue

La manipulation devient pyramidale , un l’envoie à 5 , qui le relaient chacun  vers 5 autres = 125 etc

L’hoax n’est pas une rumeur c’est une manipulation en chaîne de la désinformation parfois une arnaque Le bon résultat selon le manipulateur qui l’écrit c’est quand le message vous revient… mais combien de dominos sont tombés dans l’intervalle

Crédule

Passez dans la salle de bains , ou dans l’entrée , placez-vous devant le miroir et rigolez un bon coup fichez vous de celui que vous voyez là en raison de sa crédulité Pour dresser une première protection quand vous recevez ce qui semble un nouvel thoax consultez le site http://www.hoaxbuster.com Vous aurez la fierté de casser la provocation et la manipulation auprès de vos relations Nous serons dans un monde de moins grande crédulité

Force est de constater que la TNT, révolution télévisuelle annoncée me fait l’effet d’un pétard mouillé Il a d’abord fallu s’équiper d’un décodeur spécifique et indispensable pour pouvoir continuer à regarder par la petite lucarne Pour légitimer la dépense , une ribambelle de chaînes et une qualité d’image supérieure nous ont été promises Jusque ‘là , les promesses sont tenues, la résolution est  » haute définition » et une vingtaine de canaux se taillent des parts de marché dans le gâteau préparé avec amour par la fameuse ménagère de moins de 50 ans

Mais quid des programmes qu’ils proposent ? Un amas de voyeurisme , de curiosité malsaine et de starification indécente Si la télévision est le reflet de notre société , alors nous , Français moyens avons quelques questions à nous poser

Par procuration

La TNT se résume en deux types de programmes Il  y a d’abord les rediffusions en tous genres ; dessins animés des années quatre vingt -dix , des films vus et revus , des séries diffusées dans le désordre et en boucle , plusieurs fois dans la même semaine

Ensuite la majorité du temps d’antenne est tenue par la télé-réalité , là aussi tous azimuts On recherche le nouveau Claude François , on envoie des Chti’s faire du ski en Autriche , on suit le régime d’un jeune homme obèse en quête de l’amour , on apprend à survivre en Amazonie ou en Sibérie , on assiste au défilé en bikini d’une gamine de 9 ans , maquillée comme une voiture volée qui rêve d’être élue « mini miss » pour que sa mère puisse vivre son rêve par procuration

On a même recyclé des candidats recalés aux multiples télé-crochets pour leur donnes une autre chance

Par surprise

Les chaînes anciennement dites hertziennes ne sont pas en reste , mais l’orientation est plus subtile Elles suivent la tendance La mode est à la cuisine , alors multiplions les épreuves culinaires télévisées jugées par des chefs étoilés

Mieux encore invitons-nous à dîner , et au détour de la salle de bain, critiquons notre blanquette trop cuite et notre sangria bien trop alcoolisée Pourtant au hasard d’une nuit d’insomnie la téléphage  que je suis eut bien des surprises en découvrant coup sur coup un reportage sur la musique à Cuba un documentaire sur Stanley Kubrick Si l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt , je me demande maintenant si la culture est réservée à ceux qui se couchent tard ?

Marcel

J’ai retrouvé Marcel Par hasard et dans un café Notre première rencontre remonte à l’époque ou l’on construisait un tramway par ici Un temps d’espoir pour lui, et surtout pour tous les jeunes qui manquaient de travail et qui allaient  sans doute en trouver en traçant les voies futures , en fabriquant les machines Lui était déjà à la retraite même s’il avait gardé l’habitude de se promener vêtu de sa veste ancienne de travail avec le nom de l’usine marqué sur la poitrine Il alignait déjà une sentence populaire toutes les deux phrases commentant le monde à sa façon : » Celui à qui ça arrive , il l’a pour lui  »  » En un rien de temps il n’y aura  rien de fait et ça va aller vite » et d’autres vérités dites dans un sourire d’espoir Mais aujourd’hui Marcel ne sourit plus Le tramway passe et des jeunes des moins jeunes se baladent les bras ballants Marcel me quitte en me disant que  » morceau avalé n’a plus de goût »

Alberto

Avec Alberto , le café c’est parfois chez lui, parfois c’est moi Alberto , dans ses dimanches fériés  et congés sent le bois Celui qu’il sculpte pour en extraire des visages , des oiseaux du fond des âges , des vivants fantastiques Le reste de la semaine , il sent davantage le PVC Pour manger , il pose des portes et des fenêtres Aujourd’hui Alberto a le café amer Il sait , lui, la joie profonde du geste juste et beau , du travail qui donne de la fierté  , du travail qu’on a envie de montrer Il sait , lui, le temps qu’il faut , le temps incontournable de la belle ouvrage , un temps à prendre qui n’a rien  à voir avec la flânerie ou la paresse

Alberto a le café amer parce qu’on lui a dit d’aller plus vite et d’oublier les imperfections Alors il part le matin , façonner dans le plastique sa colère et sa tristesse rentrées

Paul

Il a vingts ans Il n’aimait pas l’école parce qu’il n’en comprenait pas le sens et les contraintes Il a appris alors la taille de pierre

Le CAP , Il s’est pris au jeu et avec son salaire d’apprenti tout gamin , il a vécu seul dans le milieu de la France pour apprendre davantage Après la sculpture il s’initie maintenant à la calligraphie sur des pierres normandes Il vit de peu et souhaiterait faire l’ancestral tour des Compagnons eC serait bien , un monde ou ils auraient lui et ses copains le temps d’aller au bout d’eux mêmes

 

Que c’est bon quand ça s’arrête ! Je peux le dire de tout …ou presque : quand la télé s’éteint , le marteau-piqueur cesse, l’apprenti pianiste du second finit sa leçon , le mot fin apparaît sur la dernière image d’un film de science-fiction , la machine à laver a terminé l’essorage Outre ces récurrences , on peut avoir de bonne surprises Tous les cinq ans , je me réveille un lundi matin de mai , lendemain du second tour de l’élection présidentielle avec la satisfaction quel que soit l’élu de ne plus les entendre  » Les » ? Ceux qui font des sondages leur pain quotidien , les bras droits très gauches des candidats , ceux qui savent, ceux qui croient savoir et qui parlent tous en même temps Un bonheur n’arrivant jamais seul , le printemps 2012 se double d’un autre plaisir l’ultime saison de Desperate Housewives Au bout de huit ans de Brushing , de cookies faits maison et de simagrées Bree , Lynette, Susan et Gaby vont disparaitre Enfin ! Je sais , vous n’êtes pas d’accord avec moi, et Wisteria Lane a séduit beaucoup d’entre vous

A chacun son sale goût et le mien est désespéré

Jouteuse de mots

Inconfortable

Etre dans l’ entre-deux Entre deux mers Entre deux portes Entre deux eaux Entre deux trains Entre deux types Entre deux tours Etre entre deux Comme un équilibre précaire Ni tout à fait fait blanc Ni tout à fait noir Un peu bâtard Ni tout à fait  convaincu , ni tout à fait convaincant Ni perdu ni perdant (forcément! ) Lâché par la force de l’instant dans une sorte de no-man’s-land empli de chausse-trappes , de pièges et de faux-semblants Et puis aussi  » faire » ça entre deux Distraitement Presque sans conviction Petite corvée accomplie vite fait Presque en douce L’entre-deux Un peu louche Regard torve On ne sait jamais Et si l’autre…L’autre ? Qui l’autre ? Ni jour ni nuit Le crépuscule des Dieux Entre deux Comme un coup de blanc Un bout de fromage Un bout de comptoir Conversation de bistrot Politique à deux sous Justement , c’est de  cela qu’il s’agit …d’argent de gros sous , même combat Un sou c’est un sou Pas vrai?

Solitaire

Prendre une feuille de papier Y écrire un message Une pensée Quelques mots Bref se signaler D’une façon ou d’une autre Avec des mots Avec des signes Peu importe Juste dire qu’on existe Qu’on est vivant Qu’on veut casser la solitude Qu’on a besoin des autres Besoin d’un signe D’une réponse D’un autre vivant Crier  » Au secours  » ? Ah oui peut-être ça aussi Bon ! Prendre une feuille de papier blanc Si , si prendre du papier blanc , c’est mieux Faire tout ça Puis rouler le papier Plier la feuille L’enfoncer là Dans le goulot Dans la bouteille Et partir à la mer S’enfuir jusque là-bas Et là, face à la mer d’un geste large , d’un geste grand ébloui et confiant tweeter la bouteille à la mer Et attendre …Attendre avec l’espoir au ventre ….de quitter l’entre deux

Démocratique

De regard en regard je parle parfois de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi Elle a refusé d’assister à sa première session du Parlement en raison du serment qu’elle devait prêter Ne pas être , sans doute dans un entre-deux de compromission Tout se mêle tout à coup Mes bouteilles à la mer, ces urnes à papiers ces solitudes additionnées dans l’isoloir , des cris dérisoires , forcément vains, des batailles et des pleurs Tout s’agite , la parole est brutale

Las-bas , pas si loin , quelque part en Syrie , se poursuit la tuerie , la boucherie Démocratie…

Silence on vote…

Depuis ce matin, plus rien Sur les ondes et sur les téléviseurs , motus et bouches cousues Sur les marchés , fini les tractages La présidentielle quitte la place publique Les candidats sont mêmes priés de se taire sur Internet Car l’élection a ses rituels , qui détachent peu à peu le citoyen du peuple pour l’entraîner , seul, dans l’isoloir , et l’intégrer de nouveau , après dépouillement , dans ce même peuple , désormais incarné Et oui c’est ainsi que la démocratie française s’idéalise depuis la fin du XIXe siècle

L’image est belle Mais elle jaunit à vue d’oeil Elle date d’une époque ou l’actualité n’était pas produite en élevage intensif Ou les éditions de JT se comptaient chaque jour sur les doigts d’une main Ou les canaux d’information connaissaient les frontières hexagonales La technologie rattrape des règles de plus en plus faciles à contourner Celle-ci doivent s’adapter Jusqu’en 2002 aucun sondage ne pouvait être publié dans la semaine précédant le vote Ce délai a été ramené à la veille au matin

Ce samedi reste un jour sacralisé Chacun est censé avoir les cartes en main Les débats, les interviews et autres meetings ont dû permettre de se forger une idée Il reste , dans le cas contraire les professions de foi reçues par la Poste Elles peuvent être dépouillées , comparées, débattues à l’heure du café Ce changement de rythme est essentiel dans la formation du vote Le nombre d’indécis reste élevé Ils représentaient un tiers des électeurs en fin de semaine Pas loin d’un votant sur cinq fixe son choix dans le secret de l’isoloir , là ou le conjoint , le parent , le coreligionnaire , le voisin l’IFOP ne le voient pas

Bien sûr le développement d’Internet et des réseaux sociaux changent la donne

L’agora devient mondiale et le moindre bourdonnement pris dans cette caisse de raisonnement peut devenir assourdissant , le moindre chuchotement peut devenir un cri Cette année, la polémique ne concerne pas l’avant-vote mais la divulgation de premières estimations avant 20 heures Avec la même question sous-jacente : faut-il respecter chacune des 44 ,3 millions de démarches individuelles? Ou rogner sur la vieille mythologie du citoyen dans l’isoloir puis fondu dans le peuple grâce à son bulletin ?

La démocratie doit aussi se jouer à contretemps Entre le 20 mars et le 8 avril les médias audiovisuels ont diffusé 260 heures de paroles de candidats Avant le premier tour ce sont 375 sondages qui ont été publiés Hier encore quatre études livraient des chiffres différents D ‘ici au 4 mai au soir vingt-cinq autres publications sont attendues En comparaison la température de l’opinion n’avait été prise que 296 fois en 2007 et 193 fois il y a dix ans Face à cette inflation une trêve est nécessaire Quelques heures Pour voter à tête reposée Avant de rebrancher le haut débit demain à 20 heures……/

La campagne présidentielle rôde inlassablement autour de nos pires angoisses ou prétendues telles : le chômage , la zone euro , le spectre de la Grèce , la dette, la réduction des déficits publics , l’austérité de rigueur , le monde de la finance , l’immigration , le communautarisme , le Mohamed Merah …Brrr ! L’électeur en cauchemarde et ira voter la peur au ventre , le bulletin tremblant

Et voilà que débarque , mercredi soir dans l’émission de France 2 Des paroles et des actes , un OVNI       politique post -68 un utopiste pur jus qui rêve encore de coordonner la révolution à partir des usines et des quartiers Philippe Poutou Un spécimen qui refuse le terme de  » charges patronales  » pour lui substituer  » cotisations sociales  » sous les yeux ébahis du journaliste économique de haut vol La perspective est changée Quand il parle de SMIC européen et d’égalité des droits sociaux ? Je ne souris plus , je me  prend à réfléchir ..

Le candidat de NPA , 1% dans les sondages , a réveillé pendant 16 ’34  » la campagne avec naturel et humour un franc-parler coloré dans la grisaille Il a offert une respiration pendant qu’il s’exprimait en apnée avec le débit d’un orgue de Staline Que le réparateur de machines -outils de l’usine Ford à Blanquefort au nord de Bordeaux que je n’ai pas pu voir dans la région ( Olivier Besancenot sera lundi à Lille ) en soit remercié

Bon , je dois vous avouer que je n’imagine guère Philippe Poutou président de la République Et ça tombe bien car lui non plus. Le matin quand il se réveille il avoue se dire  » Ah  m… je suis candidat ! » Il ajoute avec un aplomb qui fait sourire de nos Jeanne -d’Arc cavalant vers l’Elysée , le glaive brandi et le cheval fumant ; » Je n’ai pas entendu des voix  » D’ailleurs le bébé présidentiel lui a été refourgué par Olivier Besancenot ex-candidat révolté :  » Va-y fais le  tu va ,t’ennuyer C’est ton tour

Il retournera au boulot le mercredi 2 mai le jour du débat du second tour

Il redeviendra un révolté normal avec lequel il me plairait à débattre autour d’un verre Il retrouvera le sens du combat syndical et collectif : » La difficulté c’est que là , je suis tout seul J’ai pas mes potes Et moi , je suis habitué à faire partie d’un groupe On est ensemble On investit une salle de réunion du patron en groupe On séquestre  en groupe On fait grève en troupe  »

Le comique décalé trotskiste est un concept assez étrange mais je vous conseille tout de même l’improbable clip de campagne de Philippe Poutou Dans un  pastiche de « Questions pour un champion  » deux candidats tentent de trouver le nom du candidat de NPA  » Il travaille dans l’automobile … » Schumacher ? J ‘ai bien  le droit de respirer non ?

« Militer  » signifiait à l’origine faire la guerre (même racine que militaire ) Le  » parti » était un détachement de soldats et le  » partisan » un combattant volontaire

Et nous voici en « campagne  » ! Droite , gauche Droite Gauche ….

Chers militants de tous bords , pourriez-vous s’il vous plait oublier vos envies d’en découdre et évoquer votre conception de l’avenir , plutôt que de passer votre temps à dénoncer les insuffisances des adversaires de votre candidat(e) ? Pourriez -vous nous faire la démonstration de votre capacité à faire progresser la société , à la rendre meilleure , plus juste, plutôt que de vous livrer à des jeux stériles qui finissent par lasser , même les citoyens les plus ouverts à la chose politique ? La victoire par dénigrement ne fera toujours que des électeurs aigris car au lieu de voter pour un  projet , ils votent contre une personne

Insatiable

Le chiffre m’est apparu terrible : huit millions et demi de français vivent sous le seuil de pauvreté …soit près de 15 %  de notre population Et la jeune génération même diplômée , peine de plus en plus à trouver un emploi stable condition pourtant indispensable pour bâtir des projets …et faire tourner l’économie Triste victoires pour une société prétendument moderne D’autant qu’au même moment , paraissent des informations relatives à des augmentations immodérées de salaires de dirigeants (jusqu’à + 33% en 2011 ) tandis que Porsche , Aston Martin , Jaguar, Maserati et autres Ferrari envahissent nos rues L’écart se creuse. La classe moyenne se paupérise Reste à déterminer si nous sommes entrés dans une phase de sous-développement durable ou si nous sommes tout simplement en train de traverser un passage avide ?

Cynique

Chacun a encore à l’esprit la réplique de Marie -Antoinette quand on lui rapportait que le peuple mourait de faim  » S’il n’a pas de pain , qu’il mange de la brioche  »

J’ai entendu récemment quelqu’un déclarer : » Si l’essence est trop chère que les gens aillent à pieds ou à vélo Ca fera moins de bouchons ! » Voilà bien un propos que ce cher Talleyrand n’aurait pas renié lui pour qui   » la société est partagée en deux classes les tondeurs et les tondus »   » Cela étant l’arroseur mourut arrosé Lorsque Louis-Philippe vint lui rendre visite alors qu’il était mourant Talleyrand lui dit en gémissant : » Sire , je souffre comme un damné  »  » Déjà ! lui aurait aussitôt répondu le roi

Le retour de flamme…

Il porte un  prénom de baby-boomeur Il puise dans la rhétorique des années soixante-dix  la décennie militante , celle de sa jeunesse  Les années quatre -vingt et quatre -vingt dix l’auront vu s’apaiser au creux de la République , au Sénat et dans l’exercice d’un pouvoir bien tempéré La soixantaine venue, Jean-Luc Mélenchon connaît un retour de flamme , démon de midi de la politique

Se reconnaissent en lui ceux de sa génération Ils sont cadres moyens, , enseignants , fonctionnaires Ils  ont toujours cru en l’Etat , en sa providentielle protection , en sa toute puissance législative et réglementaire , en son génie industriel L’ont , toujours perçu comme l’ arbitre suprême , le début et la fin de la politique N’ont d’autres religions que celle de l’Etat

Se reconnaissent en lui des jeunes qui n’osaient même plus espérer Ils veulent retrouver dans ce tribun cravaté de rouge un peu l’image romantique du révolutionnaire On leur répète qu’ils sont la génération de la crise qu’ils vivront moins bien que leurs parents Ils ne savent pas quand ils entreront dans le monde du travail, ni dans quel état ils en sortiront Ils ne veulent pas , en plus être privés de rêve politique

Se reconnaissent en lui des ouvriers et des employés se percevant comme les damnés de la terre à l’heure de la mondialisation Ces gens de gauche retrouvent avec lui des accents que le socialisme de gouvernement avait perdus à force de parler la langue du pouvoir Ils n’ont rien de commun avec le populisme de Marine Le Pen et sa phobie des immigrés ; mais ils ont besoin d’un discours fort , même s’il doit être simplifié  Jean -Luc Mélenchon c’est le retour des  seventies ,Il en appelle à une insurrection civique qui fasse tomber les vieux murs et remeuble la maison Les obstacles seront surmontés parce que rien ne résiste à la volonté du peuple souverain ni la réalité économique , ni le monde tel qu’il est , ni la société telle qu’elle va Ceux qui n’adhèrent pas à ce dessein collectif ne risqueront rien Mais ils auront le droit de partir

Le candidat du Front de gauche se situe quelque part entre Georges Marchais et Jean Jaurés Enfant de la télé pétri d’histoire Il a plus de culture que Marchais mais moins que Jaurès moins de culot que Marchais mais plus que Jaurés il rêve mieux que Marchais mais moins  bien que Jaurés

Quand il était à moins de 5 % dans les sondages et qu’il fallait tirer au canon pour se faire entendre le leader du Front de gauche se déclarait le candidat du bruit et de la fureur Ce » bruit et cette fureur  » qu’on doit à Shakespeare « La vie (…) C’est un récit plein de bruit , de fureur , qu’un idiot raconte et qui n’a pas de sens

Etonnante référence à l’absurde de la part d’un homme qui veut croire au sens de l’histoire….

Plus de  vingt mille personnes à Lille pour écouter le candidat du Front de gauche !Après le rassemblement géant de la Bastille le 18 mars , c’est une nouvelle preuve qu’il y a bien un phénomène Mélenchon dans cette campagne

Comme l’a proclamé le candidat de la gauche radicale  » la rivière est sortie de son lit »  Et du côté de François Hollande on se demande bien comment stopper la montée des eaux et ramener la rivière sagement dans son lit , dés lors , que manifestement , les appels au « vote utile » n’ont pour l’instant pas d’effet dans les intentions exprimés….Officiellement  » le bruit et la fureur » qui montent sur sa gauche n’inquiètent pas plus que cela le candidat Hollande , qui maintient son cap et sa stratégie Son projet a une « cohérence  » affirme t-on au siège de sa campagne et François Hollande n’a pas à  » l’adapter » en fonction des sondages d’autres candidats

Il est vrai que le dernier amendement ajouté au projet annoncé au Bourget -la taxation à 75% des hauts revenus -n’a pas eu l’effet escompté sur cet électorat de plus en plus séduit par Jean-Luc Mélenchon

Pour le parti communiste habitué à des scores de plus en plus étiques à la présidentielle , la candidature Mélenchon est une divine surprise Pour Pierre Laurent les foules déplacées par Mélenchon traduisent « une attente énorme dans tout le pays qui traverse tous les électorats de gauche » Et les dirigeants socialistes doivent « entendre ce qui est en train de se passer autour du Front de gauche

Certes , la rivière Mélenchon a grossi en asséchant les ruisseaux de l’extrême gauche et en pompant dans le réservoir écologiste avec l’enthousiasme des nouveaux convertis à la ‘règle verte  »  Pour celui qui reconnaît venir de la gauche « béton électricité  » ce virage écolo n’était pas inscrit naturellement dans le CV ! Mais dés lors que le Front de gauche est en train de remplacer Europe Ecologie Les verts dans la position du faiseur de président socialiste François Hollande peut-il se contenter de marteler l’argument du vote utile ? Aujourd’hui des voix discordantes s’élèvent au PS sur la bonne attitude à adopter à l’égard du Front de gauche Pour certains, il est temps de répondre au bruit et à la fureur par le discours de la raison et de rappeler aux électeurs de gauche qu’il y a le souhaitable et le possible D’autres comme Maie -Noëlle Lienemann attendent au contraire de François Hollande des « gestes » en direction du Front de gauche Sur un point au moins François Hollande s’inspire de la prise de la Bastille  par Jean-Luc Mélenchon Il a prévu le dimanche 15 avril un grand rassemblement populaire en plein air sur l’esplanade du château de Vincennes Histoire de montrer que lui aussi peut déplacer les foules et faire déborder les rivières , mais sans orages ….!!

Les riches font vendre Des livres, des magazines , des films, ils intriguent  et ils agacent Et  même ils choquent Plus la crise s’installe et moins on comprend comment ils peuvent encore s’enrichir quand tout semble s’appauvrir autour d’eux

A en croire les sondages François Hollande a visé juste en proposant de taxer à 75 % les revenus annuels supérieurs à  1 million Economiste et fiscaliste averti , il sait que cette mesure ne rapportera que des poussières (250 millions ) au regard du déficit du budget de l’Etat prévu en 2012 (85 milliards ) et devant l’abîme de la dette publique française (1 700 milliards )

Mais la mesure est politique et son annonce tactique Il fallait envoyer un message complice aux Français du centre droit jusqu’à l’extrême gauche et il fallait renvoyer Nicolas Sarkozy qui se veut aujourd’hui le candidat du peuple , à cette image d’ami des riches qui lui colle  aux basques depuis le Fouquet’s et le yacht

Au delà du coup électoral , la mesure évoque le rôle des riches dans la socièté et le regard sur eux de l’opinion

Années quatre-vingt La financiarisation de l’économie s’affirme Le monde s’enrichit en s’endettant Des bulles se créent sans qu’on le sache Il est assez bon ton alors d’être riche et m^me nouveau riche -Bernard Tapie en fait son fond de commerce Quand la société s’enrichit les riches deviennent pour certains des modèles

Trente ans plus tard , l’opinion craint pour son emploi et son pouvoir d’achat Elle sait que la dette est une bombe à retardement Elle n ‘aperçoit   pas la croissance qui pourrait permettre de résorber les déficits Elle sent venir la décennie de l’austérité des efforts et des sacrifices Et on lui dit que les  très richesse sont considérablement enrichis depuis vintg ans

L’étalage des signes extérieurs de richesse l’annonce des revenus annuels des grands patrons des artistes ou des sportifs la montée sans fin du prix de l’ immobilier sont perçus comme des provocations quand le progrès social est menacé quand l’emploi se raréfie et qu’on se loge difficilement

Et  c’est d’autant plus vrai dans un pays qui n’aime pas l’argent et qui adore l’égalité

En période de croissance on demande aux riches d’enrichir le pays par leur dynamisme En période de crise on attend d’eux qu’ils soient solidaires par l’impôt On attend en réalité des riches qu’ils ne soient pas déconnectés de la vie de la collectivité

Qu’ils ne s’enrichissent pas quand les autres stagnent t qu’ils ne s’enrichissent pas dans des proportions telles qu’ils finissent par vivre dans un autre monde.

« T’es bien une féministe »

La petite phrase est lâchée , elle a le don de m’exaspérer Ce 8 mars ,Journée de la femme , ravive ma colère Car le constat est là, implacable : les abus, les viols , les inégalités existent toujours sur notre planète En général , je transpose mes révoltes dans mes écrits et il est vrai que beaucoup touchent la condition féminine C’est du passé ? Les romans historiques permettent de relativiser comparés avec notre époque Dans toutes les sociétés qui vont mal -guerres paupérisation- on se replie sur des traditions injustes et la femme trinque Peu de choses ont changé sur ce plan depuis le XIVsiècle celui de Yolande de Flandre » A cette époque l’Europe était divisée , l’église déchirée , le manque d’emploi et les peurs de l’apocalypse progressaient …Cela vous rappelle quelque chose ? Célébrée pour sa beauté riche héritière très convoitée , pugnace , indisciplinée , d’une grâce très actuelle Yolande incarna les déchirements de la Flandre Cette femme remarquable se vit contrainte d’utiliser l’arme des hommes , la violence afin de se venger des préjudices infligés aux siens Les  » puissants » auront raison d’elle Les rumeurs s’acharnèrent sur sa personne Elle connut l’excommunication et les emprisonnements Elle fut perdante , parfois mais ne s’avoua jamais vaincue

Yolande était une femme en colère que l’on tentait d’écarter car elle osait se prétendre l’égal de l’homme parce qu’on avait peur des femmes qui ont du pouvoir On en a toujours peur.. A ce sujet une série TV passionnante ; Borgen ou nous voyons l’héroïne premier ministre Birgitte Nyborg se battre pour sa politique certes mais aussi contre la machisme ambiant On est en Europe aujourd’hui

Bravo enfin à Alma Elle aussi a retenu mon « regard » Vous l’avez peut être vue sur le blog de Geneviève Jurgensen ; cette jeune lycéenne magnifique vient de gagner un concours de plaidoirie Elle a choisi un sujet sur le grand âge oublié , écarté , méprisé relégué aux oubliettes et l’échéance de la fin de vie Un plaidoyer superbement écrit ressenti vibrant d’émotion Le savoir des femmes fait toujours peur ? Alors je rêve ! Je rêve en cette journée du 8 mars d’un monde ou le savoir est partagé entre les hommes et les femmes en toute égalité amour et…respect Et tant pis si l’on m’insulte de féministe !

Quelques nuages aux reflets d’imposture

Une césure en conversation

Sculptée de lumière

La vanité de la vie

Infinie

Météo changeante et bourrasques amoureuses

Prendre distance

Se cacher

Dans l’ombre devenir soi

Abolie l’enfantine toute puissance qui anéantissait les ogres

Les monstres adultes se révèlent plus résistants

Se taper dans la fragile raucité du rire

Habiller l’amour de mots rudes

Guetter les beaux jours Ne pas renoncer à l’allégresse des possibles

Chaque inspiration est un voyage

Inattendu

Avec rigueur et obstination Se protéger du désespoir absolu

Vivre une vie cohérente comme une herbe sauvage

Une intense parenthèse passionnelle

Entre deux néants

Une impatience nourrie d’inconfort

Tout ange est exterminateur et la folie solitaire

Tendre vers l’épure

Dans l’ombre dans la lumière Ecrire une page d’absence

Réinventer le quotidien chanter la résormance des mots à travers les rues ou se perdent les promesses de bonheur

Avec un sens certain de l’élégance

Ici tout le monde trahit tout le monde est trahi

Le vent soulève le sable et quelques grains de désespoir

Accepter l’inéluctable lâcher prise

Rêver une sobre poétique du silence

Je vis dans l’ombre des passantes….

Plus de cinq millions de téléspectateurs ont suivi le non débat entre Marine Le Pen et Jean–Luc Mélenchon Et j’ai vu la candidate poser un journal devant elle parmi d’autres documents ..Oups !

 

Deux heures et demie de direct en  prime time sur France 2 : pour Marine Le Pen la belle aubaine

Puis une troublante esquive ! Vous avez quitté votre petit écran avant 23 h ? Vous avez loupé un épisode cocasse et mutique (pas mythique ) de l’histoire de la télé !

PREMIER ACTE  Le journaliste François Lenglet met la candidate du Front National en difficulté sur les lacunes ou les imprécisions de son programme économique Réplique : » c’est un tribunal ! »

DEUXIEME ACTE Le conseiller spécial du président de la République que, Henri Guaino , prend des gants et ménage la présidente du FN Du coup elle le remercie :  » Ce débat était très agréable, je vous aurais bien échangé avec le prochain  » Le prochain , c’est Jean-Luc Mélenchon qui s’est échauffé en coulisses

TROISIEME ACTE Regard dur, menton hautain il déboule La candidate se raidit : pas question de débattre avec ce monsieur d’un autre Front qui l’insulte et ne représente pas assez d’électeurs  .Interrogée sur l’avortement Marine Le Pen se drape dans le silence accuse le service public et refuse : » c’est mon émission  » Sur ce , elle manipule divers documents posé devant elle : note , livres Le point …et …..Dans cette édition-mais elle n’en parle pas-figurent les résultats d’un sondage sur l’influence du Front national dans le Nord -Pas de -Calais

Dans quelles couches sociales et sur quels territoires le FN fait-il sa percée ? Sur quels sujets?

Ces résultats méritent une réflexion soutenue et les grands partis comme les citoyens de base sont invités à en prendre conscience Dans ces colonnes sont signalés les deux points faibles de Marine Le Pen : le côté non réalisable des mesures proposées et l’aspect dangereux pour la démocratie de son parti

En refusant le débat jeudi soir la candidate n’a sûrement pas gagné des points sur ces deux plans Plus lisse que son père elle joue la fiabilité et rêve de crédibilité Mais en feuillant ostensiblement un journal et en donnant des signes d’agacement ou d’exaspération (il aurait mieux valu sortir la trousse de maquillage : on l’avait visiblement moins soignée que son adversaire ) s’est-elle montrée à la hauteur ? A la fin de la fable du lion et du chasseur Jean de la Fontaine écrit : « La vraie épreuve de courage n’est que dans le danger que l’on touche du doigt  »

 

(D) écrire l’indicible

Porter son « regard » sur le monde qui nous entoure pour proposer aux lecteurs des choses à méditer , c’est parler de ce que l’on voit mais aussi pourquoi pas de ce que l’on lit

Jouons à Bernard Pivot Je propose donc très subjectivement un arrêt de quelques minutes sur des lectures récentes et, chacune dans son registre  » marquantes  » Lire c’est s(offrir le luxe de sortir un moment du monde , si possible pour mieux le comprendre ….

On dit souvent sans doute avec raison que nos mémoires s’effilochent que le souvenir des catastrophes et des cataclysmes s’érodent Parmi ceux -là les atrocités liées aux totalitarismes Primo Lévi ou Varlam Chalamov ont écrit il  y a longtemps déjà avec une force inouïe sur les camps nazis et le goulag stalinien Mais  qui pour parler du Cambodge et de la folie du régime Khmer Rouge de Pol Pot et de Duch ? Pour effleurer l’indicible et l’humanité , le livre de R .Pahn est comme un coup de poing salutaire dans le foie

(Re ) penser la République

Les médias abondent depuis plusieurs années d’articles et reportages sur ce qui se passe dans les « banlieues  » En arrière plan souvent la crainte d’une  » dérive  » communautaire, rarement le souci de comprendre en se mettant un tant soit peu , à la place de ceux qui y vivent Le travail coordonné par G. Kepel n’est pas en soi rassurant ou optimiste Il permet simplement de toucher du doigt une réalité souvent oubliée à savoir la difficulté des politiques à faire vivre les valeurs simples et essentielles de la République et son corollaire ; la défiance et l’éloignement

Se préparer à voter

Nous allons bientôt voter quatre fois entre avril et juin Quoi de plus utile et d’intéressant que de chercher à comprendre d’ou vient l’élection , ce que sont sont ses ressorts et ses logiques à quoi cela sert-il finalement de voter ? Ces interrogations peuvent paraître dépassées ou déplacées mais elles sont fondamentales car, derrière la course de petits chevaux de l’élection présidentielle se pose la question des motivations à voter Le livre de P. Lehingue est sans doute d’un abord sévère mais il éclaire absolument !!

Les trois ouvrages dont il est question ;

L’élimination , Rithy Pahn

Banlieue de la République Gilles Kepel

Le vote , approches sociologiques de l’institution et des comportements électoraux Patrick Lehingue

Le smartphone

Le smartphone 1

Ce matin , j’ai été malmené par Adrien , mon maître Levé trop tard , il n’a pas eu le temps d’ouvrir une de mes applications qui le rend addict depuis des semaines Je dois vous dire qu’ Adrien a16 ans  et que sa libido le rend quelque peu ingérable Or donc ce matin Adrien aurait bien voulu se connecter via moi à sa nouvelle copine virtuelle pour échanger quelques gauloiseries par le tchat Moi , je trouve ça complétement idiot en plus  j’aimerais pouvoir lui dire (mais je ne suis qu’un smartphone) que si ça tombe sa copine virtuelle est un vieux dégoûtant frustré et que le rendez-vous sur lequel il fantasme pourrait même être dangereux …Résultat il m’a éteint à l’arrache sans fermer mes applications en cours et m’a balancé dans son vieux sac plein d’objet de piètre qualité qu’il trimballe pour aller au lycée Je ne sais pas si je vais ma laisser rallumer tiens !

Le smartphone II

Il m’est arrivé un truc bizarre hier Le rythme de frappe de mon patron sur mon clavier a brutalement changé Après avoir tapé des signaux incohérents-alors que d’habitude Monsieur fait des phrases  -il m’a laissé tombé par terre Je le sais , je laisse ma caméra en veille permanente Mon patron était couché près de moi comme s’il dormait mais les yeux ouverts Un type m’a ramassé a ouvert l’application en cours , l’a arrêté , m’a fermé et délicatement posé sur le bureau de mon patron Ce  matin j’ai été adopté par un type qui s’est assis dans son fauteuil ça va , Il sait comment je fonctionne Je lui ai déjà montrée ce que j’avais dans le ventre Je ne veux pas finir comme mon prédécesseur donné comme jouet à un enfant après avoir été vidé de toutes ses données…

Le smartphone III

Si vous saviez comme j’en ai assez ! Le trajet que j’ai fait depuis que des mains coréennes m’ont fabriqué J’ai été manipulé , tripoté,nettoyé , transporté J’ai été  mis en vitrine , exposé enchaîné J’ai été de nouveau manipulé par des mains pas nettes J’ai même failli être jeté, car on ne vend pas un smartphone d’exposition Et puis il paraît que je suis trop  compliqué à utiliser Mais tout à l’heure une jeune geek est venue Elle m’a vu Que s’est-il passé ? Nous nous sommes trouvé je crois Mon écran , mes capacités cognitives…. Tout lui a plu en moi Alors comme j’étais le seul dans le magasin elle a réussi à m’acheter , à m’arracher à ma chaîne Je suis bien là au creux de sa main….

Clown

« La gauche et la droite , c’est des vieilles lunes … » Ben comment !

C’est la fête de Noël  , les avions  ne décollent pas les agents de sécu font grève , ceux-là ,y nous énervent on a qu’à mettre des militaires ou des gendarmes à la place  tout ira pour le mieux y’aura plus de grève n’ont qu’à faire des grèves qui dérangent pas , des grèves qui se voient pas , personne remarque rien et y z’obtiennent rien  Voilà comme ça c’est bien

Retour en arrière -avant c’était mieux -t’imagines-la sécurité dans les mines -Ambroise Croizat-t’imagines-y fait rien- y s’assoit sur son train de vie lamentable et sur les accidents mortels (du travail) et sur les maladies qui faut pas dire parce qu’on a pas le droit de tomber malade et tu crois que la SECURITE SOCIAL elle lui est tombée dessus toute rôtie dans la bouche ?  Ben non y faisait pas que s’indigner en râlant au bistrot i l’est parti sur les routes , débaucher dans les usines , fomenter des grèves et il a fini par fonder la sécu…

Les Nantis y veulent rien donner , c’est des luttes , des bagarres , les nantis i’z en ont jamais assez donc faut des grèves faut de la gauche et de la droite faut de la lutte ça veut dire qu’y a des enjeux des coups des réalités qui s’opposent -et le peuple sait bien ou il se situe

Coupable

La crise , la dette , la mauvaise note, la perte de notre AAA c’est de ma faute , de ma très grande faute Je travaille pas suffisamment , je mange trop de pain, je suis trop assisté Pardonnez-moi seigneur Capital je le ferai plus coupez-moi les vivres , mettez moi à l’amende , taxez-moi davantage -je vous en supplie -tous les jours je l’entends à la radio-c’est de ma faute …..( déCDD moi ! Sécéder-moi ! Stagiérisez-moi ! )

Urgent crier

« Ah dépêchez-vous de dire

Ce que vous avez sur le coeur

Et battez-vous

Ou battez-vous

Et  battez-vous

Ou battez-vous

Mais criez !! »

Le bon , Le méchant, Le sage..

Le bon

Le bon,c’est moi : moi l’ homme honnête qui respecte le code de la route et paie ses impôts : c’est moi qui donne au Téléthon : moi le syndicaliste qui se bat pour plus de justice : moi moi le patron qui travaille pour assurer l’emploi et la prospérité ; moi encore l’homme politique qui s’investit pour le bien commun : moi l’écologiste qui protège la planète

Le bon, c’est moi qui milite pour les droits de l’Homme partout dans le monde ; moi qui participe à l’animation de mon quartier Le bon c’est moi aussi qui pense juste qui défend des causes nobles qui s’insurge contre l’injustice moi qui connais la frontière entre le bien et le mal et qui veille à ce qu’elle soit respectée

Le méchant

Le méchant c’est l’autre , le tricheur , le chauffard , le mauvais citoyen, le mauvais voisin, le méchant c’est le riche qui se remplit les poches , le patron qui exploite le personnel : l’employé paresseux , le malade imaginaire qui coûte à la société ; le politicien qui ne songe qu’à sa réélection , l’immigré qui vole des emplois et fait le chômage , l’intégriste de tous bords qui bouscule mon ordre intérieur les méchants se sont beaucoup d’autres tout près de moi ou à l’autre bout du monde

Le sage

« Je me suis mis à haïr l’humanité le jour ou j’ai découvert que je portais en moi les horreurs que je dénonçais chez les autres  » Cette phrase terrible de Montherlant m’a hanté jusqu’au jour ou j’ai compris que l’on pouvait la lire avec un miroir Le bien que je porte en moi et qui me porte , il est aussi dans le coeur des autres ; le mal que je dénonce chez les autres c’est aussi en moi- même que je dois le traquer La frontière entre le bien et le mal passe au milieu de moi; je la franchis allègrement bien souvent sans le savoir

En cette période de voeux , celui que je formule pour moi-même et, peut être pour quelqu’uns qui me liront c’est que cette sagesse à me reconnaître comme  un morceau d’humanité  , solidaire et porteur de paix guide un peu mieux mes propos et mes actes

Un homme qui meurt Pas doucement , tranquillement dans son lit , mais violemment en une torche vivante et hurlante , un jour d’hiver ensoleillé en Tunisie Voilà comment a commencé cette année C’était pourtant à la fin de 2010 , mais le désespoir de Mohammed Bouazizi , immense , intense a mené à son agonie jusqu’en 2011 et cette image inouïe de son corps momifié dans sa douleur de grand brûlé , devant le regard de celui dont il avait déjà provoqué la chute Ben Ali , devant son lit à l’hôpital , était déjà en sursis

Parce que le peuple était descendu dans la rue Le vieux chef d’Etat , âgé et trop encombré de certitudes , ne voulait pas l’entendre , mais la contestation grouillait qui allait lui coûter son rêgne Le peuple dans la rue  Comme un élan spontané , une envie qui déborde et jusqu’au delà des frontières

Alors ce fut l’Egypte Puis la Libye Et la Syrie le Yémen et même le tranquille Maroc , secoué malgré les précautions de son souverain Le printemps arabe disait-on Les images renvoyaient à des regards déterminés de gens simples , démunis , simplement mus par une colère née du désespoir Comme si , un jour puisqu’on n’a plus rien à perdre , on décidait de se révolter Mais ce n’est pas simple Ben Ali Moubarak Kadhafi sont tombés , mais ce n’est pas pour autant que des démocraties sont nées , là-bas du vote de millions de gens trop longtemps privés de la liberté de choisir de la simple liberté de savoir Les mouvements religieux qui avaient semé leurs cailloux depuis bien longtemps ont récolté de jolis scores Pour eux rien n’est fait non plus

Mais les rues se sont emplies ailleurs A Athènes , au fil des mois D’un autre désespoir Fait de misère aussi , mais de honte encore celle d’être au ban de l’Europe montré comme le maillon faible celui qui n’est pas à la hauteur Des millions de gens dans la rue et pour d’autres changements de dirigeants A Londres dans la violence des affrontements de banlieue état d’urgence et courte panique d’hommes d’Etat dépassés , réagissant sans comprendre vraiment A Rome pour la sortie sans gloire d’un magnat finalement pathétique et vulgaire emporté par trop d’affaires qu’il avait cru maîtriser

Des gens dans les rues de Madrid de Lisbonne de New York aussi – devant Wall Street ! -pour s’indigner de manière un peu naïve et désorganisée mais tout aussi spontanée Pour le simple résultat d’un peu de sympathie cette fois Mais ils sont descendus dans la rue et il est interdit de s’en moquer

D’ailleurs en cette fin d’année 2011 c’est à Moscou que le pavé s’est animé Qui l’eut cru ? C’est sans doute dans l’air du temps Un air de lassitude révoltée Un air de liberté…

Rêveuse…

Il faudrait ne plus rien dire .Ne plus rien écrire Faire entrer les personnages dans le silence Un no man’s land ou ils marcheraient comme des  pénitents , tête basse , dans leurs grands capuchons gris  Traînant les pieds sans conviction Un silence ou même leurs pas ne s’entendraient plus Ou même leur souffle serait éteint On appellerait ça bêtement un silence de mort Ou alors il faudrait au contraire se mettre à hurler Crier des mots sans fin,  des slogans , des revendications Crier ensemble des cris à déchirer le silence Des cris de bêtes blessées Des cris de castrats déjantés  Ecrire d’interminables phrases que des personnages volubiles répéteraient en boucle à tous les carrefours de la terre Se faire entendre enfin Des cris dans le silence Du silence dans les cris Va savoir Ou vas-t-on

Mon « A  » à moi est seul Bien seul Brillant et délicat « A » noir  » de ce vieux Rimb’ ( Faut lire Voyelles de Rimbaud Jean Nicolas Arthur Rimbaud poète français 1854 – 1891 ) A , noir  corset velu des mouches éclatantes

Qui bombinent autour  des  puanteurs cruelles

Golfes d’ombre… »

Mon A ? grand et noble A royal et suffisant Est ce suffisant ? Et qui viendra me l’enlever ? Un grand silence celui de Mort Ou bien ce cri glacé glaçant Ce cri de Mort aussi Néant Plus rien Et assez !! Non ! Juste un  » F  »  comme celui d’une femme qui viendrait s’y coller Et la surprise de renaître ….

ah !

 » Immortels « 

Chaque année lors de la nuit des Césars , il y a l’hommage rendu aux disparus et là je me   dis  que vraiment le temps passe vite , que  je  n’imaginait pas que de si nombreux départs d’artistes aient jalonné l’année…

Cette année  notre grande maison de production a été particulièrement endeuillée : ils s’appelaient Valérie, Clément, Tatik , Kwatar , Pauline Florent…..Ils étaient adolescents,enfants ,étudiants tout jeune entrant ou presque sortant .diplômés de quelques années, collèges , enfants de collègues tous partis cette année fauchés dans leur rayonnante jeunesse pleine d’espoir et de projets de talents et de compétences

Nous étions partenaires d’un même grand film dans la même série mais dans des épisodes différents….sûrs et certains de se retrouver au prochain tournage ..

Alors , en ces temps préparatifs des festivités de fin d année je ne peux m’empêcher de penser à tous ces foyers dans lesquels leurs lumières vont manquer Par la pensée ce sont mille Césars qui   leur sont décernés  et la garantie que notre communauté d’  » éclairagistes  » ne les oubliera jamais

Tapez 1 , tapez 2 , tapez 3

Il n’est pas  un service, une administration , une grosse entreprise qui n’ait automatisé son service téléphonique La cliente que je suis , guidé par une voix parfaitement terne et vide se promène , se promène dans un étrange labyrinthe vocal pour tenter  de dire ce qui la préocupe Chaque fois que je rencontre une telle voix qui me dit : tapez je m’efforce au calme : si je ne tape pas UN , trouverai-je un tapez 2 ou un tapez 3 qui me convienne ?

Je diffère donc , j’attends pour en savoir plus puis, après avoir fait trois fois le tour des tapez je prends mon courage à deux mains et je me décide pour…

Tapez 2

Là je sais ou je vais la proposition est claire et précise : elle correspond à ma requète Je tape DEUX  La voix la même toujours aussi impersonnelle me demande de tapez ETOILE   Je lui offrirai volontiers la Voie Lactée toute entière pour parvenir à mes fins mais elle enchaîne en réclamant un code qu ‘évidemment je ne connais pas

Heureusement la voix toujours prévenante et lointaine , m’offre ; tapez SEPT pour revenir au début

Je recommence alors, pleine de courage et de détermination

Las, je suis contrainte à une promenade angoissante ou les tapez et moi circulons de concert dans un univers de folles gestions, de timides hypothèse , d’hésitations  angoissées jusqu’au moment ou, par le grand des hasards….

Tapez 3

Une voix , une vraie avec parfois même un accent de terroir me dis ; Bonjour je suis Moundir  Que puis-je pour vous ? Ce Moundir que je ne verrai jamais mais dont je devine le sourire , m’a une fois de plus sauvé Merci Moundir , merci à vous tous les Moundir qui nous tentent le fil béni grâce auquel nous tous, correspondants errants et naïfs sortons de l’effrayant labyrinthe des Tapez

Mais alors , puisque je serai immanquablement conduite vers lui , pourquoi Moundir n’est-il pas tout simplement au bout du numéro que j’ai formé ? Les Tapez qui ne travaillent plus ne devraient pas augmenter beaucoup les statistiques du chômage ?

Epouser juste les courbes fougueuses , pénétrer les volutes sensuelles , chevaucher les arabesques fantasques, démêler les boucles sinueuses… porté par l’onde tiède et charnelle

Savourer le Rond , chaud et voluptueux et le Doux , câlin et velouté Humer le Léger vaporeux et floral Lécher le lacté gourmand Le pétale, le velours , la rosée irisée , le nid mollet, le pain partagé , le simple , le sain et le sauf

Qu’ êter le Vouloir fertile et jouissif Et , la main tendue vers l’espoir de vie, faire trembler l’émotion le long des  doigts  désireux Du creux du coeur jusqu’au bout des yeux , abandonner un peu de sa tendre existence à l’amour et embrasser la foi en le plaisir

J’ai calé ma faim sur un bout d’humain un peu tendre J’ai mordu dans ses chairs faibles J’ai déchiré à belles dents le cuir de sa peau tannée J’ai léché les maux en sueur sur son dos lorsqu’il transpire le malheur J’ai goûté le suc de son intimité J’ai dévoré l’offrande frugale de son être et j’en redemande !Gourmande insatiable je veux croquer le fruit défendu que sa souffrance recèle en silence Goulue Quémandeuse Oui ! J’ai faim de Lui de l’humain , de ses confidences indécentes , de ses doléances inavouées , de ses inconnues , de son Intime C’est assurément le remède à l’avidité frustrée du partage humain C’est ma consolation devant la platitude du prévisible , la lassitude du convenu : je collectionne d ‘année en année les agendas vierges je veux avoir rendez-vous avec le hasard !

Une nouvelle promesse d’existence est sur le point d’éclore en ce siècle naissant , fuyant , en péril Demain , le naïf naîtra au monde en perdition Petit mutin cabochard cabrioleras-tu par les chemins de traverse lorsque tes pairs seront autant d’automates dégénérés errants en des couloirs mécanisés ?

Saura-tu traîner la semelle , lambiner , chômer , lorsqu’ils courront après leur retard , au plus pressé à la gloire ou à leur perte? Lorsqu’ils achèteront les bonheurs édictés , jouiras-tu simplement des menus plaisirs et des joies intemporelles ?

Dans tes pirouettes enjouées , petit Merlin tu feras danser tes soeurs Tendres magicien , ta baguette séditieuse incitera tes frères à la mutinerie

Et je rêve sur l’espèrance de vie… Si tous les petits jeunots pouvaient épouser joyeusement ta querelle !

Humanisme

Après le meurtre épouvantable de la jeune Agnès , les responsables se cherchent la polémique bat son plein et c’est à nouveau la peine de mort qui revient sur le tapis , faisant ainsi le jeu de certains extrémistes politiciens qui vont y puiser ce qui fait leur fond de commerce Je ne suis pas une adepte de l’  » oeil pour oeil , dent pour dent  »  je reste convaincu que l’élimination physique décidée judicieusement est un affront à la dignité humaine …

N’empêche qu’une fois de plus ce cas de récidive m’interpelle et fait beaucoup de mal à mon humanisme

Le Parti de l’homme

C est une époque extraordinaire Tout le monde croit tout savoir et tout connaître chacun est persuadé de pouvoir faire (mieux) que son voisin ou son patron et surtout chacun peut émettre son opinion avoir un avis sur tout et n importe quoi avec l assurance potentielle d être lu par le monde entier  Internet  quand même quelle merveille ! Mais personne n est content En France c est presque une obligation un devoir démocratique Pourtant des Français commencent à admettre que nous sommes à la fin d un règne

Le système capitaliste , tel qu il fut ne sera plus C est un fait Le marxisme n a pas survécu Autre fait Qui oserait prétendre que la crise indistrielle et financière n est pas mondiale ? Qui nourrit honnêtement l idée que tout cela va se calmer comme d autres crise du passé ? Les militants politiques qui ne voient évidemment que ce qui les arrange et alimente leurs certitudes aveugles tranchent dans le vif du sujet à grands coups de principes Nous ne sommes décidément plus dans le temps du raisonnement et de l humain Est ce que je suis vraiment une imbécile heureuse si je pense qu il est indispensable de limiter ses envies de se satisfaire parfois de peu  de ce que l on posède en tout cas ( à condition de ne pas  devoir survivre dans  10 m2 ) de choisir entre le factice et le réel le faisable et le souhaitable ? Il serait bien temps que quelques personnes éclairées ( mais pas illuminées ) créent un nouveau parti politique  Le Parti de l homme et de la raison

Assistés ?

Lors de son discours de Bordeaux , notre président de la République a pointé du  doigt  » l’assistanat  » et les  » fraudeurs du social  » Dans ma région en particulier qui a connu une désindustrialisation massive , des miliers de personnes connaissent au cours de leur vie des phases ( licenciements , ruptures ) ou elles seront accompagnées et non  » assistées  » dans leur démarche et projets afin de retrouver une place et une dignité dans notre socièté Le RMI a été promulgué au nom de la solidarité nationale Quelle représentation a notre président des personnes en situation d’exclusion ? Comment les imagine t-il? Aujourd’hui les associations caritatives voient défiler un public de plus en plus nombreux notamment des personnes âgées et des jeunes Lorsque je porte assistance à une personne en situation de pauvreté dois-je la traiter d’assistée ? Sans verser dans l’angélisme car il existe probablement des abus faire porter la culpabilité ou la responsabilité sur nos citoyens les plus démunis relève d’une méconnaissance profonde des mécanismes qui conduisent à l’exclusion  » L’assistanat  » serait-il le nom de ce qui concourt à opposer les Français les uns aux autres ? Préférons lui notre bonne vieille fraternité républicaine qui tente de conférer une place de citoyen à chacun !!

Daudet…Cooper…Poulaille

Quand les sentiers de campagne commencent  à sentir la poudre il faut bien choisir la tranquillité relative des villes  pour cheminer  » C’est beau une ville la nuit  » disait Bohringer moi je la préfère dans la lumière naissante du matin Et la première chose que je vois dans cette petite bourgade , ce sont des lapins Une flottée , une armée l’arrière-train au frais sur la pelouse des parcs et qui bondissent avec distinction à mon approche me montrant le rigolo fanion blanc qu’il porte à l’arrière comme pour se moquer ou pour signifier qu’ils se rendent , qu’ils renoncent à aller faire la guerre dans les pâtures et champs environnants Je me croirais au pied du moulin de Daudet Tiens , qui lit encore Daudet de nos jours ?

Cooper

Et puis à la façon des Sioux sur le sentier de la guerre je comprends ce qu’on fait ceux qui m’ont précédé dans la nuit , en observant leurs traces et leurs laissées Je deviens un personnage de Fenimore Cooper Tiens qui lit encore Fenimore Cooper de nos jours ? J’avance , sous le vent , regard au sol Là ils ont consommé des produits indigènes à base essentiellement de frites et de bière Plus loin ils ont dû se battre et se réconcilier vu le nombre de petits calumets de la paix à bout filtre qui jonchent le sol Par contre je reste perplexe et ma science livresque de la piste touche sa limite , devant la porte du grand bâtiment public Impossible de déchiffrer les symboles peints en rouge orange et bleu sur toute la façade Un art premier sans doute mais qui sent contre toute attente et furieusement la peinture acrylique

Poulaille

Poussé par l’envie de pain frais aimanté par son odeur je mène mes pas vers une des boulangeries ouvertes dans la rue qui mène à la grand-place Je jette un oeil indiscret dans les maisons dont les fenêtres ont choisi de déjà ouvrir leurs rideaux et de pas éteindre les luminaires Souvent l’écran allumé de la télévision de la confiture sur la table des robes de chambres encore chaudes et des regards toujours flous Devant la porte de la  boulangerie qui laisse passer des bouffées de levure , un homme immobile comme les hommes en bois tenant le menu devant les restaurants d’autrefois Il vend un journal que personne n’achète Je prends deux croissants en pensant à Poulaille écrivain prolétarien Tiens , qui lit encore Poulaille de nos jours ?

Malaise social

La misère est à nos portes Nous la côtoyons quotidiennement Certains baissent les yeux , détournent le regard , louvoient pour la contourner , d’autres au contraire l’affrontent , tendent la main , écoutent ou aident Pour comprendre ce que vit un SDF ou une famille démunie , il faut avoir un jour vécu cette traversée du désert …Quand on plonge dans un grand vide, que les portes se ferment une à une , que l’on perd pied , que l’on ne sait comment s’en sortir et que les nuits sont longues de pensées sombres….Une maman vient de perdre son bébé elle a accouché dans la rue avec l’aide du papa , elle avait refusé la prise en charge d’un centre certainement désorientée , apeurée , déphasée ….D’autres personnes meurent chaque année , seules , livrées à la rue au froid et à la faim Pas d’abris ou alors surpeuplés insécurisés n’offrant qu’un toit dérisoire car au bout demeure l’angoisse du devenir…. La vie est parsemée d’embûches mais rien n’est pire que de ne jamais en voir le bout

La Grèce à quitte ou double !

Mardi matin , le ministre grec des finances Evangelos Venizelos s est réveillé avec de fortes douleurs abdominales au point de se rendre dans un clinique pour des examens Mais mardi c est toute l Europe politique et financière qui s est réveillée avec une boule au ventre La Grèce décidément n a pas fini de faire trembler l Europe et sa monnaie unique

A peine le nouveau plan de sauvetage de son pays adopté à Bruxelles , voilà le Premier ministre socialiste Papandreou qui remet tout en question en sortant l arme à haut risque du référendum Succés garanti sur les places financières qui ont toutes dévissé hier sur les pentes de l Acropole !

A la veille de l ouverture du G20 de Cannes , censé ramener la confiance chez les acteurs économiques le Premier ministre grec vient de lancer une grenade dégoupillée sur les marchés du palais des festivals !

« La volonté du peuple grec s imposera à nous  » a déjà prévenu Georges Papandreou Mais peut-il douter de la réponse ? Au lendemain du sommet de Bruxelles Un sondage ne donnait que 12 ,6%  de personnes approuvant le plan adopté par les 27 Et les célébrations de la fête nationale vendredi se sont transformées en nouvelles flambées de colère obligeant même le président de la République à quitter sous les lazzis le défilé prévu à Salonique

Avec une majorité qui n est plus que de deux petits sièges au parlement Georges Papandreou n a pas l autorité suffisante pour jouer le Churchill athénien

Sa décision prise sans aucune concertation avec les autres dirigeants européens est une fuite en avant , un quitte ou double à 350 milliards d euros Comme si rentré à Athènes jeudi dernier  il avait mesuré l impossibilité de faire avaler à son peuple une cure d austérité au long cours doublé d une  humiliante mise sous tutelle

Non seulement le référendum repousse jusqu à janvier au plus tôt la mise en place du plan de sauvetage mais surtout il ouvre la porte vers une sortie de l euro de la Grèce le scénario que ses seizes partenaires de la monnaie unique cherchaient à éviter à tout prix Si les Grecs disent « non » au plan de sauvetage ils déclareront eux-mêmes leur pays en faillite et l Union européennes entrera dans une zone inconnue…

L histoire est un éternel recommencement  j y puise de passionnantes références qui devraient m éclairer si je n avais pas l âme  aventurière  Je prends au hasard la Grèce elle a déjà fait faillite en  1893 !

Cette nation détient dans mon esprit une image finalement trompeuse Par ses indispensables legs philosophiques qui ont construit l esprit de nos pays occidentaux c est la partie de Socrate Platon et Aristote des inventeurs de la démocratie de la république de l économie même La Grèce antique constitue pur moi un paradis utopique ou Socrate peut lancer à Platon « La seule monnaie est la pensée « Ah si seulement ça pouvait être vrai n est ce pas Georges Papandréou ?

Hier  le Premier ministre a d ailleurs laissé entendre qu il renonçait à son projet de référendum Notion latine celle -ci

Kadhafi a rencontré son destin

Un dictateur est mort  Etrangement avec un peu de honte , mon âme humaniste et légaliste ne parvient pas à déplorer totalement que Mouammar Kadhafi ne comparaisse jamais devant les juges Ceux de la Cour pénale internationale qui l’accusaient de « crimes contre l’humanité  » Le procès et la peine auraient pourtant valu tous les bombardements de l’O TAN et toutes les balles de 9 mm du monde Mais une révolution dépasse la raison….

En août au contact de rebelles libyens à la frontière tunisienne pour la plupart des Amazigh les berbères du djebel Nefoussa à l’ouest  j’avais ressenti la peur et la haine qu’un homme , un seul peut susciter  Ces  combattants improvisés racontaient les humiliations quotidiennes le chômage endémique de leur minorité les dénonciations des voisins les arrestations aveugles les disparitions effroyables Et là j’ai compris comment un quidam peut se saisir d’une Kalachnikov se révolter , tuer Un compatriote ou un mercenaire Une situation tellement anachronique pour ma sensibilité occidentale

Au pouvoir depuis 42 ans après le renversement du roi Idriss (le 1 er septembre 1969 ) Mouammar Kadhafi symbolise la folie tyrannique Celle d’un berger du désert de Syrte qui pensait allier socialisme et pensée islamique avant de plonger dans l’incohérence et l’arbitraire Dans le terrorisme aussi à la suite des attentats de Lockerbie (270morts en 1988 ) et du vol français d’UTA au-dessus du Niger (170morts en1989)

Je reste interdit que la présidence française ait pu penser un instant raisonner cet homme en l’invitant à Paris ( la tente bédouine dans le parc de l’hôtel Marigny) après la libération des infirmières bulgares    en 2007 Une société française ‘(Amesys) a fait des affaires avec la Jamahiriya en lui vendant peu après un système de surveillance des communications de la population libyenne La Fédération internationale des droits de l’homme et la Ligue  des droits de l’homme ont porté plainte contre ce commerce complaisant avec la dictature En certaines circonstances les affaires ne sont pas les affaires La preuve aujourd’hui

En initiant l’intervention aérienne et maritime de l’OTAN sous mandat de l’ONU à partir du 17 mars la France et Nicolas Sarkozy sont parvenus à redoner un blason tricolore terni par la liaison dangereuse et le « loupé » de la révolution tunisienne Le porte parole du conseil national de transistion Abdel Hafez Ghoga a commenté : « Kadhafi a rencontré son destin  » Je ne saurait mieux dire ..

Notre Président (égal à lui même) nous a infligés , le mot n’est pas trop fort un cours magistral devant une classe de deux élèves concernant  » le serrage de ceinture » Lui qui s’est royalement augmenté dès  son arrivée à l’Elysée nous promet encore des lendemains qui déchantent avec un nouveau tours de vis à la clé lolll Mais de là à aller reprocher à Lionel  Jospin l’entrée de la Grèce dans l’UE il y a 10 ans il y a là une forme d’obscénité verbale à condamner

Tous les arguments si futiles soient-ils sont avancés pour justifier de l’inventaire des caisses vides de l’Etat

La réalité c’est qu’ après une période de vaches grasses , il y a toujours toujours celle des vaches maigres …Après la Grèce il y aura sans doute l’Italie…

Quand à nos boursicoteurs leur patience a payé + 6,28 en cotation jeudi quand certaines banques ont affiché  de hausses de 15 à 22%!

On peut l’aimer ou non notre Président fait preuve d’un courage qui n’a pas d’égal et se dépense sans compter pour sortir l’Europe de l’impasse Car ce n’est pas lui qui est responsable de notre dette abyssale mais ceux qui ont engagé des dépenses démesurées à une certaine période La France supporte socialement des coûts excessifs que ne supportent pas nos voisins En outre le Président plutôt que de gérer sa future candidature n’hésite pas à annoncer des mesures impopulaires qui sont indispensables à notre survie et ceux qui affirment le contraire vont conduire le pays dans le mur..

Au rendez-vous de l’actualité..

Je n’oublierai pas cet interlocuteur Il souffrait ….de ne pas ressentir la souffrance Une impressionnante  insensibilité aux événements , aux émotions  Son état le singularisait et entravait sa vie sociale Il avait comme l’on dit ,   » consulté  » Aucune blouse blanche n’avait résolu cette   » étrange  » indouleur  »  Cette incapacité à entrer en empathie  » C’est au fond  de moi quelque part !  » disait-il résigné ….

Larmes du chômeur

L’été fut sombre Pas seulement sur le plan météo Les agences de notation ont gâché nos vacances Je veux bien qu’on attribue des notes, qu’on soit exigeant envers les économies Mais est -ce juste de détenir un tel pouvoir mondialisé? Est- ce acceptable de susciter cette pression psychologique? La télévision nous montre un trader sanglotant nerveusement devant l’effondrement boursier Entendons -nous la lamentation , plus pudique et plus cruelle , du chômeur qui n’ose plus regarder ses enfants en face?

J’aime la philosophie , car en même temps qu’elle nous rend intelligent elle révèle les limites de notre intelligence

Aussi je lis chaque mois avec gourmandise le magazine qui la vulgarise Je tombais donc un jour sur cet aveu de Louise de Vilmorin qui disait ( au fait à qui ? ) Je t’aime pour toujours ce soir  » et que citait l’écrivaine Camille Laurens (Romance nerveuse) en en  rajoutant  » Cela ne sonne vrai qu’à être éprouvé dans l’instant  »

Cruelle déception pour celui qui écoute mais salutaire révélation pour celui qui doute !

Ainsi le verbe  » aimer » non seulement n’a de vérité que dans l’instantanéité mais de plus n’a de sens que dans sa relativité On  aime son mari (sa femme ) on aime son amant ( sa maîtresse) on aime son ami(e) on aime son prochain on aime son chien mais on aime aussi son camembert

Haï

De la même écrivaine je découvrais un terrible néologisme  » je t’ haime  » Quelle magnifique trouvaille pour rappeler l’immense proximité de l’amour et de la haine !Comme un petit rien qui change tout un petit  « h » et tout bascule Un « h » muet on s’aime un « h » aspiré on se hait Une frontière si tenue entre les mots que le moindre vent contraire déplace son tracé , je t’aime je t ‘ai je me tais je te hais Un ‘ Je t’haime  » comme celui des deux autres qui s’aimaient eux non plus Un  » je te hais » de la fille qui aime sa mère qui ne veut pas lui acheter la robe tant désirée Ou le  » Va je ne te hais point pour celle  qui ne peut plus dire « je t’aime  »

Quelle belle langue que notre langue française qui nous permet tant de nuancer non propos et nos pensées grâce à la richesse de son vocabulaire !Et pourtant c’est là ou elle devrait être la plus riche qu’elle est la plus pauvre notre belle langue dans l’expression du sentiment amoureux Le même mot pour tant de situations différentes

C’est dans mon mensuel préféré que j’ai trouvé deux réponses à mon questionnement La première citée par Nicolas Grimaldi tirée d’une anecdote rapportée par Cocteau

Raymond et Zézette ouvriers chez Renault toujours à tu et à toi deviennent amants Un matin Zézette dit à Raymond  » Dis Raymond maintenant ne veux tu pas qu’on se dise vous? Le vrai sentiment dans la distance ! Ou  comme celui de Roland Jaccard cité par le même philosophe « Les gens qui s’aiment n’ont pas besoin de se le dire  » L’amour dans l »échange silencieux

Merci la philo !

Quel cirque !

Et comment ne pas se suicider tous les matins ! La crise . Les chiffres parlent Ils ne parlent pas tout seuls Faut faire avec les chiffres comme on fait parler les tables Car c’est  la faute à qui la crise ? Est ce que c’est de ma faute ? Est ce que c’est de ta faute ? Est ce que c’est la faute du voisin? Qu’est ce que j’ai fait de mal ? Est ce que je n’ai pas assez travaillé ? Est ce que j’ai pas assez souffert

Quel cirque ! Quelle rentrée !

Même Jeannie Longo en perd les pédales et Marseille qui disparaît dans les limbes du classement…

Ou sont passées  les valeurs ? Pauvre Grèce ! Quelle idée de nous avoir donné des idées des démocratie La faute  à qui tout ce « bazar  » ? Va falloir remettre de l’ordre dans tout ça

Et les manuels scolaires qui parlent de sexe je t’en ficherais moi ! Et Jacques le grand Jacques qu’on ne peut plus laisser sortir tout seul Qui l’aurait crû ?

Non c’est insensé c’est à n’y rien comprendre c’est ….!

La faute ?

C’est la faute à qui ? C’est la faute aux Grecs , aux Italiens aux Roms aux … tu vois ce que je veux dire Tout nous invite , nous incite au désespoir , à la déprime à l’à -quoi bon , à la perte de sens à l’enragement barbare au  racisme ordinaire et c’est là qu’il faut lutter pas à pas mot à mot d’ arrache-pied          d’arrache phrase ; ne pas perdre les pédales pour hurler avec les loups et tuer les boucs émissaires ou les renvoyer hors de notre vue

On a besoin de penseurs clairs on a besoin de prises de parole comme de prise d’air On a besoin de chaleur laïque et tendre on a besoin de Grèce  on a besoin d’ Italie d’Espagne d’Irlande  on a besoin de PEU  mais d’essentiel on a besoin de sculpter notre réel avec les mains du peuple avec le geste de l’artisan on a besoin de souffle !Bon il y a le printemps arabe et c’est pas mince c’est quelque chose de difficile  c’est Sisyphe au bas de la montagne c’est la France avant Louis XVI  c’est l’arrestation du roi à Varennes c’est la marche du pain sur Versailles c’est les bafouillis bafouillements  , débats mise en oeuvre mise en route de la Démos c’est la fin de la peur la Grande Peur c’est oser travailler au Nouveau Monde….

Steve Jobs, iMort

Mon  iPhone  a résonné nuitamment m’informant tristement de la mort de son créateur , Steve Jobs En quelque sorte à cet instant suspendu aux brumes ensommeillées , la boucle est bouclée Le médium et le message se confondent , fusionnent , transcendant la phrase célèbre du théoricien de la communication Marshall McLuhan (The médium is the message )

Franchement a t-on appris le décès de Graham Bell par un coup de téléphone instantané et planétaire ?

Le tintement du « ding ding  » mortuaire se révèle inhabituel Même pour l’annonce de la mort de son ancien « gourou PDG  » de 56 ans c’est la marque Apple qui se fend du communiqué officiel Cette remarque n’est surtout pas anodine Elle démontre une emprise et la stratégie qui l’accompagne

A la même seconde se moquant des fuseaux horaires de nos habitudes de vie, de nos comportements de nos croyances de notre intimité , l’information se répand frappe L’homme qui a fait de l’informatique un désign addictif indique clairement son don d’ubiquité Ceci se poursuivra au delà de sa vie C’est bien connu une machine Apple ne plante jamais

Steve Jobs a cultivé son image mystique plaçant à part sa société à tête de pomme Le positionnement est marketing mais pas seulement Pour lui la vie et la mort sont reliées entre elles par la technique Fronçons les sourcils en écoutant la parole de Jobs  » On efface l’ancien pour faire place au nouveau  » Aussi simple que ça

Depuis hier les hommages planétaires se succèdent aussi vite que les clics  sur une souris blanche Remarquez nous n’avons pas entendu Pierre Laurent ni Alain Bosquet normal ils sont PC (attention mauvaise blague de geek)

Barack Obama résumé le mieux ce personnage visionnaire qui nous a forcés à ajouter des capacités de mémoire vive à notre logiciel humain Pour le  président des Etats-Unis Steve Jobs était « assez courageux pour penser différemment assez  audacieux pour croire qu’il pouvait changer le monde et assez talentueux pour pouvoir le faire

En attendant le génial inventeur qui nous autorisera à ralentir à nous débrancher (rassurez-vous il n’est pas né ) il nous faut donc saluer un personnage rare Difficile de le classer d’emblée au niveau d’un Vinci d’un Gutenberg d’un Edison Tout va tellement trop vite dans nos sociétés avancées que son aura définitive ne peut être scellée « Jéchangerais toute ma technologie pour un après-midi avec Socrate  » disait Steve Jobs J’attends impatiemment des nouvelles sur mon portable

Voilà un temps compliqué à utiliser , haï de tous ceux qui sont fâchés avec la grammaire Heureusement..

« Grâce à toi j aime rêver à ce qui serait advenu si….Cepandant , sous ta première forme (  » Si  vous étiez venus , nous aurions gagné  » ) tu es plus sympatique  que sous la « deuxième »  » (  » …nous eussions gagné  » ) trop élitiste Au XVII e siècle le philosophe Pascal t a rendu célèbre en écrivant  » Le nez de Cléopâtre s il eût été plus court toute la face de la terre aurait changé  » Par contre le fameux double barbarisme de P tit Gibus dans la Guerre des boutons Si j aurais su J aurais pas venu « disparaîtra des deux nouvelles versions du film Comme Pascal il me plaît de faire des suppositions ; si un archiduc n avait pas eu la Première  guerre mondiale , si Hitler avait été un meilleur peintre , on aurais pas connu la Seconde , si les riches avaient été plus humains la misère aurait disparu etc…Marcel Proust reconnaît ton importance , ayant écrit  » Si Swann ne m avait pas parlé de Balbec , je n aurais pas connu Albertine la salle à manger de l hôtel des Guermantes Mais je serais allé ailleurs J aurais connu des gens différents ma mémoire comme mes livres serait remplie de tableaux tout autres  » Et quel homme n a pas dit en tremblant à sa femme comme Paul Géraldy « Quand je pense que j aurais pu ne jamais te  rencontrer !!! « 

Bonheur

Il est aujourd’hui un usage qui prête aux oeuvres cyniques, sales ou noires une profondeur , une intelligence qu’elles n’ont pas

Faut-il que l’homme soit bien malheureux pour se tant complaire dans la laideur ou la cruauté , aussi répugnante que la profusion des films d’horreur la pornographie et les spectacles avilissants

Heureux celui qui a l’âme de parler encore infiniment des choses émouvantes et belles comme le sourire et le regard d’un enfant , de dire sans se lasser la terre et le plus subtil frémissement de la vie , de raconter la saison du pommier , un chemin dans la forêt , la mélancolie des clarines qui tintent petitement au loin ou les lumières de lune oubliées dans les flaques d’eau !Heureux l’homme et l’enfant qui saisis d’émotion forte , sont troublés à en pleurer parce que la terre qu’ils regardent enfante des blés , des aulnes et des soleils couchants Ce qu’ils ressentent alors au plus intime de leur âme est simple vrai et bon

La laideur , la médiocrité , la barbarie n’ont pas rabougri leur âme mais au contraire dans leur plaisir d’exister , dans leur enchantement , ils voient bien  jusqu’à la certitude que l’histoire du monde et celle des hommes n’est qu’une réconciliation toujours recommencer de l’esprit avec la vie , de la jeunesse avec l’espérance et la beauté

J’ai beau chercher à comprendre le mystère de la  création et le secret de mon existence …..Mon esprit n’y comprend rien et ne peut m’expliquer en clair la raison intime du monde et de moi-même Cependant dans le silence du coeur j’entends une voie obstinée qui me dit encore et pourquoi j’ai toujours et si fort un désir de fraternité

Quand je  me plains de la dureté des temps, une voix intime me dit qu’il y a aussi la plus belle musique du vent dans les peupliers et les érables , le chant profond des peuples qui travaillent… mais encore de beaux enfants rieurs et des personnes âgées si nobles et si bienveillantes Cette voix me dit de bien les regarder de bien les écouter …Sûrement le chant des arbres, le rire des enfants , la noblesse tranquille des personnes d’âge font la beauté du monde….

Mais qui a écrit que  » Je ne connaîtrai jamais le bonheur sur la terre Je suis bien trop bête ….

Barbarie avec préméditation

C e matin au lever ,  une envie de vomir, de hurler.La barbarie qui sommeille en nous, bouge encore Malgré les injections de solutions abolitionnistes Malgré le recul inéluctable de la bête dans le monde La France fête les trente ans de la fin de la peine de mort et la Géorgie exécute un vrai faux coupable tout trouvé Troy Davis

En  1981 notre beau pays des droits de l’homme n’était que le trente- huitième dans le monde à abolir la peine capitale Robert Badinter avait « sa cause  » comme le raconte avec admiration Pierre Mauroy le pragmatique Trente ans après l’ancien garde des Seaux de François Mitterrand ne baisse toujours pas la garde

Hier matin , il n’a pas vomi mais craché cette phrase lourde de sens sur l’antenne d’Europe 1  » C’est une très grande défaite bien au-delà des Etats-Unis pour l’humanité  »

« Un monde sans peine de mort n’est pas seulement possible mais inévitable dit Salil Shetty secrétaire général d’Amnesty International La seule question est de savoir combien de temps cela prendra  »

On dénombre désormais 96 pays abolitionnistes , 8 réservant la peine de mort à la justice militaire , 34 qui ne l’appliquent pas dans les faits depuis plus de dix ans comme l’Algérie , le Maroc, la Tunisie , la Russie…Il reste 58 récalcitrants mais seulement 23 l’ont pratiqué l’an passé

Les Etats-Unis se retrouvent parmi cette horde cinquième d’un épatant classement sanguinaire ou l’on retrouve dans l’ordre des assassinats judiciaires en 2010 ; 1 Chine (527 exécutions « officielles »…) ; 2 Iran (252 : 3 Corée du Nord (60) ; 4 Yémen (53) : 5 Etats-Unis (46) : 6 Arabie saoudite (27) 7 Libye (18) ;8 Syrie (17)…Voici une sélection de joyeuses contrées démocratiques rendant  plus désolante encore la présence américaine Tiens , le Texas l’incontournable champion des 34 Etats US appliquant la peine capitale se hisse au niveau syrien Bel effort

Troy Davis est donc mort à 42 ans pour l’assassinat d’un policier blanc survenu en 1989 Condamné sans arme du crime ni empreintes ni traces d’ADN

Sept témoins sur neuf l’accusant durant le procès se sont rétractés Les cours suprêmes de Géorgie et en dernier recours des Etats-Unis sont restées  inflexibles

Comme c’est étrange on a beaucoup moins parlé le même jour dans la prison d ‘Huntsville  au Texas de l’exécution de Lawrence Brewer Ce membre du Ku KluxKlan a torturé et tué en 1998 un noir handicapé  » A dire vrai , je referas la même chose  » déclaré en son temps l’horrible type

Son cas est-il différent de celui de Troy Davis? Existerait-il des gentils ou des méchants condamnés à mort? Evidemment non car la peine de mort constitue le plus horrible des meurtres avec préméditation C’est celui d’une société tout entière

Les seules victimes de DSK…..

La grand messe cathodique du 20heures transformée en confessionnal ! C était dimanche soir sur TF1 à peine trois semaines après le retour en France sous les flashs Le  délai de décence et de silence aurait pu être plus long , il faut croire que le pêcheur avait hâte de se libérer de sa « faute morale  » pour passer à autre chose Mais quelle autre chose puisque son avenir présidentiel est désormais derrière lui et qu il n a pas l intention de  » s immiscer dans la compétition des primaires Il voulait être candidat , il allait le dire aux Français jusqu à sa faute éliminatoire

Dans ce plan de communication préparé sans doute au mot près depuis son retour place des Vosges Dsk a présenté hier soir son visage le plus contrit , loin du promeneur souriant et satisfait photographié à NewYork après l abandon des charges contre lui Dans son discours expiatoire  , il demande pardon à sa femme « exemplaire » dans l épreuve et à tous les Français qui avaient mis leurs espoirs de changement en lui

DSK ses proches et ses électeurs potentiels seraient donc les seules victimes de cette lamentable affaire dans laquelle il n exclut pas d avoir été piégé Son accusatrice déboutée par le procureur lui -même ne saurait à ses yeux faire figure de victime puisque à l intérieur de la suite 2806 il ne s est rien passé d autre qu un rapport sexuel  » inapproprié  » mais sans violence , ni contrainte Avec sans doute insiste t -il des arrière -pensées financières dans l esprit de la femme de ménage Un mensonge  » aussi gros donc que la « version imaginaire et calomnieuse  » donnée par Tristane Baron de leur rencontre parisienne en 2002 DSK n a « fait du mal  » qu à une seule femme dans sa vie Anne Sinclair

DSK « piétiné  » DSK  » humilié mais DSK libéré et blanchi par la justice américaine ? Cette séquence ne convaincra pas les femmes et les associations qui manifestaient à la même heure aux portes de TF1 Celles et ceux qui estiment que DSK n est pas revenu  » blanchi » des Etats -Unis mais simplement relaxé faute de preuve se consoleront en se disant que la politique française sera plus sévère que la justice américaine en condamnant DSK à la retraite sans solde

Je vois bien qu il n a pas tout à fait renoncé à être un jour à nouveau « utile » au bien public » entendez par là revenir à un poste  à la hauteur de ses grandes compétences Mais franchement qui  a prété attention dimanche soir à son couplet d ex-directeur du FMI sur les malheurs de l Europe et le nécessité d effacer la dette grecque au moins partiellement ? Aujourd hui les Français se soucient de l avenir de l euro pas de celui de Dominique Strauss-Kahn encore plus dévalué qu un titre de la dette grecque…

Présidentielle

On ne risque pas de s’ennuyer à la rentrée Déjà le cirque de la  présidentielle monte son chapiteau En vedette américaine , les primaires du Parti  socialiste Un sacré numéro d’équilibriste en perspective Le dilemme se présente comme suit : comment débattre …sans débat Trop de débats risqueraient de faire mauvais effet Car ils introduisent la suspicion de l’éternel affrontements entre des egos , d’autant que les postulants sont supposés être d’accord sur l’essentiel : le programme qu’ils ont tous signé la main sur le coeur Mais pas assez de débat ferait tout autant mauvais genre : car à quoi bon alors des primaires si c’est pour dire qu’au fond il n’y a rien de fondamental sur quoi débattre

Président ? ciel !

Et dire qu’on aurait dû avoir DSK comme Président de la République , tellement la clameur ( les sondages) était forte pour en faire un roi avant même d’avoir été élu

Mais tout ceci fut déjà écrit dans la fable que nous savons tous par coeur de l’aimable et pourtant fin analyste politique Jean de la Fontaine : les grenouilles qui demandent un roi Souvenons-nous :  » Les grenouilles se lassant de l’état démocratique par leur clameur firent tant que Jupin les soumit au pouvoir monarchique » Merci donc à DSK de s’être retiré à l’insu de son mauvais gré Si seulement cela pouvait réveiller le peuple des grenouilles que nous sommes de sa lassitude démocratique Ah ! Cette manie qu’ont les Français de toujours se chercher un roi au lieu de s’intéresser à la réalité : dé-mo-cra- tique c’est à dire l’exercice du  » pouvoir du peuple pour le peuple , et surtout par le peuple »

La vie , la mort, Dieu et moi

Alexandre Dumas disait ; » Quand on voit la vie telle que Dieu l’a faite , il n’y a quà le remercier d’avoir fait la mort  »

Je n’aime pas cette formulation Je l’ai réécrite ; » Quand on voit ce que les hommes ont fait de la vie, il n’y a qu à remercier Dieu d’avoir fait la mort  » ça me semble plus juste et moins insultant vis-à vis- de Dieu…quand on y croit !

Au pays de d’Artagnan , j’ai dormi dans une roulotte , quelle drôle d’idée  direz-vous! Drôle peut-être sûrement même mais une idée de rêves et de nostalgie , parfums de voyage , bouquet de sensations

Loin du stress , dans un domaine paisible et calme , j’ai profité d’un moment magique à la campagne histoire de redécouvrir la nature , les oiseaux et autres animaux qui se sont invités pour le plaisir de chacun! Une vue magnifique s’offrait à moi sur les immenses champs de tournesol Un nouvel art de vivre dans un style bohème et nature qui n’a sacrifié en rien mon confort J’ai retrouvé un rêve d’enfant et j’ai apprécié l’ambiance chaleureuse de cette roulotte très cosy L’esprit nomade l’envie de quitter un temps la grisaille et ma ville bétonnée J’ai pris plaisir à me retrouver dans ce cadre atypique Dans cette roulotte je me suis crue artiste de cirque pendant la sieste dans le lit sous alcôve , bercée par le chant des oiseaux J’ai encore envie de vie bohème non rangée .., de couleur et d’ambiance joyeuse Alors je n’hésite pas à réveiller  mon petit côté bohème!

Oisif

Marquer une Pause pour  écouter l’heure paresser…

Savourer son passage sans qu’il ne lasse…

Et se laisser envahir par l’instant oisif et muet Un frisson délicieux vient d’ébranler ta respiration sereine : tu goûtes à un moment de vie Et tenir la Pause tout bonnement sans boniment

Ce  n’est qu’ alors qu’il te faut investir le temps à petites touches d’un clin d’oeil d’une ébauche de sourire d’un poing qui se rouvre Maintes minutes qui te redonnent vie

Apprendre à réinvestir le temps différemment , sainement pour revivre autrement

Ennemie

Ma meilleure ennemie , résolument je suis ma meilleure ennemie dont je connais d’ailleurs que trop la faiblesse des armes; mal attentionnée, mal traitée, malveillante Je voudrais tant que mon corps fasse relâche  et cesse, le temps d’un répit salutaire les hostilités avec mon esprit en guerre Je voudrais tant parvenir à ménager une trêve lors de laquelle je tenterais de me lier d’amitiè avec moi-même : être mon amie d’enfance mon amie jurée Etre la bienvenue Etre la bienvoulue Etre mon hôtesse bienfaitrice , la nourrice qui accompagne ma cure Etre ma mie qui me donne du plaisir à loisir

En paix et en bonne intelligence avec soi-même ouvrir une marche sereine mettre un pied assuré devant l’autre et avancer pas àpas humblement ; ne surtout pas accéréler sa course ni sauter le pas et ccepter le bien sans vouloir le mieux qui peut parfois receler le pire écueil

Heureux

Il aime cuisiner , Il aime pâtisser, Il  aime pétrir. Et l’une des rencontres les plus passionnantes avec l’inerte qui s’anime , c’est la pâte à pain .De l’eau , de la farine, de la levure: tout commence par ce mélange Quand le pâton ne colle plus aux doigts , il pétrit Il saisit la pâte , il la chamboule Il presse , il détend Puis il se lasse du jeu Alors il déchire Il saisit la masse blanche à deux mains , il tire il joue de l’accordéon , ça arrache , ça déchire encore Il fait ça une trentaine de fois par séries de dix Il s’arrête un peu Il boit un verre d’eau ou de bière Il recommence , Il malaxe la pâte , il en a mal aux doigts: mogigraphie , comme la crampe de l’écrivain Il forme de longs boudins , il les tord comme un linge mais jusqu’aux déchirures S’il y a des enfants il les laisse jouer avec la nourriture : il leur en donne un bout Ils créent des boules , pressent , divisent , puis se lassent et s’en vont. Il continue !Il maltraite Il margouillaude Il tourmente , il retourne Il  masse , farouche tendresse La  pâte régit , enfle Il saisit Il  écrase , il plie, il déplie , il roule, il tourne il aplatit il tourneboule Il se sent vivre , il est heureux

Brutal

Il s’emballe , il devient brutal C’est le catch , pas la guerre Il joue à l’étrangleur , au cruel il broie , il gâche , il tord il foule il lamine Les mains se resserrent en implacable étau Et que je t ’empoigne et que je t’agrippe !Ainsi joue t-il au tortionnaire d’opérette !Il est doux d’être méchant pour rire avec un sadisme surjoué , une cruauté parodique pour créer à manger , pour offrir Il peut même ajouter des grimaces farouches , des mimiques bestiales, des simagrées torves des moues chafouines des riboulades d’yeux des rodomontades de parade foraine Il peut changer , pétrir en rythme , beugler , grommeler engueuler le pâton , le consoler Il se calme petit à petit..

Sacré

Alors il s’attendrit Un petit coup de bière ? C’est pas de refus ! La pâte bouge Résiste Elle vit , ça gonfle déjà Il regarde Il attend Il va faire un tour voir le bel été , le regarder en face Il oublie le pain Il fait comme si de rien n’était Puis il revient en cuisine Il met en forme En boule , avec des estafilades au couteau en croisillon Puis il faut attendre de nouveau Ensuite il ne reste qu’à cuire dans le four préchauffé Il fait chaud Il existe il est présent Il civilise il cuit du pain il est dans le profond , le sacré le fondamental : la vie

Un jour de printemps , randonnée en forêt Pas de muguet mais une belle récolte de tiques…j en ai partout  Le pharmacien me conseille d essayer un » tire -tiques » minuscule pied-de biche qui sert à dévisser la bestiole Sa notice précise qu en évitant le recours à l éther ou à des produits chimiques , le tire -tique participe au respect de l environnement Il est en plastique recyclable Voilà l argument désormais mis en avant en toutes occasions : le respect de l environnement Entendons-nous bien: loin de moi l intention de proclamer comme certains que  » l environnement ça commence à bien faire ! » Je suis convaincu qu aucun geste  » écologique » aussi minime soit il n est à négliger et , comme vous je trie mes déchets , j étains mes lampes …Pourtant dire que l économie de quelques gouttes d éther va sauver la planète agresse mon bon sens ; que représentent ces gouttes au regard de l essence brûlée dans le moindre embouteillage ? Et ce même discours qui se félicite de l utilisation de plastique prétendument recyclable ! Qui va organiser la collecte des tire-tiques usagés ?

Désormais tout et n importe quoi doit être « éco-compatible » « bon pour la planète  » Et là , le ridicule n a pas de limites ; n a t-on pas vu dernièrement une société demander le label « bio » pour son eau de source ? Ou une multinationale se féliciter de la mise au point d une technologie en accord avec le développement durable et destinée ….à l extraction du pétrole ? Avec de tels détournements l argument de l environnement risque bientôt de lasser et de devenir inopérant ce qui serait dommage vous ne croyez pas?

Pourtant quand je vois le rythme effréné des disparitions d espèces animales et végétales la dégradation des milieux ou les pillages des ressources naturelles je comprend qu en réalité l Homme se moque bien de la planète ce n est pas elle qu il veut protéger c est lui , et lui seul »

D ailleurs la Terre n a certainement pas besoin qu on la sauve Dans quelques millions d années demain pour elle -elle se sera complétement remise des agressions gravissimes que nous lui infligeons et qui auront entrainé notre propre disparition de la même façon qu elle a su se relancer après chacune des cinq extinctions majeures survenues debut le début de la vie Bien sûr l Homme ne sera plus là pour le voir mais là n est pas l essentiel…

Clara et Lara se lèvent à la même heure et jaillissent ensemble du même lit mauve Elles ouvrent les yeux en même temps , à la seconde précise ou la lumière se glisse dans leurs chevelures , l’une noire, l’autre miel. Puis elles franchissent l’escalier qui ne craque pas sous leurs chevilles nues , légères , en se souvenant chacune des marches  de descendre de leurs rêves de petite fille Après cet effort , leurs silhouettes s’affalent à nouveau sur le canapé ou commence devant la baie vitrée , le spectacle d’une journée sans bord Pendant quelques heures , des couleuvres

s’entrelacent dans chacun de leurs muscles Un grouillement de paresse se déverse entre les coussins Même le chat en est touché et miaule dans son sommeil comme s’il avait faim

Leur nudité se bouscule ensuite sous l’eau nacrée d’une douche ou leurs peaux ruissellent en rougissant à peine Leurs cheveux s’offrent aux éclaboussures et dessinent des ombres en forme d’oiseaux sur la faïence de la baignoire Quand elles s’habillent , ce n’est jamais devant le miroir L’une sert de regard à l’autre

Tout à l’heure , on caressera les orties , d’accord?

C’est ce que Clara annonce à Lara comme un défi dans le désordre de la journée J’imagine une épreuve de petite fille pour devenir garçon Surmonter la brûlure au creux des mains

Puis les deux lancent leurs pieds nus dans le carré vert de la pelouse Clara et Lara jouent à la balançoire Leurs robes blanches flottent plus légères que les hautes marguerites Le rythme des cordes claque sur le bois sec de la nacelle Et tant de grâce pique leurs yeux  qu’elles frottent dans un rire plein de larme

Je me souviens des tissus volés dans les grandes armoires De colliers et de bijoux fabriqués avec des riens en forme de rien De gaufres  à la chantilly barbouillant leurs lèvres jusqu’au ciel De poèmes recopiés , allongées à même le vieux parquet De baisers furtifs à même posés sans raison sur ma joue Du silence tombant sur leurs paupières au moment du sommeil

Dans les disputes c’était comme un orage Les portes claquaient , les larmes fusaient comme des reproches On boudait , on s’isolait C’était la fin du monde J’allais et venais comme une malheureuse entre les deux partis pour signer une trêve Puis je retrouvais mes deux guerrières devant  un bouquet d’orties , se frottant les mains en serrant les dents Et je me sentais guéri, inutile Juste là pour aimer ce monde qui sait vivre sans moi….

Figurez-vous qu’ un des sujets de philosophie du baccalauréat m’a remis en mémoire des textes que j’avais étudié au lycée..jadis

On demande : » L’homme est-il condamné à se faire des illusions sur lui-même ?  » Cela m’a rappelé l’inscription gravée au fronton du temple dédié à Apollon ; » Connais-toi toi-même  » Puis j’ai pensé aux Essais de Montaigne et aux Confessions de Jean-Jacques Rousseau

En janvier dernier  dans un article La pensée du Jour était  : » Nous ignorons de nous presque tout , d’autrui tout  » signé Anatole France J’allais commencer mon introspection pour savoir qui je suis quand le mot de Pascal m’est revenu en mémoire ; » Le moi est haïssable  » Pas de chance !

Heureusement Voltaire a contredit ces dires en déclarant ; » Le charmant projet qu’ a eu Montaigne de se peindre  » et plus tard Gide a combattu lui aussi le mot de Pascal J’allais reprendre mes recherches quand j’ai lu cette phrase d’un psychanalyste ; »Le Moi est à la fois conscient et inconscient car il est le médiateur entre le ça le Surmoi et le monde extérieur » Cela m’a découragé

Alors , je me dis que mes réflexions m’aurait peut-être valu une bonne note au bac mais je me fais sans doute des illusions sur moi-même

Qu’en pensez-vous ?